
2009
INSTITUTIONS
2005-2008
3 septembre 2008
Quand Radio Quiskeya
parle de Aristide
Aristide
rencontre Chàvez en Afrique du Sud à l'occasion d’une visite du Président
vénézuélien à Pretoria, mercredi 3 septembre 2008, informe Radio Kiskeya.
L’ancien Président a profité decette visite pour s’entretenir avec le chef
de l’Etat vénézuélien, selon un communiqué rendu public à
Caracas et relayé par l’agence espagnole EFE. Le communiqué du Palais présidentiel
de Miraflores précise que la rencontre entre les deux hommes s’est déroulée
à l’hôtel où est descendu M. Chàvez pour son séjour de 24 heures à Pretoria.
La
Présidence vénézuélienne a souligné que « Jean-Bertrand Aristide
a été le premier Président démocratiquement élu de son pays », en 1990,
et qu’il vit en exil en Afrique du Sud depuis le 31 mai 2004. Le communiqué
rappelle aussi que « Chàvez se trouvait parmi les dirigeants politiques
ayant élevé la voix contre le renversement d’Aristide, début 2004 »
et avait réclamé le « rétablissement de l’ordre constitutionnel en Haïti
».
En effet, le Venezuela s'était associé à l'initiative
des pays de la CARICOM, notamment la Jamaïque ,de l'Union Africaine,
notamment l'Afrique du Sud, et des parlementaires américains du Black
Caucus, pour réclamer une enquête internationale sur les circonstances
du coup du 29 février 2004 contre le pouvoir légitime en Haïti
(NDLR). C'est naturel que les deux dirigeants maintiennent des relations.
Alors que l’ancien
dirigeant haïtien n’a cessé de se présenter en « victime d’un kidnapping
moderne » orchestré par les puissances occidentales (Etats-Unis, Canada,
France), le chef de l’Etat vénézuélien avait, dans la virulence de son opposition
idéologique aux Etats-Unis, accusé l’administration Bush d’avoir provoqué
l’effondrement du régime de Port-au-Prince, le 29 février 2004, écrit
l'auteur de l'article de Radio Kiskeya qui semble se ranger inconditionnellement
aux arguments des puissances aventuristes. L'auteur poursuit sa présentation
des événements de février 2004 ainsi : "confronté
vers la fin de son règne à une rébellion armée conquérante et à d’énormes
pressions diplomatiques, Jean-Bertrand Aristide, incapable d’endiguer un
large mouvement pacifique de contestation sociale", avait fini par
accepter de remettre sa démission et de partir en exil avec sa famille et
ses proches collaborateurs.
L'auteur fait allusion aux actions de l'armée cannibale des Gonaïves
rejointe par le jeune officier aventuriste Guy Philippe qui ont fait les
400 coups contre les commissariats et les civils dans le Nord et l'Artibonite.
Il n'y eut pas de bataille en réalité. Les soutiens étrangers
de ces aventures avaient si bien mesuré la faiblesse de ces groupes
armés que le PM français Dominique de Villepin n'arrêtait
pas de réclamer à corps et à cris le "désarmement
des milices d'Aristide", afin de laisser la voie libre aux bandes
illégales. Il faut reconnaître que l'Oncle Sam n'a jamais vraiment
considéré ces hommes qu'ils traitaient de "thugs"
comme des comme des "freedom fighters".
Rébellion conquérante, la belle affaire! On sait bien que
le groupe rebelle n'osait pas s'attaquer à la ville de Port-au-Prince,
Guy Philippe lui-même reconnait que son entreprise était du
bluff car il n'avait pas les moyens . C'est bien l'intervention extérieure
qui a mis fin au pouvoir constitutionnel en Haïti. Déformer
l'histoire n'est pas du tout sain.
L'auteur nous explique encore que l’actuel Président et ancien dauphin de
M. Aristide, René Préval, n’a jamais ouvertement envisagé le retour en Haïti
de l’exilé de Pretoria, même si le premier geste de son mandat avait été,
en 2006, le retrait d’une plainte pour détournement de fonds du trésor public
que le gouvernement intérimaire Alexandre/Latortue (2004-2006) avait déposée
devant un tribunal fédéral américain contre « l’ex-prêtre des pauvres
», et que malgré
le déploiement depuis l’été 2004 de la Mission de stabilisation de l’ONU
(MINUSTAH), des partisans armés d’Aristide avaient, pendant deux ans, soumis
des quartiers populaires de la capitale haïtienne à un régime de terreur
dans le cadre d’une campagne dénommée « Opération Bagdad ».
Notre auteur étale ici son esprit partisan et intolérant.
Ce n'est plus de l'opposition, c'est de la haine personnelle qui ne sert
pas la crédibilité de l'agence. Il ressasse le vocabulaire
qui tue, "régime de terreur", "opération Baghdad",
celui de la haine, de la guerre civile, totalement contraire à l'intérêt
du pays. Car il faudra rassembler la nation haïtienne, ce qu'on a oublié,
à force de plonger dans l'irrationnel. Je rappelle quand même
qu'il n'y a pas d'alternative à l'unité nationale dans la
situation actuelle. Aujourd'hui, le courage n'est pas de tuer ou de mourir,
mais seulement de travailler à effacer haines et divisions pour rassembler
le plus tôt possible une nation en perdition. C'est le plus difficile.
J'espère que les puissances étrangères finiront elles-mêmes
par reconnaître leur erreur dans l'affaire haïtienne. On ne peut
pas construire la démocratie contre la majorité du peuple.
Les Haïtiens, de leur côté, auront à réviser
leurs idéologies et pratiques politiques.
Les camps opposés doivent savoir que leur posture actuelle n'est
pas la bonne. Etre soutenu par des partenaires étrangers c'est intéressant,
mais insuffisant. De même être soutenu par une majorité
populaire, c'est formadable mais aussi insuffisant. Il reste donc du travail
à faire des deux côtés et le temps presse. (Pierre St
Paul)
11 août 2008
COMBIEN
COUTE LE VIDE GOUVERNEMENTAL ?
Le président de l'Association des Economistes Haïtiens (AEH), Eddy Labossière, a fait savoir dimanche que la crise gouvernementale en Haïti a déjà entrainé un déficit d'environ 3 à 4 milliards de gourdes dans le trésor public et fait perdre d'énormes opportunités. Le vide gouvernemental a également occasionné un déficit budgétaire de plus de 700 millions de gourdes. Le pays fait face à un vide gouvernemental depuis plus de 3 mois après qu'un groupe de 16 sénateurs eut décide de renverser le gouvernement de Jacques Edouard Alexis sous prétexte qu'il était responsable de la crise alimenttaire et de la flambée des prix ayant provoqué des manifstations de rues début avril.
L'Administration Générale des Douanes (AGD) qui envisageait d'entrer environ 30 milliards de gourdes pour l'exercice fiscal a été obligé de procéder à une révision à la baisse, à moins de 2 mois de la fin de l'exercice. Les réserves sont passées de 350 millipns de dollars à environ 200 millions et la pression fiscale de 12% à entre 8 et 10%. L'économiste a souligné qu'en raison des hausses continues des prix des produits de première nécessité, des produits agricoles et des produits pétroliers sur le plan international, la resolution de la crise socio-politique ne sera pas chose facile en Haïti. Il exprime le souhait que des mesures urgentes et sérieuses soient adoptées en vue du redémarrage du pays et de l'amélioration des conditions de vie des citoyens dont le revenu journalier est inferieur à 2 dollars américains.
Le président de l'AEH invite les responsables des partis politiques à comprendre l'urgence de l'heure pour qu'ils placent les intérêts du pays en première position Selon Eddy Labossière, les partis politiques seront plus performants en dehors du pouvoir, étant donné que leur intégration dans le gouvernement peut créer des frustrations et empêcher le bon fonctionnement de la machine.
Les discusssions
se sont poursuivies au cours du week-end avec les partis politiques ayant
conditionné leur vote à une présence substantielle dans le prochain
gouvernement.. Selon des sources dignes de foi, les quotas devraient être
accordés proportionnellement à l'importance de la présence d'un parti
au parlement. (AHP, 10 août 2008)
13 avril 2008
SCÈNES DE LA VIE PARLEMENTAIRE EN HAÏTI
ET STABILITÉ POLITIQUE
Fin févier début mars 2008, des députés ont décidé d'interpeller le premier ministre Jacques Alexis en raison de la vie chère en Haïti. La plupart de ces députés sont issus des partis (Alliance, OPL, Fanmi Lavalas, Union et Fusion) membres du gouverne-ment. Ils ont clamé leur décision d'infliger un vote de censure au premier ministre pour le renverser avec son gouvernement. Certains se disent furieux que Jacques Edouard Alexis aurait déclaré qu'il n'avait pas de baguette magique, ni n'était un faiseur de miracles, compte tenu de la tendance à l'échelle internationale, le prix du baril de pétrole par exemple, ayant atteint les 100 dollars.
Le chef de file de l'Alliance, Evans Paul déclare que la population
a manifesté son insatisfac-tion face à l'action du gouvernement. Le député
Acluche Louis Jeune (OPL), prépare son argumentaire pour rallier un grand
nombre de députés indécis. Les dirigeants de l'OPL avaient pourtant appelé
leurs députés à voter en faveur du premier ministre. L'Union, de Chavanne
Jeune, souligne qu'il faut éviter une nouvelle crise au pays. Selon lui
le renvoi du premier ministre peut entraîner le blocage du processus électoral
et des hésitations dans l'aide de la communauté internatio-nale.
