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LE MANDAT DE L'ONU
EN HAÏTI


16 juillet 2006

30'000 manifestants
pour l'anniversaire de Jean Bertrand Aristide

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, sans incident, à Port-au-Prince, le 15 juillet, anniversaire de Jean Bertrand Aristide. Protégés par les casques bleus de l'Onu, les manifestants réclamaient le «retour physique» dans le pays de l'ancien président Jean Bertrand Aristide, en exil en Afrique du Sud. «Nous avons voté René Préval (l'actuel président) pour obtenir le retour de notre leader (Aristide)», a dit André Michelet, un des organisateurs de la marche.

Les manifestants, sortis des quartiers pauvres de Port-au-Prince, ont défilé dans plusieurs quartiers de la capitale haïtienne en dépit d'une interdiction de la police haïtienne, avant de se disperser devant le palais présidentiel fortement protégé par des blindés de l'Onu.

Malgré les amalgames apocalyptiques évoquant les mises en garde du commandant de la police, du ministre de l'intérieur, de la porte-parole de Koffi Annan depuis New York, la population a pu exercer normalement ses droits consitutionnels.

Les manifestants ont aussi exigé le retour de tous les exilés, la libération des prisonniers politiques et la réintégration dans l'administration des personnes renvoyées par le pouvoir de transition (mars 2004-mai 2006). Des groupes de jeunes ont demandé le départ du pays de la mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah). «Nous demandons au président Préval de rendre sa dignité au pays» en faisant partir «les Blancs», ont crié des manifestants.

Des Casques bleus brésiliens, pakistanais et des policiers chinois avaient été déployés devant le Palais national haïtien, où se sont dispersés les manifestants qui portaient des T-shirts à l'effigie de Jean Bertrand Aristide. La Minustah a révélé cette semaine un nouveau plan de sécurité pour la capitale haïtienne, en proie à une vague de banditisme ayant coûté la vie à plus de 25 personnes en une semaine. Plus de 2.000 militaires et 250 policiers internationaux sont déployés à Port-au-Prince dans le cadre des nouvelles dispositions de sécurité mises en place par l'Onu.

Trois Casques bleus brésiliens ont été blessés par balles ces derniers jours à Port-au-Prince lors d'échanges de tirs avec des gangs. «Nous sommes ici pour empêcher ceux qui veulent déstabiliser le gouvernement et le pays de le faire», avait déclaré vendredi David Wimhurst, porte-parole de la mission onusienne. (Source : AFP, TSR, 16/07.2006)


22 avril 2006

HONTEUSE IMPUNITÉ !

Une économie détruite et maintenue en état de sous-développement, dans l'indifférence, l'inconscience et la joie des privilégiés. Les infrastructures inexistantes ou délabrées (routes, énergie, eau potable, transports, éducation, santé, communication), interdisent tout progrès. Un gouvernement choisi par des dirigeants étrangers pour remplacer des dirigeants haïtiens que les électeurs voulaient.
Le programme transitoire étranger est : " stabilisation " et démocratie.Le programme du gouvernement de facto est d'éliminer les adversaires et restaurer le régime traditionnel haïtien ébranlé en 1986.
CE PROGRAMME VA ETRE MIS EN ŒUVRE DANS LA BONNE HUMEUR
ET UN SENTIMENT D'IMPUNITE TOTALE

EXACTIONS

* exécutions sommaires des adversaires dans les quartiers pauvres
* fusillades des manifestations des opposants, sous l'œil protecteur des dirigeants étrangers qui ne voient que ce qu'ils veulent voir
* remplir les prisons d'opposants innocents (dirigeants, cadres, militants)
* persécuter les opposants, les contraindre à l'exil et au maquis

RESTAURATION

* réhabilitation et récompense de criminels dûment condamnés
* révocation et chasse aux élus, fonctionnaires civils et policiers légalement investis
* leur remplacement par des autorités illégitimes
BILAN DU PROGRAMME, AU NIVEAU ECONOMIQUE ET HUMAIN :NEGATIF, PIRE QUE JAMAIS AUPARAVANT

