AGENDA POLITIQUE/Diplomatique
16 mai 2009
Efforts pour la réunification de Lavalas
Son
porte-parole, Présengloire Deshommes estime que c’est en raison des
divisions qui rongent le parti Lavalas que la mobilisation pour le
retour de Jean Bertrand Aristide s’est affaiblie et que ces divisions
ont servi de prétexte pour la mise à l'écart de Fanmi Lavalas de
l'actuel processus électoral.
Il a mis en garde tous ceux qui
pour avoir des faveurs s'aviseraient de continuer à semer la division
au sein de l'organisation, leur rappelant qu’aux moindres difficultés
c’est toujours la population dont la majorité se reconnait, a-t-il dit
en Fanmi Lavalas, qui paie les pots cassés.
De son coté, le
coordonateur général de la cellule nationale de réflexion , Jean Mary
Samedi, a indiqué que des démarches sont actuellement en cours en vue
de permettre la réunification des membres de Fanmi Lavalas comme le
souhaite, a-t-il l’ancien président Aristide.
C’est dans
l’unité que les revendications de Fanmi Lavalas seront satisfaites. Il
a cité entre autres revendications, le retour dans son pays de M.
Aristide exilé depuis 2004 en Afrique du Sud, la libération de tous les
prisonniers politiques, justice et réparation en faveur des victimes de
2004.
D'autres membres de la Cellule ont déploré le fait que
certains secteurs qui ont toujours affirmé se battre pour la démocratie
et l'inclusion, aient appuyé tacitement ou ouvertement la décison du
pouvoir politique et du CEP de mettre hors jeu le parti réputé le
plus fort, en espérant que l'absence de lavalas leur ouvrira de
nouveaux espaces.
Mais personne ne peut se battre contre une
population désireuse profondément du changement et attaché à ses
convictions, a assuré Jean Mary Samedi.
23 février 2009
De
grands malheurs ont fondu sur Haïti ces derniers temps. Destruction des
droits humains et de l'économie, anéantissement de sa souveraineté
entre les nations. Malgré cela, des politiciens continuent d’agir
seulement pour leur bien personnel, contre le bien commun. Avec les
mêmes idées et les mêmes comportements qui ont conduit Haïti dans le
trou noir où elle patauge aujourd’hui.
Cette race de politiciens ont réussi l’exploit de décourager et tenir à
l’écart les démocrates et patriotes de ce pays qui rêvaient d’un destin
honorable pour une patrie si méritante. Les politiciens irresponsables
se sont acharnés à empêcher l’édification d’un véritable Etat national
capable d’assumer les responsabilités publiques de la sécurité, de la
justice, de la stimulation de l’économie, de la représentation
internationale des intérêts haïtiens etc. Les politiciens haïtiens, en
scène, préfèrent le schéma actuel où ils peuvent se partager le butin
des affaires publiques, entre leurs boutiques et les multiples ONG
étrangères et locales, sans qu’on sache à quel
titre.
Mais que font les organisations et partis politiques censés
représenter les aspirations des différentes classes et secteurs
de la société haïtienne.Ont-ils seulement remarqué que démocratie et
souveraineté nationale ne fonctionnent pas et que au contraire tout
empire ? Ils n’ont rien vu, car cela convient à leurs intérêts.
D’ailleurs ils avaient tout fait pour y arriver et estime mériter la
récompense. Sans état d’âme, on se partage postes et prébendes entre
gens du même monde, ces miettes tombées de la démolition des
institutions en construction. En contournant, bien entendu, la volonté
de la majorité électorale.
Existe-t-il,
en Haïti, un parti ou une organisation politique qui représente
l’Espérance au jour d’aujourd’hui ? En observant honnêtement l’état
actuel des choses, j’ai peur qu’on soit obligé d’en douter. Le paysage
apparaît gris et uniforme. Tout le monde semble véhiculer les mêmes
idées et comportements prédateurs. Chacun déteste cordialement
l’autre camp et ses propres collègues. Evoquer le bien commun est
devenu une amère utopie. Quand viendra en Haïti le jour du
sursaut démocratique et patriotique pour terrasser le démon de la
division ?
4 juillet 2008
Remarques
de Louis Joinet
expert de l'ONU en droits humains
au terme de son mandat enHaïti
Louis
Joinet, qui arrive au terme du mandat de six ansen tant qu'expert indépendant
sur la situation des droits humains en Haïti; a expliqué qu'il n'a
malheureusement
pas été en mesure d'effectuer son ultime mission en Haïti. Il a constaté qu'en
dépit d'importants progrès, la triste réalité d'Haïti montre qu'il ne suffit
pas, pour assurer le retour à un État de droit, d'organiser des élections
et de se doter d'un Parlement.