Gaillard (Fusion), estime qu'un remaniement du gouvernement est une urgence.
" La Fusion est inconfortable et souhaite que le gouvernement pluriel
cède la place à un gouvernement de coalition ". Préval avait ouvert
généreusement son gouvernement à plusieurs petites formations créditées
de 2,6%, 2,6% et 2,4% des suffrages. C'était une demande des étrangers qui
aiment bien ce genre de cuisine chez les autres. Ces formations se déclarent
aujourd'hui insatisfaites et exigent un statut plus confortables.
Au sein de Fanmi Lavalas, les députés Paully Faustin et Saurel François
sont prêts à voter contre le premier ministre. Un député de l'Alliance,
Noël Eliphete, dénonce le comportement de certains collègues qui auraient
monnayé leur vote avec la primature.
Fritz Gerald Bourjolly du parti Fusion réclame le renvoi du premier minis-tre.
Laurore Edouard de l'Union dit attendre l'exposé du premier ministre pour
décider de son vote.
Jusqu'à présent les députés de LESPWA qui détiennent une majorité relative
sont solidaires du premier ministre Alexis. Certains d'entre
eux, réclament au plus un remaniement ministériel. Le sénateur Lavalas,
Roudy Hériveaux, dit craindre que le renvoi du premier ministre entraîne
un blocage du processus électoral, en cours pour le renouvellement du tiers
du sénat. Il a précisé également qu'un gouvernement démissionnaire auquel
un vote de censure est infligé ne saurait être un interlocuteur privilégié
pour les bailleurs internationaux. Voilà pourquoi, le parlementaire souligne
la nécessité que ses collègues députés fassent preuve de lucidité puisqu'en
avril il va y avoir une importante réunion entre ces bailleurs et le gouvernement
haïtien qui compte solliciter un montant de 4 milliards de dollars pour
les trois prochaines années pour la réalisation de projets visant notamment
la réduction du coût de la vie.
Cependant M. Hériveaux croit qu'il faut opérer des changements au niveau
de l'équipe gouvernementale car, dit-il, certains minis-tres accusent un
bilan négatif sinon inexistant. M. Lambert dit craindre qu'un éventuel vote
de censure n'entraîne Haïti dans une spirale d'insécurité plus profonde
à un moment où des efforts énormes sont consentis par les autorités haïtiennes
pour stabiliser le pays. De plus, tout vote de censure entraînerait l'absence
de ministre pour faire le dépôt de la loi électorale et la défendre, en
vue des prochaines élections pour le renouvellement du tiers du sénat.
Il a également souligné qu'une telle mesure provoquerait une aggravation de la cherté de la vie étant donné que le gouvernement qui viendrait, ne ferait que liquider les affaires courantes. De combien de temps devrait-t-on disposer pour entamer un processus de négociation en vue de désigner un nouveau premier ministre, le ratifier lui et son programme, former un cabinet, prendre connaissance des dossiers déjà constitués, s'est interrogé Joseph Lambert. Le premier sénateur de l'Ouest, Jean Hector Anacacis, a fait savoir qu'il y avait des enjeux majeurs derrière le dossier de l'interpellation du premier ministre Jacques Edouard Alexis. Il y a des secteurs qui ne souhaitent pas que ce soit le gouvernement de M. Alexis qui organise les élections pour renouveler le tiers du sénat, a-t-il révélé.
Jean Hector Anacacis a dénoncé des secteurs pour lesquels
tous les moyens sont bons pour arriver à leurs fins, même le prétexte de
la vie chère et la souffrance de la population. Il a plaidé dans le même
temps en faveur d'un remaniement du cabinet ministériel. Il rappelle que
l'organisation de ces élections est né-cessaire pour la santé démocratique
du pays. L'ancien président de l'Assemblée nationale, Joseph Lambert prévient
que la situation socio économique de la population risque de s'aggraver
si les députés se montrent irresponsables. Ramener le phénomène de l'insécurité
à son niveau le plus bas peut influencer de manière positive sur le coût
de la vie a dit Joseph Lambert.
Dans le Nord du pays, le représentant de l'organisa-tion du peuple en lutte
(OPL), parti membre du gouvernement pluriel, appelle à un vote de censure
contre le premier ministre. Mais, les repré-sentants de Fanmi Lavalas croient
qu'un éventuel départ du chef du gouvernement compliquerait davantage la
situation.
Janet
A. Sanderson De son côté, l'ambassadeur américain Janet A. Sanderson, estime
que la priorité devrait être accordée au renforcement de la démocratie et
à la stabilité politique. Le leader du Mochrenah, (mouvement chrétien) le
Pasteur Luc Mesadieu dit s'attendre à une relance parce que le chef de l'État
est conscient des problèmes. Il croit que le gouvernement doit adopter des
mesures urgentes contre la cherté de la vie qui peut à terme débou-cher
sur un soulèvement, prélude d'une instabilité politique. L'Association des
Maires Haïtiens sol-licite un vote de con-fiance. Yvon Jérôme, porte parole
de l'Asso-ciation, " Nous apportons notre appui au premier ministre et à
tous les ministres ".
Le "Groupe des parlementaires progressistes " se prononce pour
le maintien de Jacques Edouard Alexis. Le député Guy Gérard Georges Torbeck/Chantal
informe que le groupe qui compte une cinquantaine d'élus réclame un rema-niement
ministériel.
LA QUESTION DU REMANIEMENT MINISTERIEL
Dans l'esprit d'un politicien traditionnel, le remaniement ministériel n'a jamais eu de rapport avec la vie du peuple. C'est une occasion de trouver un os à grignoter. On a observé des divergences sur la nécessité de renverser le gouvernement, mais un quasi consensus sur le souhait d'un remaniement. En fait les intérêts personnels sont prioritaires. Quelques sénateurs ont exprimé des positions divergentes suite aux informations faisant état d'un remaniement imminent au sein du gouvernement et dans la diplomatie. Lors de l'interpellation le 28 février du premier ministre Jacques Alexis, plusieurs députés ayant renouvelé leur confiance au gouvernement, avaient conditionné leur vote à des changements dans l'équipe gouvernementale. Le premier sénateur du Nord Ouest, Evallière Beauplan (pro Lavalas), a estimé mardi que l'heure est venue d'opérer un remaniement. Cependant, le sénateur Rica Pierre (OPL) s'est prononcé contre un remaniement dans l'immédiat du gouvernement. Selon le troisième sénateur du Sud-Est, le chef du gouvernement devrait attendre la mise en place du programme d'urgence. Les changements doivent être opérés sur la base d'un programme à appliquer, a dit le parlementaire qui estime prématuré de procéder au remaniement de l'équipe gouver-nementale. Certains parlementaires expriment des inquiétudes quant à l'évincement de certains ministres issus de leurs partis. Des observateurs estiment que plusieurs ministres du gouvernement sont enclins à appliquer le programme de leur propre parti au sein du gouvernement dirigé par un premier ministre du parti L'ESPOIR.
EPILOGUE 1 Moins de 24 heures après que 63 députés
aient renouvelé leur confiance à Jacques Edouard Alexis, des interpellateurs
dont certains appartiennent aux partis de la "coalition" gouvernementale,
se sont déclarés ouvertement dans l'opposition. " Nous devons organiser
une réunion autour d'une opposition constructive au gouvernement de Jacques
Edouard Alexis " a déclaré le député de Jérémie, Joseph Isidor Mercier,
dans les colonnes d'un quotidien .
EPILOGUE 2 Du 3 au 9 avril des émeutes de la fin se
répandent dans tout le pays.
EPILOGUE 3 Seize (16) sénateurs sur vingt-sept
(27) ont adressé mercredi soir une lettre au premier ministre Jacques Edouard
Alexis pour lui demander de donner volontairement sa démission avant le
samedi 12 avril 2008.
Ont signé ladite correspondance : Youri Latortue et François Fouchard Bergromme
(Artibonite, Latibonit An Aksyon) ; Roudy Hérivaux et Evelyne Chéron (Ouest,
Fanmi Lavalas) ; Riché Andris (Grande-Anse, OPL) ; Mélius Hyppolite (Nord-Ouest,
OPL) ; Joseph Pierre Louis (Nippes, OPL) ; Ricard Pierre (Sud-Est, OPL)
; Edmonde Supplice Beauzile (Centre, Fusion) ; Joazil Rodolphe (Nord-Est,
PONT) ; Michel Clérié (Grande-Anse, Fusion) ; Judnel Jean (Nord-Est, Fusion)
; Gabriel Fortuné et Fritz Carlos Lebon (Sud, UNION) ; Eddy Bastien (Nord-Ouest,
ALLIANCE).
Le samedi 12 avril, le Premier Ministre Jacques Edouard Alexis
est renversé par le sénat. Le même jour le président
Préval promet de nommer un nouveau Premier ministre, après
consultation des présidents des deux chambres.