PUTSCH SUR LES ELECTIONS

*Manipulation de l'opinion pour justifier des crimes politiques et intimider les gens
*Instrumentalisation de la force de l'ONU dans des conflits sociaux entre Haïtiens
*Désorganisation du processus électoral voulu par l'ONU
*Arrestations et dissuasion des leaders et des candidats potentiels de l'opposition
*Exclusion de candidat opposé au statu quo, de la course,(affaire Siméus)
*Agrément empressé des complices du système
*Dépouiller la Cour Suprême de ses pouvoirs de dernier recours
*Refus d'obtempérer aux injonctions de la Haute Juridiction
*Nomination d'un super-directeur des élections, sans provision légale
*Limogeage de 5 Grands Juges. Il faut remonter à Duvalier pour vivre de tels scandales.
*Complication de la fabrication du matériel électoral, de l'inscription des électeurs, de l'implantation des centres de vote. Tout pour retarder le processus.
*Filtrage des candidatures aux législatives, pour empêcher l'avènement d'une majorité parlementaire légitime représentative de la souveraineté populaire.
*Reports successifs des dates du scrutin, pour prolonger la transition et dépenser plus de dollars
*Désorganisation des opérations de vote, bureau éloigné ou inconnu, retard à l'ouverture etc.
* Fraudes massives et grossières erreurs pour empêcher la victoire de la majorité au 1er tour.
* Bulletins de vote jetés dans les déchetteries publiques, bulletins blancs et nuls ressortis au dernier moment ;
*Faux départ en exil du super-directeur des élections, sous prétexte d'insécurité, afin d'exciter les dirigeants étrangers contre la population;

MINER LE TERRAIN

*Retour, comme une fleur, du super-directeur des élections, pour terminer le travail pour lequel il est payé ;
*Nommer des fonctionnaires et des diplomates en surnombre pour piéger la nouvelle administration
*Verser des larmes de crocodiles au sujet de la " surpopulation carcérale " pour se moquer des prisonniers innocents, de leurs familles éplorées.
* Signer des accords internationaux mal ficelés, et prétendre l'étourderie
* Créer un " Haut Conseil du Pouvoir Judiciaire " pour caser le président Boniface Alexandre, un " club d'amis ", selon le mot du bâtonnier Gervais Charles.
TOUS CES ACTES TOMBENT SOUS LE COUP DES LOIS NATIONALES ET INTERNATIONALES.
CEPENDANT LEURS AUTEURS SONT FELICITÉS

HAÏTI NE PEUT COMPTER QUE SUR LES HAÏTIENS ET PÉRIR QUE PAR LES HAÏTIENS

L'électorat national a montré, le 7 février 2006, le chemin vers la reconquête des droits haïtiens, dans le concert international. L'établissement d'institutions fonctionnelles, pour sortir de cette crise aberrante qui a abouti à la situation actuelle, est entre les mains des Haïtiens, notamment de ceux qui sollicitent la confiance de la population.

Ne décevez pas cette confiance. Donnez une chance à vos frères, c'est vous donner une chance à vous-mêmes. Comprenons que l'intelligence politique de la population mûrit dans les souffrances. Nous savons que la victoire du 7 février ne va pas tout changer.

Sachons cependant que rien ne pourra revenir comme avant, parce que des yeux vont s'ouvrir et des masques vont tomber. Le Rassemblement National pour relever Haïti est certes un rêve ! Mais, il appartient aux Haïtiens d'en faire une réalité vivante. C'est l'histoire qui vous appelle ! N'écoutez pas les sirènes de la division !


28 décembre 2005

La Plate-forme des Universitaires Haïtiens
dresse un bilan sombre des 2 années
du gouvernement de transition

La Plateforme des Universitaires Haïtiens (PLUH), a dressé ce mardi un bilan sombre des 2 années du gouvernement de transition à la tête du pays. Lors d'une conférence de presse, un membre de la commission de presse de la Plateforme, Joël Bernard, a qualifié de déception pour les étudiants la mauvaise gestion du pays par les technocrates suite à la grande lutte de ces derniers pour obtenir renversement du président Jean Bertrand Aristide.

Selon Joël Bernard, durant les derrières années, la corruption, l'insécurité, l'impunité, le kidnapping et la vie chère ont battu tous les records dans le pays. Ils font 100 fois pire que tout ce qu'ils dénonçaient et tout le contraire de ce qu'ils nous avaient promis, se sont plaints les étudiants, affirmant que beaucoup de ceux qui ont fait le mouvement GNB anti-Aristide ont bien envie de faire les mêmes déclarations mais éprouvent de la honte.