Il est impératif à cet égard que se forge une culture de partis politiques; or, c'est là que le bât blesse, a-t-il fait observer. Les partis s'apparentent trop souvent à des groupes, parfois des groupuscules, essentiellement électoraux, sans grande aptitude à influencer leurs membres dans les instances parlementaires. Abordant le dossier de l'amendement de la constitution, Louis Joinet s'est dit favorable tout en notant un réel verrouillage constitutionnel. Ce verrouillage constitutionnel était inspiré par un idéal visant à éviter que l'histoire douloureuse des dictatures ne se répète.
Cependant, il fait remarquer que l'interdiction de la double nationalité est sans rapport avec le risque dictatorial. " L'interdiction de la double nationalité, est très mal acceptée par une grande partie de la diaspora qui se sent écartée alors qu'elle pèse démographiquement 2 millions de sujets (soit près du quart de la population) et qu'elle contribue à la survie du pays avec un transfert annuel de 1,6 milliard de dollars", ajoute M. Joinet dans son rapport.
Répondant
aux questions des représentants de la Slovénie, du Luxembourg, de la France,
du Canada et de l'Uruguay, Louis Joinet a indiqué qu'il faudra poursuivre
l'œuvre du mandat sur la situation des droits de l'homme en Haïti. Il a ajouté
que l'accent devrait être mis davantage sur la promotion et la protection
des droits économiques et sociaux, reconnaissant qu'il n'avait pas apporté
toute l'attention voulue à cette question au cours de son mandat. " Il faut
investir davantage dans les droits économiques, sociaux et culturels, comme
le montrent bien les émeutes de la faim récentes", ajoute t-il.
4juillet 2008
Thierry
Fagart
directeur de la section des
droits humains à la Minustah
Les
droits socio-économico culturels des Haïtiens sont ignorés
Haïti-Droits humains : les droits socio-économico culturels des Haïtiens sont ignorés, selon Thierry Fagart le 9 juin 2008 Surnommé " monsieur droits de l'homme ", Thierry Fagart, directeur de la section des droits humains à la Minustah, a passé six des dix dernières années de sa vie à s'occuper de la question des droits de l'homme en Haïti. Sur le départ, il dresse un bilan. (Lire l'article de Christian Jr Desrameaux) .
Thierry Fagart, représentant du Haut commissaire des Nations unies aux Droits de l'homme, a relevé un déphasage alarmant entre " le respect " des droits civils et politiques du citoyen haïtien au détriment des droits sociaux, économiques et culturels de l'Haïtien. Pour preuve, l'État haïtien a ratifié depuis belle lurette le pacte internationnal relatif aux droits civils et politiques tandis que le pacte relatif aux droits socio-économico-culturels n'est toujours pas ratifié, a fait remarquer le juriste français. Thierry Fagart a insisté sur l'indivisibilité des droits de l'homme. " Tout est imbriqué ", a-t-il indiqué.
En maintes occasions, Thierry Fagart a revendiqué pour le respect de tous les droits fondamentaux des haïtiens. La misère qui règne en Haïti est inhumaine, avec une population vivant avec moins de deux dollars américains par jour. C'est une violation flagrante des droits de l'homme, un cas parmi plusieurs autres que le responsable des droits de l'homme n'a pas énuméré. N'était-ce les violences qui ont entaché les événements d'avril 2008, lorsque des manifestants ont gagné les rues pour dénoncer la cherté de la vie, les instances concernées n'auraient toujours pas adopté de mesures pour combattre la crise alimentaire, a souligné M. Fagart.
Au pic de la violence en Haïti, lorsque des gangs armés prenaient des populations en otage, la plupart des bandits qualifiés de " chimères " étaient issus des millieux défavorisés. " Victimes de la violence sociale, certains sont devenus à leur tour des violateurs de droits humains/ . Thierry Fagart fait un bilan mitigé de son travail en Haïti, certes il a constaté des avancées considérables, mais il reste encore beaucoup à faire, précise-t-il. Le juriste conseille aux autorités et aux organisations nationales et internationales oeuvrant pour le respect des droits de l'homme en Haïti à travailler sur les deux fronts : " les droits civils et politiques et les droits sociaux, économiques et culturels du citoyen ".