22 décembre 2007
Aristide qualifie les élections de
2006 de trahison
de la volonté du peuple
...Dènye
kou Pèp la pran an, se kout ponya trayizon Ki plante nan do l depi dènye
seleksyon 2006 yo. Pèp la sibi operasyon sou operasyon san anestezi. Operasyon
Retou imedya a, se manman kesyon an. Donk, ponya trayizon sa a pike Pèp
la jis nan kè l. Plan an se demantibile Pèp la, dekouraje l, elimine l.
Nan vide manti, yo fè inosan toujou pase pou koupab. E deplizanpli, yo pra
l kontinye dyabolize viktim yo Pandan yap bay koupab yo kominyon san konfesyon.
Menm si viktim yo ap mande jistis, jistis, jistis, se rèv. Plis pase
10.000 inosan deja tonbe, san nou pa konte Moun ki disparèt sou fòm kidnapig
tankou Lovenski. Prizonye politik ki Lavalas toujou ap pouri nan prizon.
Pèsekisyon politik kont Lavalas ap fèt o non demokrasi. Tout bouwo ki fè
krim koudeta ap byen mennen libelibè. Men viktim yo anba pèsekisyon paske
yo pa trayi Pèp la.
Jou apre jou, mizè a ap malmennen viktim yo pi plis. Gade kijan dife grangou a vin pi pi wouj nan lanfè a ! Kote 184 paradi terès ki tap vann 2 pou 5 nan Peyi a? Si lè sa a n te kite yo andòmi konsyans nou ak manti, Jodi a, remò ak kòlè ta deja toufe nou tout bò isit la. Nou konprann jwèt makyavelik la e se pou sa nou di : Rat manje kann nan, men domaj, zandolit mouri inosan. Gade jan pitit Pèp la kontinye ap sibi anba gwo vyolans Zam lagè malgre bonm lanmò yo te deja lage sou Site a!
Dòk, ou kwè ou realize jan prejije Fè kèk moun rayi Pèp Ayisyen an ? Yo rayi Pèp la jis tèt yo anvi pati ! Yo rayi Pèp la jis lòlòy yo vire ! A ! Se pa ti vire, vire an jwèt non ! Se bon vire a, vire pou chavire a ! Yo fin fou pou elimine Pèp la nèt. Malgre gen moun ki mòde ni pous yo, ni bra, ni koud, Gen lòt ki fè kòm si yo pa wè ke yo te fè yon erè grav. Jiskaprezan, ti ekip zwit sa a ta ka peye lò ak dyaman Pou cha blende disparèt Site Solèy ak tout katye popilè : Donk, mas pèp la menm ke yo pa konsidere kòm moun...
3 décembre 2007
Forum sur la réforme constitutionnelle
Lors
du forum sur le projet d'amendement de la constitution organise vendredi,
23 novembre 2007, à Miami (Sud de la Floride) entre une délégation sénatoriale
et des membres de la communauté haïtienne. La délégation conduite par le président
du Sénat haïtien, Joseph Lambert, président de l'Assemblée nationale,
était venue recueillir le point de vue des haïtiens expatriés autour
du projet du président Préval d'amender la constitution de 1987.
(lire la déclaration
du Préval)
Cette rencontre était très animée par plusieurs participants qui s'étaient
montrés hostiles à la présence au sein de la délégation de Me Gérard Gourgue,
ancien président virtuel de l'opposition au président Préval
(ne faudrait-il pas plutôt imiter la tolérance de Préval?)
. Les participants ont insisté notamment sur la question de la double nationalité.
Ils ont exprimé le souhait que les parlementaires oeuvrent à la mise
à jour des acquis obtenus en ce sens en vue de faciliter une meilleure
intégration de la diaspora dans les affaires haïtiennes.
Plusieurs
d'entre eux, ont émis des réserves quant à la motivation réelle des autorités
d'amender la constitution. Ils estiment que la constitution avec vingt 20
ans d'âge n'est pas vieille au point de nécessiter un amendement.
(Avec une telle logique la constitution serait un fétiche auquel
n'on osera jamais toucher. C'est vraiment trop d'honneur pour un document
conçu sous l'égide de Namphy et Regala!)
Toutefois, ils ont admis l'existence de failles dans la constitution, qui
méritent d'être corrigées en vue de l'adapter aux réalités haïtiennes. Le
problème n'est pas la constitution elle-même, mais ceux qui refusent de l'appliquer.
Dans le même sens, plusieurs autres ont dit déplorer que 20 ans après l'adoption
de la loi mère, un ensemble d'institutions prévues par celle-ci ne sont toujours
pas mises en place.(C'est le cas de la commission électorale qui
est toujours provisoire )
D'autres encore ont déclaré ne pas comprendre pourquoi les autorités ne tiennent
pas compte, dans leur démarche, du projet d'amendement introduit par la 47e
législature sous le gouvernement Aristide.(Bonne question qui fait tomber
le masque)
"Un amendement de la constitution est nécessaire en vue de l'inclusion de tous les secteurs dans la vie du pays", ont-ils insisté. Pour sa part, le sénateur Joseph Lambert, a promis de produire un rapport des différentes rencontres tenues et des opinions recueillies lors de cette tournée qui a conduit les sénateurs dans plusieurs Etats des Etats-Unis. La délégation était compsée des sénateurs Joseph Lambert, Michel Clérié, Jean Hector Anacacis, Eddy Bastien, Jean Gabriel Fortuné, Jean Joseph Pierre -Louis, ansi que de Me Gérard Gourgue et de plusieurs journalistes.(Source: AHP 26 novembre 2007)
23 octobre 2007
Aristide devrait faire partie de la solution au problème haïtien
Selon
différents secteurs étrangers, la solution aux problèmes politiques auxquels
fait face Haïti serait incomplète sans l'apport de l'ancien président
en exil Jean Bertrand Aristide. Selon des opinions émises par des secteurs
divers, notamment en Afrique du Sud,.
Jean Bertrand Aristide est vu comme un élément important dans la stabilisation
définitive d'Haïti bien que ces opinions n'aient pas fait l'objet de discussion
au Conseil de sécurité lors du vote pour renouveler le mandat de la mission
des Nations-Unies en Haïti, pour une période de 12 mois. "La popularité
d'Aristide et son influence tant en Haïti que dans la région sont connues
comme primordiales dans les efforts de construction de la paix",
souligne Thami Dickson de SABC News.
L'analyste politique Joe Simpson a indiqué pour sa part que des efforts ont
été entrepris pour relancer le pays mais la situation reste fragile,
en raison du fait que certains secteurs sont résistants aux changements à
cause de gros intérêts. Il estime que le départ forcé d'Aristide n'a
rien réglé en Haïti, mais a plutôt fait régreser le pays au cours des deux
ans qui ont suivi le 29 février 2004. La Conseil de sécurité des Nations Unies
estime quant à lui qu'Haïti a une chance en or pour commencer à se reconstruire
avec l'aide de la communauté internationale. "L'ordre revient progressivement
en Haïti et il y a une chance pour les haïtiens de résoudre leurs différends
politiques". (Source: AHP 18 octobre 2007)
Haïti
Échanges soutient cette vision de l'évolution de la politique
haïtienne. Il est plus que temps de traiter les affaires du pays avec
des idées politiques constructives et de remiser définitivement
les petites méchancetés, médiocrités et règlements
de comptes personnels.
La preuve est faite par l'histoire et l'évolution du monde le confirme
que toutes les familles de pensée doivent être impliquées
dans le travail de stabilisation démocratique et de relèvement.
La démocratie est pluraliste sous une loi unique pour tous.
Il est évident que le mouvement politique populaire dirigé par
Aristide ne peut être écarté; c'est comme couper une jambe
au malade et lui dire de courir. De même les courants conservateurs
traditionnalistes, les cryptoduvaliéristes, les mercantilistes doivent
participer au concert démocratique, comme partout dans le monde.
L'art. constitutionnel qui avait exclu les duvaliéristes en 1987 n'était
pas une grande découverte.
23 octobre 2007
Au
201è anniversaire de l'assassinat de Dessalines
Le président Préval réaffirme la nécessité
d'un remaniement de la constitution
Le
président Préval réitère la néceessité d'un remaniement de la constitution
considérée commme une source d'instabilité et affirme que les luttes intestines
qui rongent le pays depuis l'assassinat de Dessalines sont aujourd'hui les
principales causes de l'instabilité
Le
président a plaidé une nouvelle fois l'urgence d'un amendement de la constitution
de 1987, pour aider Haïti à retrouver, a-t-il dit, son indépendance politique.
Le chef de l'Etat intervenait dans le cadre des activités commémoratives du
201è anniversaire de la mort de l'Empereur Jean Jacques Dessalines,
assassiné à Pont Rouge, le 17 octobre 1806, deux ans après avoir libéré les
indigènes du joug des colons et proclamé l'indépendance d'Haïti.
La constitution représente elle-même une source d'instabilité pour le pays. Pourquoi un président haïtien, après un mandat de 5 ans doit passer le même nombre d'années en dehors du pouvoir avant d'en briguer un nouveau, s'est interrogé Préval. Et comment expliquer qu'un premier ministre choisi par le président de la République peut être renvoyé par le parlement qui l'a tout simplement ratifié, s'est-il encore interrogé. Il a qualifié d'anomalie grave le fait qu'une majorité simple au parlement peut rejeter l'objection du président haïtien, alors qu'aux Etats-Unis par exemple, c'est une majorité qualifiée soit les 2/3 qui peut le faire. Beaucoup de secteurs ont estimé que des parlementaires abusent trop souvent des trop grands pouvoirs que lui donne la constitution, au dériment de la bonne marche du pays.