Le responsable du PLUH a invité les candidats à la présidence à venir présenter leur programme politique aux étudiants en vue a-t-il dit, de pouvoir réfléchir ensemble sur les éléments pouvant aider à sortir le pays de l'impasse. (Source : AHP 27 décembre 2005)

Il est douteux que les programmes des candidats contiennent les éléments pouvant aider le pays à sortir de l'impasse. Par contre une courageuse réflexion sur le comportement des forces qui sont en train de restaurer la "vraie" dictature, aussi sur le comportement du mouvement étudiant qui avait aidé ces forces-là à réaliser leur dessein, peut certainement aider à y voir plus clair. En somme un vrai débat, comme on l'attend d'étudiants et d'intellectuels démocrates et patriotes.
Le 15 décembre 2003, "Haïti Échanges" voulait engager un tel débat avec les étudiants en colère ( voir l'article, 15/12.03:"On a raison de se révolter...Mais). Ce débat sérieux et fécond se fait toujours attendre!


18 novembre 2005


Plainte contre la Mission militaire
de l'ONU en Haïti
pour assassinats

Des organisations de droits de l'homme ont présenté mercredi, par devant la Commission Interaméricaine de Droits Humains de l'OEA, des plaintes accusant les forces de maintien de la paix de l'ONU d'assassinat contre des civils en Haïti.

Selon le Miami Herald du 16 novembre, les plaintes ont été déposées devant la CIDH.

Les forces brésiliennes en Haïti y sont accusées de massacre contre la population civile haïtienne et le gouvernement américain d'armer les forces de sécurité haïtienne coupables de violation de droit humains.

Le groupe composé entre autres du National Lawyers Guild et du Global Exchange, indique que les troupes onusiennes, sous le commandement du Brésil, ont directement participé au massacre de civils ou ont fourni des supports logistiques importants qui ont servi dans des massacres.

Les accusations sont basées sur des témoignages et sur des images vidéo filmées, rapporte le Miami Herald. Les troupes onusiennes sont aussi directement impliquées dans la mort de civils dans 6 quartiers où elles n'ont pas protégé la population civile ciblée par la PNH, selon les plaignants.

Le commandement onusien dément avoir ciblé des civils. La Commission Interaméricaine de Droits Humains, une organisation de l'OEA, peut demander aux Etats membres de payer des réparations et référer le cas devant la Cour Interaméricaine de Costa-Rica. (Source : AHP 17 novembre 2005)

Le général brésilien Urano Texeira Da Matta Bacellar - Le commandant de la composante militaire de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a démenti les accusations portées devant la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) par plus d’une dizaine d’organisations américaines, dont Global Exchange contre de graves violations des droits humains dont seraient responsables des militaires brésiliens.

Dans un entretien au quotidien Folha de Sao Paulo, le général Bacellar a nié toute implication des membres du contingent brésilien dans de présumés massacres ou toute manoeuvre visant à blanchir des policiers haïtiens qui auraient commis des crimes.

Il a indiqué que le chef de la MINUSTAH, le diplomate chilien Juan Gabriel Valdés, interviendra en personne pour défendre la réputation des soldats de la mission, en se référant à certains des cas mentionnés dans la plainte déposée devant la CIDH, instance spécialisée de l’Organisation des Etats américains (OEA).

"Il n’existe pas en Haïti de cas de torture dans lesquels la mission de paix serait impliquée. Toutes les actions militaires obéissent aux règles établies par l’ONU" a affirmé Urano Bacellar dans d’autres déclarations faites au quotidien O Globo.

Ces organisations de la société civile américaine et des parlementaires faisant partie du Réseau d’action haïtienne, ont accusé des membres du contingent brésilien de la MINUSTAH d’avoir agi à plusieurs reprises comme complices ou auteurs d’une "campagne de terreur contre les partisans d'Aristide".

Les dénonciations sont, selon l’avocat américain Kasey Corbit, corroborées par une vidéocassette et des déclarations sous serment de témoins et des familles des victimes.

Lesdits documents dont la BBC, l’Associated Press et des agences brésiliennes se sont fait l’écho, concernent notamment "une série de massacres et de violations des droits humains commis par des policiers haïtiens et qui dans certains cas auraient bénéficié de la participation de militaires brésiliens".