Un groupe de sénateurs décidait récemment d'interpeller le premier ministre, avec menace de vote de censure, parce qu'un commissaire de gouvernement n'avait pas acccompagné un ministre que ces parlementaires voulaient interroger autour d'une convocation adresssée à un homme d'affaires. L'interpellation a quand même été maintenue en dépitt du fait que le commisssaire acceptait par la suite de se présenter devant la cxommission justice du sénat. Et un des sénateurs du groupe de déclarer que l 'affaire du commisaire n'était qu'un prétexte pour trainer le chef du gouuvernement au sénat.
Le président Préval a plaidé en faveur de l'institution d'une cour constitutionnelle qui sera chargée d'interpréter la constitution étant donné a-t-il dit, que seule une autre loi peut interpréter une loi, ce qui empêcherait les haïtiens de continuer d'émettre leurs propres opinions sur la constitution. La constitution en vigueur a été votée le 29 mars 1987 un an et un mois après la fin de la dictature des Duvalier avec la chute de Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986.
Préval a redit par qu'il passera l'écharpe présidentiele à son successeur au terme de son mandat le 7 février 2011. Le président Préval a d'un autre côté, fait savoir que les luttes intestines qui rongent le pays depuis l'assassinat de Dessalines sont les principales causes de l'instabilité qui frappe aujourd'hui encore le pays. C'est cette instabilité qui empêche la construction du pays et l'adoption de mesures pour réduire les conséquences des catastrophes naturelles, a déclaré Préval. Il a particulièrement déploré l'instabilité politique qui s'est installé de 2004 à 2006 et qui a été la cause de la destruction du Conseil National des Equipements (CNE). René Préval a présenté ses condoléances aux parents des victimes des dernières inondations ayant frappé Haïti et annoncé l'acquisition de nouveaux engins devant favoriser la reprise des activités du CNE. (Source: AHP 18 octobre 2007)
5 octobre 2007
UCREF,
MAGISTRATURE ET CORRUPTION
( Heidi FORTUNÉ Magistrat)
Le code d'instruction criminelle haïtien traite essentiellement des pouvoirs des divers acteurs de la chaîne pénale, et de la procédure devant les tribunaux pour sanctionner les infractions et indemniser les victimes. L'attribution d'une prime forfaitaire par l'Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) à certains magistrats de Port-au-Prince ne repose sur aucune justification ni aucune disposition légale. Une telle situation constitue évidemment une forme de corruption de nature à autoriser des pressions directes de cette institution sur l'activité juridictionnelle de ces magistrats. En outre, elle expose les agents concernés à un traitement inégalitaire par rapport aux autres magistrats de la république, particulièrement ceux de la province. Avec ce nouveau scandale, la justice vient de perdre sa sacralité et le peu qui lui restait de sa crédibilité.
Il y a quelque chose de très déroutant dans cette affaire. Cette triste illustration marque, en effet, une dérive sans précédent dans l'organisation judiciaire en Haïti. L'émotion est trop grande. Le pire : des magistrats que l'on croyait au-dessus de tout soupçon y sont mêlés. Ah ! " L'argent brise les pierres ". D'après une feuille de paie rendue publique et qui concerne le mois de juillet 2007, il s'agit de primes accordées dans le cadre d'un Projet de Constitution d'une Chaîne Pénale et d'Aide ponctuelle au renforcement de certaines institutions luttant contre la drogue, le blanchiment et la corruption. Il importe de se questionner sur la légalité de la constitution de cette cellule dorée. Parlant de chaîne pénale, que viennent chercher des chauffeurs, des secrétaires, des greffiers et des huissiers dans tout cela ?
L'on se doit aussi de se demander : d'où proviennent les fonds utilisés par l'UCREF pour primer ces privilégiés ? Est-ce du trésor public ou s'agit-il tout simplement de fonds séquestrés dans le cadre de ses activités ? On dira ce qu'on voudra mais ce mode de procéder de l'UCREF est mené de façon cavalière, sans aucune concertation ; ce qui dénote une sorte de clientélisme, de copinage et de favoritisme...des termes intimement liés à la corruption. En plus, cette approche est susceptible de porter atteinte à l'indépendance des juges.
En France par exemple, il existe des " primes au mérite " pour les magistrats mais elles se donnent en vertu d'un décret relatif au régime indemnitaire des magistrats de l'ordre judiciaire, en fonction de la contribution du magistrat au bon fonctionnement de la justice. Ces sommes accordées à titre d'encouragement s'octroient annuellement et se comptabilisent en pourcentages clairement définis. Pour cela, toute une gamme de mesures de contrôle et d'inspection est mise en place pour éviter toute discrimination ou magouille. Tel n'est pas le cas ici, eu égard aux montants perçus mensuellement par les magistrats impliqués dans cette sale combine.
Notre système judiciaire est malade à tout point de vue, et nous estimons que sa mise à plat est nécessaire. Même quand cela va choquer, nous pensons également qu'il faut questionner l'intégrité de ces magistrats dont nous déplorons la conduite. Nous désavouons publiquement cette pratique de l'UCREF qui met en péril, non seulement, l'indépendance de la magistrature mais également l'avenir du pays tout entier. Si, en tant qu'institution légalement prévue par la loi, sa mission consiste à enquêter sur des cas de malversation, de gabegie administrative et de blanchiment d'argent provenant du trafic illicite de la drogue et autres infractions graves, en étroite collaboration avec la justice, cela ne sous-entend nullement qu'elle peut soudoyer voire corrompre les divers acteurs de la chaîne pénale qui lui apportent leur concours. Ce faisant, elle outrepasse ses limites, brise sa sphère de compétence, va au-delà de son champ d'action et viole la loi. Les auteurs et complices de cette infamie devront tirer les conséquences qui en découlent.
Un État de Droit, une vraie Démocratie doit répondre par l'action publique des crimes de Magistrats.
Heidi FORTUNÉ
Magistrat, Juge d'Instruction Cap-Haïtien, Haïti
Ce 30 septembre 2007 http://heidifortune.blogspot.com
3 octobre 2007
A
son retour de la 62ème assemblée générale de l'ONU à New-York, le 1er octobre,
René Préval, s'est
exprimé à l'aéroport Toussaint
Louverture de Port-au-Prince, notamment sur la question de l'armée.
" Une
armée n'est pas nécessaire maintenant pour le pays ", a soutenu encore
une fois M. René Préval. Le président se dit favorable à la constitution
d'une force de sécurité publique pour sécuriser le pays.
Dans son argumentaire, le chef de l'état a souligné que l'Armée n'existait
plus en Haïti depuis l'armée indigène qui avait conquis l'indépendance nationale.
" Depuis l'occupation américaine en 1915, Haïti n'a eu qu'une gendarmerie
nationale ; d'ailleurs les habitants avaient pour habitude d'appeler
les soldats, des gendarmes ".
Le président haïtien a témoigné de sa gratitude envers la Minustah (Mission
de stabilisation de l'ONU en Haïti) à la tribune de l'ONU, et estime que
" le pays a besoin d'une force publique pour assurer la sécurité des bâtiments
publics, de nos frontières et de notre environnement ".
Le président a également écarté toute approche politique dans le dossier des
conseillers électoraux qui se refusent à répondre aux invitations du Parquet
de Port-au-Prince. M. René Préval explique cette action se situe dans les
limites de la loi. Le président de la République a plaidé pour un amendement
de la Constitution du 29 mars 1987 qui constitue, selon lui, une source d'instabilité
avec les multiples élections qu'elle exige.
22 septembre 2007
.
LA CENSURE LÉGISLATIVE ET LE RENVOI DU MINISTRE DE
LA CULTURE
DANIEL ELIE INFIRMÉS PAR L'ENQUETE DE LA COUR SUPERIEURE DES COMPTES
ET DU CONTENTIEUX ADMINISTRATIF
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) et l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) ont disculpé le Ministre de la Culture et de la Communication, Daniel Elie, renvoyé du gouvernement, sous des accusations de corruption qui aurait justifié sa censure le 31 juillet dernier par la Chambre des députés.
Les conclusions des rapports d’enquête de ces deux entités chargées de la vérification des comptes des organismes de l’Etat et de la gestion des comptables de deniers publics, sont citées dans deux correspondances du Président René Préval, adressée vendredi, l’une, au Ministre démissionnaire pour le féliciter de sa gestion ; l’autre, au Président de la Chambre basse, Pierre Eric Jean Jacques, pour exhorter le Parlement à « ne pas exposer à la dérision, sous peine de les rendre inopérants, les moyens donnés par la Constitution et la Loi » .
Pour la
CSCCA, "les rapports financiers concernant l’organisation du Carnaval
2007 présentent fidèlement les transactions financières effectuées par le
Ministère ". L’une des principales justifications du vote de censure
du 31 juillet concernait justement la « mauvaise gestion » par Daniel
Elie des fonds alloués pour l’organisation des festivités carnavalesques de
cette année. La CSCCA indique « la vérification n’a révélé aucune irrégularité
majeure pouvant être qualifiée de malversation, de détournement ou de vol
de nature à engager la responsabilité de l’ordonnateur ».