Le commandant de la mission onusienne a confirmé la participation du contingent brésilien à une opération menée le 6 juillet à Cité Soleil, au cours de laquelle le numéro un des chefs de gangs d’Haïti Emmanuel Wilmé alias "Dread Wilmé" avait été tué.
Cependant, Urano Bacellar précise qu’il ne s’agissait pas d’un massacre mais d’afrontements.

D’autre part, les mêmes organisations ont accusé l’administation Bush de fournir à Haïti des armes destinées à la Police Nationale "en violation d’un embargo sur les armes en vigueur depuis plusieurs années" et de tolérer au sein de l’institution la présence d’anciens membres des ex-Forces Armées d’Haïti (FAd’H) ayant été impliqués dans des violations des droits humains.

Il est aussi reproché à Washington de jouer un rôle central dans le climat actuel d’instabilité et de violence qui sévit en Haïti. La député démocrate Maxine Waters a déclaré dans une lettre mise en circulation par Me Corbit que "depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement intérimaire avec l’appui du gouvernement américain, consécutivement au coup d’Etat de l’année dernière, les violations des droits humains sont devenues monnaie courante en Haïti".

(Source: Radio Kiskeya)


9 septembre 2005

La MINUSTAH néglige une partie importante
de son mandat
selon un diplomate caribbéen


La mission des Nations-Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a négligé une partie importante du mandat qui lui a été confié par le Conseil de Sécurité, a indiqué lundi un diplomate de la CARICOM ayant requis l'anonymat.

Il est reproché particulièrement à la mission onusienne de s'être confinée exclusivement dans la réalisation d'élections ignorant de façon quasi-totale des aspects de son mandat consistant à faire respecter les droits de l'homme et à veiller à une distribution équitable de la justice.

Selon le diplomate, "les abus en matière de justice, les arrestations arbitraires et les détentions préventives prolongées de citoyens pour des motifs politiques ont augmenté pendant la présence de la MINUSTAH en Haïti et les enquêtes ouvertes sur de nombreux cas d'exactions ne sont pas suivies d'effet".

La MINUSTAH qui contrôle de fait, a-t-il dit, le pays se montre timide dans la dénonciation des violences et des lynchages, craignant que des actions en ce sens aient des impacts négatifs sur la tenue des élections qui est pour l'instant son seul objectif.

" Comment vouloir organiser des élections crédibles et démocratiques pendant que des responsables de partis politiques inscrits pourrissent en prison sans charge précise, s'est interrogé le diplomate", ajoutant que les graves manquements de la MINUSTAH seront agités lors de l'assemblée générale de l'ONU qui s'ouvre le 13 septembre à New-York.

Le diplomate caribbéen s'est également déclaré inquiet quant à la possibilité pour tous les responsables de partis politiques de mener campagne sans être l'objet de violence. Il justifie ses craintes avec les dernières déclarations du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Haïti, Juan Gabriel Valdès qui affirmait récemment que la MINUSTAH n'a pas suffisamment de soldats pour surveiller tous les mauvais agissements d'éléments de la Police Nationale Haïtienne.

Par ailleurs, le premier ministre intérimaire admis jeudi que son gouvernement s'était opposé à la remise en liberté de plusieurs dirigeants, cadres et militants de l'organisation politique Fanmi Lavalas incarcérés sans motifs précis depuis plusieurs mois. Parmi ces responsables figureraient notamment l'ancien premier ministre Yvon Neptune et le père Gérard Jean-Juste.
Il a fait savoir qu'il n'avait pas d'autres choix que de se courber

Selon d'autres sources du régime intérimaire, ce sont quelques ministres du régime en place qui se sont opposés à un certain projet d'amnistie pour des détenus Lavalas.
Pour le responsable du Groupe de défense des prisonniers politiques, ce gouvernement n'a pas compétence pour accorder amnistie à des responsables lavalas.

" Ce sont, a-t-il dit, ceux qui ont pris les armes pour renverser un gouvernement constitutionnel et leurs commanditaires qui mériteraient d'être amnistiés", a-t-il fait savoir.