Pour l’ULCC, « à la lumière des dispositions des articles 137 et suivants
du Code pénal haïtien réprimant la corruption, et des articles 6 et 9 de la
Convention Interaméricaine contre la Corruption, les faits relatés par les
personnes rencontrées dans le cadre de l’enquête ne constituent pas l’infraction
de corruption en ce qui concerne M. Daniel Elie ». Et le rapport de l’ULCC
d’ajouter, « quant aux autres dépenses, la vérification des pièces justificatives
et de la documentation disponibles au Ministère n’a pas permis de déceler
ni agrément d’offres ou de promesses, ni réception de dons ou de présents
de la part du Ministre ou d’un membre de l’administration pour faire un acte
de leur fonction non sujet à salaire ».
Fort des
conclusions des deux rapports, le chef de l’Etat qui, dès le vote de censure
contre M. Elie, avait clairement manifesté sa sympathie à son endroit, se
réjouit de le voir disculpé des accusations qui avaient été portées à tort
contre lui, selon les propres termes du Président Préval, « Vous pouvez
donc, maintenant, partir le cœur léger, avec la satisfaction d’avoir exercé
votre fonction de Ministre avec dévouement, compétence et intégrité. Pour
ma part, je vous renouvelle mes remerciements d’avoir accepté de faire partie
de l’équipe gouvernementale et de vous être montré à la hauteur de la confiance
que le Premier Ministre et moi avions placée en vous », conclut René Préval
dans sa correspondance à Daniel Elie.
Au Président de la Chambre basse, le Chef de l’Etat exprime avec clarté à
la fois sa « détermination à combattre la corruption », mais tout aussi bien
son souci d’éviter que ceci ne donne lieu à des injustices pouvant avoir pour
conséquences fâcheuses « de porter des citoyens honnêtes, compétents
et sérieux à refuser de se mettre au service de leur pays, en se persuadant
que l’Etat ne peut être habité que par des malveillants et des médiocres ».
«
Le combat que je conduis, en ma qualité de Président de la République, est
un combat pour "restaurer au serviteur de l’Etat son respect et sa
dignité, vis-à-vis de nos concitoyens d’abord et vis-à-vis du monde ensuite
», souligne M. Préval à l’attention du Président de la Chambre des députés.
« Cela demande que chaque serviteur de l’Etat soit extrêmement exigeant
avec lui-même, parce que la loi ne sera pas indulgente avec lui », ajoute-t-il.
« Cela demande aussi que les droits de ceux qui se mettent au service de
l’Etat soient respectés et que l’Etat lui-même assure à chacun de ses serviteurs
une protection conséquente lorsque des actions ou des agressions immotivées
ou fantaisistes viendraient mettre en cause la personne ou l’intégrité de
ce serviteur », conclut la correspondance du Chef de l’Etat au Président
de la Chambre basse.
Le 3 août 2007, soit deux jours après son renvoi par la Chambre basse, Daniel Elie avait officiellement sollicité une enquête sur sa gestion. Le 9 août, il avait présenté sa démission au Chef de l’Etat. Le 13 août René Préval lui avait donné la garantie que l’enquête allait être diligentée. Du même coup, il lui avait officiellement demandé de liquider les affaires courantes jusqu’à nouvel ordre, ce qu’il fait effectivement depuis le 31 juillet
Dans
ces conditions comment seront réparés les préjudices
matériels et moraux causés sans justification dans des conditions
pareilles.
Il semblerait plus judicieux qu'avant d'interpeler et de censurer on se renseigne
en consultant les organes compétents pour enquêter sur le sujet.
22 mai 2007
René
Préval décrète la guerre contre la corruption
Lourde tâche, bon courage quand même!
Intervenant
à l’occasion de la cérémonie commémorative de la fête du drapeau, le président
René Préval a donné le coup d’envoi d’une grande bataille contre la corruption
estimant que les corrupteurs et les corrompus sont des traîtres envers la
patrie. Ceux qui participent à la corruption sont des ennemis de la patrie
parce qu’ils empêchent le retour des investisseurs a indiqué le chef de l’état
. " Dans nos rangs point de traites, dit notre hymne national, les traitres
de 1804 étaient des ennemis de la liberté alors que les traites de 2007 sont
des ennemis de l’égalité", indique le chef de l’état pour qui la lutte
d’aujourd’hui consiste à favoriser l’égalité entre les haïtiens. A l’occasion
du 204 eme anniversaire de la création du drapeau haïtien, M. Préval affirme
que la lutte pour l’égalité vise à favoriser l’accès à l’éducation et aux
soins de santé pour tous les enfants et la disponibilité de crédit pour les
petites marchandes et les paysans. Selon René Préval l’état doit disposer
de ressources financières pour réaliser des projets aux bénéfices de la population
sans recourir à l’assistance internationale. "
Pour que l’Etat puisse avoir les ressources nécessaires il faut combattre
la corruption, ceux qui participent à la corruption sont des traitres envers
la lutte pour l’égalité, ajoute t-il. Tout en rappelant que la lutte contre
la corruption favorisera la reprise des investissements privés M. Préval souligne
que cette année est décrétée année de lutte contre la corruption. Dans son
discours le chef de l’état a révélé les entreprises et institutions étatiques
gangrenées par la corruption, l’administration des douanes, la Direction générale
des impôts (DGI), la Police Nationale, l’appareil Judiciaire, les mairies,
le parlement, les ministères et le palais national. " Nous comptons mener
une lutte acharnée contre la corruption sous toutes ses formes", indique
t-il.
Le chef de l’état a précisé les différentes formes de corruption, citant
les commerçants impliqués dans la contrebande, les fonctionnaires publics
recevant des pots-de-vin, les policiers qui réclament de l’argent des automobilistes,
les propriétaires de banque qui détournent les fonds des déposants et les
juges qui reçoivent de l’argent pour libérer les inculpés. Dans cette grande
bataille le chef de l’état affirme être le premier soldat étant assuré de
l’appui du gouvernement, du parlement et du peuple haïtien. Tout en étant
sûr de la victoire, le président haïtien rappelle ses armes dans cette guerre,
qui sont l’Unité centrale de lutte contre la Corruption (ULCC), L’Unité Centrale
de Renseignements Financiers (Ucref), la Cour supérieure des comptes et du
contentieux administratif (CSCCA), la commission nationale des marchés publics,
les commissaires du gouvernement, le ministère de la justice, la PNH, la DGI
et l’administration des Douanes.
C'est une tâche pas facile! Le cancer s'est diffusé dans le
corps et l'âme de la nation. C'est déjà positif de le
désigner comme l'ennemi national n°1, celui qui empêche l'existence
d'un Etat normal.
14 avril 2007
Paralysie
de la Chambre des députés par la politique de la "chaise
vide"
selon certains parlementaires
Plusieurs
députés ont dénoncé, mardi 10 avril, le comportement de certains de leurs
collègues qui pratiquent la politique de la chaise vide et paralysent ainsi
le fonctionnement de la chambre des députés. Ce groupe de députés
suggère à l'exécutif de dissoudre la chambre basse si des parlementaires continuent
de faire fi de leurs obligations.
Le député Patrick Domond a estimé anormal que la chambre ne tienne pas régulièrement
ses séances en raison de l'absence de certains de ses pairs. Un autre député,
Acluche Louis Jeune, a fait savoir que la plupart de ses collègues passent
la majeure partie de leur temps a trainer dans les ministères en quête "d'opportunités".
Acluche Louis Jeune a menacé de rendre publique la liste des parlementaires
qui refusent pour une raison ou pour une autre d'assumer leurs responsabilités
afin de les ramener à la raison, a-t-il dit.
Le vice-président du bureau de la Chambre des députés, Marcel Lemeurant, a
lui aussi donné la garantie que des dispositions seront adoptées pour favoriser
la reprise des séances à ladite chambre. M. Lemeurant a appelé ses collègues
à se présenter à leur bureau pour pouvoir examiner a-t-il dit, les nombreux
contrats et projets de loi qui ont été soumis. Nous avons été élus par le
peuple, nous devons travailler pour permettre au pays de tirer profit de cette
législature, a déclaré le député. La politique de la "chaise vide"
est une pratique courante au parlement haitien. Elle est utilisée notamment
pour des raisons politiques ou pour des motifs financiers. (Source: AHP,
10 avril 2007)
22 février 2007
Entretien
accordé par Jean- Bertrand Aristide
Peter Hallward
Peter Hallward, enseigne la philosophie à Middlesex University en Angleterre. Mr. Hallward est l'auteur de "Option Zero in Haiti" , une des meilleures analyses du coup de Février 2004. Son livre "Damning the Flood: Haiti, Aristide and the Politics of Containment" est attendu cet été. (IJDH )
Au
milieu des années 1980, Jean-Bertrand Aristide était un jeune curé travaillant
dans un quartier pauvre et conflictuel de Port-au-Prince. Il devint bientôt
le porte-parole d'un mouvement populaire grandissant contre la série de régimes
militaires qui ont dirigé Haïti après l'effondrement de la dictature des Duvalier
en 1986. En 1990, il gagna les premières élections présidentielles démocratiques
du pays avec 67% des voix. Perçu comme une menace par l'élite
minoritaire dirigeante d'Haïti, il a été renversé par un coup militaire en
Septembre 1991. Les conflits avec cette même élite, appuyée par ses puissants
alliés aux Etats-Unis et en France, ont façonné toute la trajectoire politique
d'Aristide: après une autre victoire écrasante aux élections de 2000, la résistance
de l'élite a finalement culminé dans un deuxième coup contre lui dans la nuit
du 28 février 2004. Aristide vit en exil en Afrique du Sud depuis deux ans.
Peter
Hallward: Haïti est un pays profondément divisé, et vous avez toujours
été un personnage profondément conflictuel. Pour la majorité des nombreux
observateurs sympathisants des années 90, il était facile de comprendre cette
division plus ou moins en fonction des critères de classe: vous étiez considéré
comme un démon par les riches, et idolâtré par les pauvres. Mais, ensuite,
les choses ont commencé à être plus compliquées. A la fin de la décennie,
beaucoup de ceux qui vous appuyaient à l'origine étaient devenus plus sceptiques,
et votre deuxième gouvernement (2001-04) a été accablé par des accusations
de violence et de corruption. Tout en restant le politicien le plus populaire
et le plus digne de confiance pour l'électorat Haïtien, il semblerait que
vous ayez perdu beaucoup du support dont vous jouissiez auprès des ouvriers,
activistes, intellectuels etc., tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Pour
commencer, j'aimerais vous poser des questions sur le processus qui vous a
porté au pouvoir la première fois en 1990. La fin des années 80 a été une
période très réactionnaire dans la politique mondiale, spécialement en Amérique
Latine, comment expliquez-vous donc le fait que, en dépit des circonstances
et certainement à l'encontre des désirs des Etats-Unis, des militaires et
du pouvoir en place en Haïti, vous avez pu gagner les élections de 1990?
Jean-Bertrand Aristide: Une grande partie du travail avait été déjà faite par des personnes qui étaient là avant moi, des personnes comme Père Antoine Adrien et ses collègues, et Père Jean-Marie Vincent, qui a été assassiné en 1994. Ils avaient développé une vision théologique progressiste qui reflétait les espoirs et attentes du peuple haïtien. Déjà, en 1979, je travaillais dans le contexte de la libération théologique, et il y a une phrase en particulier qui peut aider à résumer ma compréhension de la situation à l'époque. La Conferencia de Puebla a eu lieu à Mexico, en 1979, et plusieurs théologiens de la libération ont été menacés et empêchés d'y participer. Le slogan auquel je pense dit quelque chose comme ça : si el pueblo no va a Puebla, Puebla se quedará sin pueblo. Si le peuple ne peut pas aller à Puebla, Puebla sera coupé du peuple. En d'autres mots, il ne s'agit pas de lutter pour le peuple, au nom du peuple, loin du peuple,il s'agit de lutter avec et au milieu du peuple. Ceci se rattache à un second principe: la théologie de libération peut elle, elle-même être une étape dans un plus large processus. L'étape dont nous devons d'abord parler au nom des pauvres et des opprimés prend fin lorsqu'ils commencent à parler de leurs propre voix et avec leurs propres mots. Tout le processus nous emmène loin du paternalisme, de toute notion d'un "sauveur" qui pourrait venir guider le peuple et résoudre ses problèmes. L'émergence du peuple comme une force publique organisée avait déjà commencé en Haïti dans les années 80, et en 1986 cette force était assez forte pour chasser le dictature des Duvalier du pouvoir. C'était un mouvement de la base et non un projet pyramidal dirigé par un leader unique ou une seule organisation. Il n'était pas non plus exclusivement politique. Il s'est surtout développé au travers de la formation, dans tout le pays, de nombreuses petites communautés chrétiennes ou ti legliz. Ce sont ces dernières qui jouèrent un rôle historique déterminant. Lorsque j'ai été élu président, il ne s'agissait pas de l'élection d'un politicien, ou d'un parti politique conventionnel, c'était l'expression de la mobilisation du peuple entier. Pour la première fois, le palais national était devenu un lieu non seulement pour les politiciens professionnels mais aussi pour le peuple. Accueillir des gens venant des secteurs les plus pauvres de la société haïtienne au coeur du centre du pouvoir traditionnel, a été un geste profondément transformateur.
PH: Le coup de septembre 1991 a eu lieu malgré le fait que les politiques que vous appliquiez une fois au pouvoir étaient relativement modérées et prudentes. Le coup était-il donc inévitable? Est-ce que la seule présence de quelqu'un comme vous au palais présidentiel était inacceptable pour l'élite Haïtienne? Dans ce cas, était-il possible de faire plus pour anticiper et essayer de résister aux répercussions brutales?
JBA: Ce qui arriva en septembre 1991 arriva aussi en février 2004, et pourrait facilement arriver encore, aussi longtemps que l'oligarchie qui contrôle les moyens de répression, les utilise pour préserver une version creuse de la démocratie. Leur obsession est de maintenir une situation que l'on pourrait appeler "démocratique", mais qui au fond ne consiste qu'en une démocratie superficielle et importée, imposée et contrôlée d'en haut. Ils ont pu garder les choses ainsi pendant longtemps. Haïti est indépendante depuis 200 ans, mais nous vivons maintenant dans un pays où près d'un pourcent de la population contrôle plus de la moitié de la richesse.
PH: Malgré sa force, le mouvement populaire qui vous a porté à la présidence n'a pas pu vous maintenir au pouvoir, face à la violence qu'il provoquait. On vous compare parfois à Toussaint L'Ouverture, qui a eu des victoires extraordinaires sous des contraintes extraordinaires - mais Toussaint est aussi souvent critiqué pour n'avoir pas pu aller plus loin. C'est Dessalines qui a mené la dernière bataille pour l'indépendance. Que répondez-vous à ceux qui disent que vous étiez trop modéré, que vous avez agi comme Toussaint dans une situation qui exigeait un Dessalines? Que dites-vous à ceux qui affirment que vous avez fait trop confiance aux Etats-Unis et à ses alliés domestiques?
JBA: " Trop de confiance aux Etats- Unis ", cela me fait sourire. Toussaint L'Ouverture, en tant qu'homme, avait ses limites. Mais, il a fait tout ce qui était possible, et en réalité, il n'a pas échoué. Il a été capturé, emprisonné et tué; mais son exemple et son esprit nous guident toujours. Aujourd'hui, la lutte du peuple haïtien est le prolongement de cette campagne pour la dignité et la liberté. Ces deux dernières années, de 2004 à 2006, les haïtiens ont continué à défendre leur dignité et ont refusé de capituler. Le 6 juillet 2005, Cité Soleil a été attaqué et bombardé, mais ceci, et les nombreuses autres attaques similaires, n'ont pas découragé le peuple dans la lutte pour faire entendre sa voix. Ils ont dénoncé l'injustice. Ils ont voté pour leur président en février dernier; ils n'accepteront pas l'imposition d'un autre président venant de l'étranger ou d'en haut. Cette simple insistance pour leur dignité est en elle-même un moteur de changement historique. Le peuple veut être le sujet de son histoire et non en être l'objet. Ceci ne veut pas dire que le succès est inéluctable ou facile, que des intérêts puissants n'essaieront pas de tout faire pour revenir en arrière. Néanmoins, quelque chose d'irréversible s'est passée, quelque chose qui fait son chemin à travers la conscience collective. C'est la signification de la célèbre déclaration de Toussaint lorsqu'il avait été capturé par les français, à savoir qu'ils ont coupé le tronc de l'arbre de la liberté, mais qu'il repoussera parce que ses racines sont profondes et nombreuses. Notre lutte pour la liberté rencontrera beaucoup d'obstacles, mais elle ne sera pas déracinée. En ce qui concerne Dessalines, il a mené une lutte armée, nécessaire, puisqu'il devait casser les chaînes de l'esclavage définitivement. Mais notre lutte est différente. C'est Toussaint, et non Dessalines, qui peut accompagner le mouvement populaire d'aujourd'hui. C'est cette inspiration qui a donné la victoire aux élections de février 2006, qui a permis au peuple de déjouer ses adversaires, de choisir son propre chef à l'encontre de la volonté des autorités en place. Avons-nous fait trop confiance aux américains? Etions-nous trop dépendants des forces extérieures? Non. Ce serait de la pure démagogie de la part d'un président haïtien de prétendre être plus fort que les américains, ou de s'engager dans une guerre constante de mots, ou de s'opposer à eux par pur plaisir. La seule manière rationnelle de procéder est de bien penser à l'équilibre relatif entre les intérêts, de comprendre ce que les américains veulent, de leur rappeler ce que nous voulons, et de tirer parti des points de convergence qui existent. En 1994, Clinton avait besoin d'un succès en politique étrangère, et un retour à la démocratie en Haïti lui offrit cette opportunité; nous avions besoin d'un moyen pour vaincre la résistance de l'armée criminelle haïtienne, et Clinton nous offrit ce moyen. Nous ne nous étions jamais fait d'illusions en pensant que les Américains partageaient nos objectifs fondamentaux. Mais sans eux, nous n'aurions pas pu restaurer la démocratie.: Il n'y avait aucune autre solution que le recours aux troupes américaines? JBA: Non. Le peuple haïtien n'est pas armé. Il y a des criminels et des vagabonds, des trafiquants de drogue, des gangs armés, mais le peuple n'a pas d'armes. Vous vous trompez si vous pensez que le peuple peut mener une lutte armée. Il est inutile de mener une lutte sur le terrain de vos ennemis, ou de jouer leur jeu. Vous perdrez.