Les ministres opposés à cette décision auraient déclaré qu'ils préféraient démissionner au lieu de parapher un quelconque document pour la remise en liberté de ces citoyens. (8 septembre 2005, AHP)


Port-au-Prince, 2 septembre 2005 (AHP) Le réseau national des droits de l'Hommme (RNDDH) s'en est pris vendredi au représentant du secrétaire général de l'ONU, Juan Gabriel Valdès, pour avoir fait savoir la veille que les opérations de la Police Nationale d'Haïti doivent être planifiées et menées en étroite collaboration avec la MINUSTAH en vue de leur bon déroulement.. Le chef de la misson onusienne avait déploré qu'il y ait toujours des dérapages lors des opérations unilatérales de la PNH contre de présumés bandits. Le responsable du RNDDH, Pierre Espérance, a estimé que les déclarations M. Valdès sont de nature à détruire la police haïtienne et sont un apuui pour les bandits.


AHP 1er septembre 2005 Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Juan Gabriel Valdès, a déploré jeudi qu'il y ait toujours des dérapages lors des opérations unilatérales de la PNH contre de présumés bandits.

Le numéro 1 de la MINUSTAH a condamné les raids lancés le 20 août contre des habitants du quartier populaire de Grand' Ravine (sud de la capitale) au cours desquels plusieurs d'entre eux ont été lynchées par des individus armés de machettes, sous prétexte qu'ils seraient des bandits.

Selon M. Valdès les premiers résultats d'une enquête ouverte par la MINUSTAH sur ces violences meurtrières ont révélé qu' 9 personnes ont été tuées à coups de machete ou par balles, par des individus en uniforme de la PNH et des attachés (auxiliaires civils de la police).

Les personnes lynchées ont été tuées à l'intérieur et à l'extérieur du stade. Il s'agit d'un incident "horrible et inacceptable", a lancé M. Valdès qui dit partager l'opinion selon laquelle les pratiques de lynchage doivent être traitées avec fermeté pour éviter toute éventuelle répétition.


7 mars 2005

Protéger les libertés des personnes
est conforme au mandat de la Minustha

Pierre Rodrigue Saint-Paul

sous les yeux des forces onusiennes

La manifestation du 28 février du parti Fanmi Lavalas a été dispersée dans le sang par des agents de la PNH.
"Les forces onusiennes de la MINUSTAH avaient déjà été témoins des violences aveugles exercées par la PNH au Bel-Air avant la manifestation du lundi 28 février."(J. G. Valdès)
Face à ces exactions, la Force de l'ONU, notamment les soldats brésiliens, ont décidé, le 4 mars 2005, de protéger la liberté de manifestation que la constitution haïtienne et la Charte de l'ONU reconnaissent à tous les Haïtiens, même lavalassiens. Les policiers haïtiens ont été interdits de s'approcher du périmètre de la manifestation du 4 mars.


Le ministre de l'injustice pose la question du mandat
Le ministre de l'injustice haïtienne Bernard Gousse affirme que les forces onusiennes ont violé leur mandat en empêchant les policiers de s'approcher du périmètre de la manifestation. Gousse se prépare à déposer une plainte auprès des officiels de l'ONU à une réunion du mardi 8 mars 2005.
Quel est donc la nature du mandat des forces de l'ONU en Haïti? A mon avis, ce mandat peut être légal, comme il pourrait être criminel!
Protéger les libertés et les droits des personnes et des peuples est un mandat légal, conforme au droit haïtien et international.
Servir les intérêts de ceux qui piétinent systématiquement ces droits et libertés serait un mandat criminel.
Instrumentaliser l'ONU
Les violateurs des droits humains et nationaux ne pourraient guère réussir tout seuls leurs méfaits. Ils ont besoin d'alliés, de complices, de mercenaires pour l'accomplissement des basses oeuvres.
..........................................................................................Juan Gabriel Valdès

Pour les trouver, ils utilisent les pressions les plus infâmes, la corruption et les ruses.
Dans l'affaire haïtienne, ils essaient d'utiliser une instance aussi respectable que l'ONU pour un dessein aussi minable que la restauration du pouvoir renversé en 1986 par les masses populaires haïtiennes elles-mêmes. Abusant de l'aveuglement de deux puissances aventureuses, ils ont tricoté un scénario abracadabrant.

1) Ils ont présenté au monde le 29 février comme un événement légal ou légitime, du genre d'une démission, d'une révolution de velours. Ainsi toute contestation de ce coup d'Etat malencontreux devait être ignorée à l'extérieur et réprimée à l'intérieur.