PH: Avez-vous payé trop cher pour le support des américains? Ils vous ont poussé à faire toutes sortes de compromis, à accepter beaucoup des choses auxquelles vous étiez opposées : un plan d'ajustement structurel strict, des politiques économiques néo-libérales, la privatisation des entreprises publiques etc. Le peuple haïtien a beaucoup souffert à cause de ces contraintes. Il a dû être très difficile d'avaler ces choses pendant les négociations de 1993.
JBA:En 1993, les Américains ont accepté avec plaisir un plan économique négocié. Lorsqu'ils ont insisté, à travers le FMI et d'autres institutions financières internationales, sur la privatisation des entreprises publique, j'étais prêt à approuver le principe - mais j'ai refusé tout simplement de les vendre, sans conditions, à des investisseurs privés. L'existence de la corruption était indéniable dans le secteur public, mais il y avait plusieurs façons d'aborder la question. Plutôt qu'une privatisation effrénée, j'étais prêt à accepter une démocratisation de ces entreprises, pour qu'une partie des bénéfices d'une usine ou d'une entreprise puissent aller aux personnes qui y travaillent, être investie dans des écoles ou des cliniques de santé environnantes, pour que les enfants des travailleurs puissent tirer des bénéfices de leur travail. Les américains ont dit très bien, il n'y a aucun problème. Mais, une fois que je suis revenu au pouvoir, ils avaient déjà prévu de renégocier les conditions de la privatisation. Ils revinrent sur notre accord, et s'appuyèrent sur une campagne de désinformation pour faire comme si c'était moi qui avait manqué à ma parole. Ceci n'est pas vrai. Les accords que nous avons signés sont là, les gens peuvent en juger par eux-mêmes. Malheureusement, nous n'avions pas les moyens de gagner la bataille des relations publiques.
PH: Qu'en est-il de votre bataille avec l'armée haïtienne, cette armée qui vous a renversé en 1991? Les Américains ont reformé cette armée dans le sens de leurs propres priorités en 1915, et ils ont toujours intervenu depuis lors pour la protection de ces priorités. A peine quelques mois après votre retour en 1994, vous aviez réussi à la démanteler, mais la façon dont vous l'avez fait demeure un sujet à controverse, et vous n'avez jamais pu complètement démobiliser et désarmer les soldats eux-mêmes.
JBA: Nous avions une armée de quelques 7.000 soldats, et elle absorbait 40% du budget national. Depuis 1915, elle servait comme une armée d'occupation interne. Elle n'a jamais lutté contre un ennemi extérieur. Elle a tué des milliers de gens du peuple. Pourquoi avions-nous besoin d'une telle armée, plutôt que d'une force de police convenablement entraînée? Nous avons organisé un programme social pour la réintégration des militaires démobilisés. Ils ont eux aussi le droit de travailler, et l'Etat a la responsabilité de respecter ce droit - d'autant plus que vous saviez que s'ils ne trouvaient pas de travail, ils seraient plus facilement tentés d'avoir recours à la violence ou au vol, comme l'avaient fait les Tontons Macoutes. Nous avons fait notre possible. Le problème vient du mécontentement de ceux qui étaient déterminés à préserver le statu quo. Ils avaient beaucoup d'argent et beaucoup d'armes, et ils travaillaient main dans la main avec la machine militaire la plus puissante de la terre. Il était facile pour eux de convaincre quelques anciens soldats, de les entraîner et de les équiper en République Dominicaine pour déstabiliser le pays. Mais, cela n'a pas été une erreur de démanteler l'armée. Ce n'est pas comme si nous aurions pu éviter le deuxième coup en 2004, si nous nous y étions accrochés. Au contraire, si l'armée était restée en place, René Préval n'aurait jamais terminé son premier mandat (1996-2001), et je n'aurais certainement pas pu tenir pendant trois ans de 2001 à 2004. Contrairement aux coups précédents, le coup de 2004 n'a pas été l'oeuvre de l'" armée " haïtienne, agissant sous les ordres de notre petite oligarchie, conformément aux intérêts des puissances étrangères. Non, cette fois-ci ces intérêts tout-puissants ont du faire le travail eux mêmes, avec leurs propres troupes et en leur propre nom.
PH: Est-ce que la création du Parti Fanmi Lavalas en 1996 a joué un rôle similaire, en aidant à clarifier les lignes de conflit interne qui avait déjà fracturé la coalition peu structurée des forces qui vous avaient porté au pouvoir la première fois? Pourquoi y avait-il de si profondes divisions entre vous et quelques uns de vos anciens alliés? Pour ainsi dire tout le premier gouvernement de Préval a été affecté par des rivalités. Avez-vous alors essayé de créer un parti unifié et discipliné, un parti qui pouvait produire un programme politique cohérent?
JBA: Non, cela ne s'est pas passé ainsi. En premier lieu, par formation et par inclination, j'étais un professeur et non pas un politicien. Je n'avais aucune expérience des partis politiques, et j'étais content de laisser aux autres la tâche de développer une organisation politique, de former les membres du parti, et autres. Déjà, en 1991, j'étais content de laisser tout ceci à des politiciens de carrière, à des personnes comme Gérard Pierre-Charles, et à d'autres, avec qui il avait commencé à travailler en ce sens tout de suite après la retour de la démocratie. Il nous a aidé à créer l'Organisation Politique Lavalas (OPL) et j'ai encouragé certaines personnes à le joindre. Ce parti avait gagné les élections de 1995, et à la fin de mon mandat en février 1996, il avait la majorité au Parlement. Mais après les élections, l'OPL tomba dans les caractéristiques et les coutumes traditionnels de la politique haïtienne. Il s'est refermé sur lui-même, s'est éloigné du peuple, et était plus enclin à faire des promesses vides. Je n'étais plus au pouvoir, et je suis resté à l'écart. Mais un groupe de prêtres impliqués dans le mouvement Lavalas sont devenus frustrés, et ont voulu restaurer un vrai lien avec le peuple. A ce époque (en 1996), ceux qui étaient de cet avis, et qui étaient mécontents de l'OPL, formaient un groupe connu sous le nom " la nébuleuse " - ils étaient dans une position incertaine et confuse. Avec le temps, le nombre de personnes de plus en plus mécontentes ne cessait d'augmenter. Nous nous sommes engagés dans de longues discussions sur ce qui devait être fait, et Fanmi Lavalas est né de ces discussions. Le peuple lui a donné naissance lui-même. Il n'a jamais été conçu comme un parti politique conventionnel. Si vous regardez à travers la constitution de l'organisation, vous verrez que mot "parti " n'y est jamais mentionné. En Haïti, nous n'avons aucune expérience positive de partis politiques; les partis ont toujours été des instruments de manipulation et de trahison. D'un autre côté, nous avons une longue et positive expérience d'organisations populaires - les ti legliz, par exemple. " J'ai laissé le pouvoir en 1996. En 1997, Fanmi Lavalas avait émergé comme une organisation fonctionnelle, dotée d'une constitution claire. C'était déjà un grand pas en avant. Au premier congrès de Fanmi Lavalas, nous avons voté et approuvé le programme inscrit dans notre Livre Blanc : Investir dans l'humain. Ce programme n'est pas sorti de rien. Pendant près de deux ans, nous avons tenu des réunions avec des ingénieurs, des agronomes, des médecins, des professeurs et autres. Nous avons écouté et discuté des mérites de différentes propositions. C'était un processus collectif. Et comme l'a même reconnu la Banque Mondiale, c'était un plan cohérent pour la transformation du pays. Ce n'était pas un paquet de promesses vides. Malgré l'embargo sur l'aide, nous avons réussi à réaliser certaines choses. Nous avons pu investir dans l'éducation, par exemple. En 1990, il y avait seulement 34 écoles secondaires en Haïti; en 2001, il y en avait 138. Nous avons construit une nouvelle université à Tabarre, une nouvelle école de médecine. Bien que disposant de moyens restreints, le programme d'alphabétisation a été lancé en 2001 et marchait bien aussi; les experts cubains qui nous ont aidé à le gérer, étaient confiants qu'en Décembre 2004 nous aurions réduit le taux d'analphabétisme chez les adultes à 15%, une petite fraction de ce qu'il était dix ans avant. Les gouvernements précédents n'avaient jamais essayé sérieusement d'investir dans l'éducation, et il est clair que notre programme allait constituer une menace pour le statu quo. L'élite ne veut pas entendre parler d'éducation populaire, et cela, pour des raisons évidentes.