2) Ils ont présenté le pouvoir de facto importé comme un vrai gouvernement, dépositaire de la souveraineté nationale haïtienne, animé des pures intentions démocratiques et développementistes, et qui auraient le droit d'emprisonner des innocents comme le Premier ministre Neptune et de présider à des exécutions sommaires de
...Père Jean Juste..........................................................................................
militants pacifiques.

C'est tout sauf du droit! C'est de la basse politique!
En fait tout montage politique fondé sur le mensonge et l'illégalité ne peut s'imposer que par le crime. Le crime suscite résistances et répressions.

Des agendas différents
"Plusieurs centaines de casques bleus péruviens et brésiliens encadraient la manifestation. «Cela semblait pacifique, mais pour une raison que nous ignorons la police haïtienne est arrivée et a décidé de disperser la manifestation», a déclaré le commandant Carols Chugs Brag, porte-parole de la mission de l'ONU en Haïti, conduite par le Brésil." (AP, 28 février 2005)
En effet, mon commandant, vous ne pouvez pas savoir à quoi pensent les voleurs et les assassins en Haïti. Beaucoup de vos collègues étrangers n'ont pas eu non plus les moyens de le savoir.
Ces gens ont un agenda simple bien défini depuis 200 ans : soumettre et exclure la population et accaparer toutes les ressources et tous les pouvoirs. Point final! L'agenda démocratique qui nous préoccupe constitue pour eux une agression.
Ce sont les mêmes qui se sont engraissés au détriment des victimes de toutes les croisades contre les gens et les peuples, depuis les aventures coloniales européennes des 15ème au 19ème siècles, jusqu'à l'expansion extérieure américaine aux 19ème et 20ème
siècles, qui a inauguré l'ère néocoloniale de la domination par procuration, à travers des pouvoirs fantôches et des sous-traitants de la répression.
Ils ont cru chaque fois avoir choisi le bon camp. A leur avis, les moyens formidables, en apparence, déployées dans ces entreprises étaient invincibles. Mais la résistance héroïque opposée, chaque fois, à la répression impitoyable, a démontré, en maintes fois, que les droits et libertés sont plus forts que la puissance des armes et de l'argent.

Un hold-up sur le langage
C'est sûr que la situation est plus complexe, depuis que certaines forces ont plus ou moins réussi à dépouiller leurs victimes, non seulement de leurs droits et libertés, mais aussi de leur langage. Ce que les victimes appellent le processus démocratique, ils le présentent comme la plus grosse dictature de tous les temps!
Ce que les victimes vivent comme une restauration de l'ordre macoute est présenté comme "transition démocratique".
Ceux que les victimes considèrent comme des héros et des martyrs de la démocratie, ils les appellent des bandits et des chimères.
Ceux au contraire qui sont reconnus comme des massacreurs et repris de justice, ils les appellent des "freedom fighters".

..................................................................... .Un innocent en danger....
Grâce à ce hold-up sur le langage, ils arrivent à concocter une rhétorique vertueuse qui va entretenir la confusion dans les esprits.

Réussir le mandat en le dépolitisant
Le mandat des forces onusiennes doit être fondé sur le droit. Chaque secteur haïtien doit recevoir le traitement qui lui est dù. Les soldats de l'ONU ne sauraient servir de mercenaires à des intérêts particuliers ou sectoriels sordides. C'est une question de droit et d'éthique. Les agents onusiens en Haïti ne doivent pas se comporter comme les employés de quelqu'un, pressés d'exécuter un job, en faisant passer les intérêts des masses haïtiennes par pertes et profits.
Mais, le commandement brésilien ne semble pas ignorer que les intérêts du Brésil, de l'Amérique Latine et d'Haïti, est d'aider fermement les Etats-Unis à rectifier leurs erreurs. L'Amérique est notre maison à tous.
Le moyen de réussir cette mission est d'aider les Haïtiens à se retruver sur la base du droit et de la négociation.

Quand les différents secteurs politiques haïtiens comprendront qu'ils ne pourront plus espérer manipuler les forces extérieures, comme ils l'avaient fait avec la France et les USA, en exploitant l'esprit d'imprudence et d'erreur de ces deux puissances, ils n'auront pas d'autres choix que de s'arranger entre Haïtiens pour construire leur démocratie,avec l'aide fraternelle des communautés de nations.

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