PH: Fanmi Lavalas a dûment gagné une victoire écrasante dans les élections législatives de mai 2000, avec environ 75% des voix. Personne n'a contesté la transparence et la légitimité de cette victoire. Mais vos ennemis aux Etats-Unis et chez vous ont vite attiré l'attention sur le fait que la méthode utilisée de comptage des voix nécessaires pour gagner des sièges au Sénat au premier tour (c'est-à-dire sans qu'il soit nécessaire d'un deuxième tour entre les deux candidats les plus populaires) était du moins un sujet de controverse pour ne pas dire illégitime. Ils ont sauté sur cette technicité pour semer le doute sur la validité de la victoire électorale elle-même, et l'ont utilisée pour justifier une suspension de l'aide et des prêts internationaux. Tout de suite après le début de votre deuxième mandat (en février 2001), les vainqueurs des élections pour ces sièges ont été persuadés d'abandonner leurs sièges, en attendant un deuxième tour des élections. Mais un an s'était déjà écoulé; n'aurait-il pas été mieux de résoudre le problème plus rapidement, pour éviter de donner aux américains un prétexte pour saboter votre pouvoir avant même qu'il ne débute?
JBA: Vous dites que nous " avons donné " un prétexte aux américains. En réalité, les américains ont créé leur propre prétexte, et si ce n'était pas ça, cela aurait été quelque chose d'autre. Il a fallu aux Etats- Unis 58 ans pour reconnaître l'indépendance d'Haïti. Leurs priorités n'ont pas changé, et la politique américaine d'aujourd'hui est plus au moins conforme à ce qu'elle a toujours été. Le coup de septembre 1991 a été fait avec l'aide du gouvernement américain, et en février 2004, c'est arrivé a nouveau, grâce à beaucoup de ces mêmes personnes. Les Etats-Unis avaient beaucoup de difficulté pour persuader les autres chefs de la CARICOM à prendre position contre nous (beaucoup d'entre eux n'ont jamais réussi à être persuadés), et il leur fallait un prétexte qui était facile à comprendre. Des " élections truquées ", c'était la carte d'atout à jouer. Mais, lorsqu'ils sont venus observer les élections, ils ont dit " très bien, aucun problème ": le processus était qualifié de pacifique et juste. Ensuite, lorsque les résultats ont été proclamés, pour saper notre victoire, ils ont questionné le mode de comptage des voix. Mais, je n'avais rien à voir avec cela. Je n'étais pas un membre du gouvernement, et je n'avais aucune influence sur le Conseil Electoral Provisoire, qui seule avait l'autorité de décider dans ces cas. Le CEP est un organisme souverain et indépendant. Ensuite, une fois que j'ai été réélu, et que les américains ont demandé que je révoque ces sénateurs, quelle devait être mon attitude? La constitution ne donne pas au président la prérogative de révoquer des sénateurs qui avaient été élus conformément au protocole décidé par le CEP. Pouvez-vous imaginer une situation comme celle là aux Etats-Unis? Que se passerait-il si un gouvernement étranger insistait pour que le président révoque un sénateur élu? C'est absurde. La situation est tout simplement raciste; ils imposent des conditions qu'ils n'envisageraient jamais d'imposer sur un pays "légalement " indépendant, sur un pays blanc. Les américains ont voulu utiliser le législatif contre l'exécutif. Ils espéraient que je serais assez stupide pour insister sur la révocation des sénateurs. J'ai refusé. En 2001, dans un geste de bonne volonté, les sénateurs ont choisi de démissionner en partant du principe qu'ils contesteraient de nouvelles élections aussitôt que l'opposition serait prête à y participer. Mais les américains n'ont pas réussi à faire charger d'avis le Sénat et le parlement contre la présidence, et il était devenu rapidement évident que l'opposition n'avait aucun intérêt dans de nouvelles élections. Une fois que cette tactique échoua, les Etats-Unis ont recruté ou acheté quelques têtes brûlées dont Dany Toussaint et compagnie, et les ont utilisées, un peu plus tard, contre la présidence.
PH: Entre temps dans la presse, on vous présentait non pas comme le vainqueur incontesté d'élections légitimes mais comme un autocrate de plus en plus tyrannique.
JBA: Exactement. Une grande partie des $200 millions environ destinés à l'aide au développement qui avaient été suspendus lorsque nous avons gagné les élections en 2000, a été détournée vers une campagne de propagande et de déstabilisation contre notre gouvernement et contre Fanmi Lavalas.
PH: Tout de suite après la proclamation des résultats en mai 2000, le chef du CEP, Léon Manus, quitta le pays, déclarant que les résultats étaient invalides et que vous et Préval aviez mis de la pression sur lui pour calculer les voix d'une façon particulière. Pourquoi s'est-il rangé du côté américain?
JBA: Bon, je ne veux pas juger Léon Manus, je ne sais pas ce qui s'est passé exactement. Mais je pense qu'il a agi de la même façon que quelques leaders du Groupe 184. Ils sont redevables à un patron, un boss. Le boss est américain, un américain blanc; et ils sont noirs (sic). Ne sous-estimez pas le complexe d'infériorité qui souvent encore conditionne ces relations. Vous êtes noir, mais parfois vous vous sentez plus blanc que blanc, si vous êtes disposés à vous mettre à genou devant le blanc. C'est un héritage psychologique de l'esclavage: mentir pour l'homme blanc n'est pas mentir, puisque les hommes blancs ne mentent pas [rires]. Comment les hommes blancs pourraient-ils mentir. Ils sont les civilisés. Si je mens pour les blancs, je ne me mens pas vraiment. Je ne fais que répéter ce qu'ils disent. Donc, je ne sais pas, mais j'imagine que Léon Manus s'est ainsi senti lorsqu'il a répété le mensonge qu'ils voulaient qu'il répète. N'oubliez pas que son voyage hors du pays a commencé dans un véhicule aux plaques diplomatiques, et il est arrivé à Saint Domingue dans un hélicoptère américain. Qui a accès à ce genre de transport?
PH: Pourquoi ces gens manifestaient-ils une hostilité aussi farouche contre vous et votre gouvernement? Il y a quelque chose de bizarre et drôle dans les positions adoptées par la prétendue "Convergence Démocratique", et plus tard, par le "Groupe 184", et par des gens comme Gérard Pierre-Charles. Ils ont refusé tout compromis, ils ont insisté sur toutes sortes de conditions déraisonnables avant même de considérer de prendre part à un second tour des élections. Les américains eux-mêmes semblaient exaspérés de leur attitude, mais n'ont pas fait d'effort vraiment pour les rappeler à l'ordre.
JBA: Cela n'a jamais été a mon propos, cela n'avait rien à voir avec moi en tant qu'individu. Ils détestent et méprisent le peuple. Ils refusent absolument de reconnaître que tous les hommes sont égaux. Donc, ce comportement s'explique en partie par le fait qu'ils veulent se réassurer eux-mêmes qu'ils sont différents. Il est essentiel qu'ils se considèrent supérieurs aux autres. C'est une partie du problème, et ce n'est pas simplement un problème politique. Je suis convaincu qu'il est lié à l'héritage esclavagiste, à un mépris qui a été hérité pour le peuple, pour les petits nègres. C'est la psychologie de l'apartheid: il est mieux de se mettre à genoux avec les blancs que d'être côte à côte avec les noirs. Ne sous-estimons pas la profondeur de ce mépris. L'une des premières choses que nous avons fait en 1991 a été l'abolition de la catégorisation de "paysans ", sur les actes de naissance, des personnes nées hors de Port-au-Prince. Ce genre de catégorisation, et toutes sortes d'autres choses du même genre, servait à maintenir un système d'exclusion rigide. Il servait à tenir les gens à l'écart, de les traiter comme moun andeyò - gens du dehors. Les gens clandestins. C'est ce que j'entends par la mentalité d'apartheid, et elle ne date pas d'hier.
PH: Qu'en est il de votre propre volonté de travailler avec des gens compromis par leur passé, par exemple, l'inclusion d'anciens Duvaliéristes dans votre deuxième gouvernement? Est ce que cela été une décision facile à prendre?
JBA: Non, cela n'a pas été facile, mais, je l'avais vu comme un mal nécessaire. Prenez Marc Bazin, par exemple. Il a été ministre des finances sous Jean-Claude Duvalier. Je me suis tourné vers Bazin parce que mes opposants de la Convergence Démocratique, de l'OPL et autres, refusaient de participer au gouvernement.
PH: Vous étiez sous pression pour former un gouvernement de consensus, d'unité nationale, et vous avez approché des personnes de la Convergence d'abord?
JBA: Oui, et cela ne m'a mené nulle part. Leur objectif était de bloquer tout le processus, et ils ont dit non immédiatement. Je voulais former un gouvernement démocratique, par conséquent, j'avais décidé de le rendre aussi inclusif que possible dans les circonstances. Puisque la Convergence ne voulait pas y participer, j'ai invité des personnes venant des secteurs qui avaient peu ou pas de représentation au parlement à avoir une voix dans le gouvernement, à occuper quelques positions ministérielles et à garder un équilibre entre les branches législatives et exécutives du gouvernement.
PH: Cela a du être très controversé. Bazin a non seulement travaillé pour Duvalier, mais aussi il a été votre adversaire en 1990.
JBA: Oui, c'était controversé, mais je n'avais pas pris la décision seul. Nous en avons longuement discuté, nous avons tenu des réunions, pour trouver des compromis. Certains étaient pour, d'autres contre, et à la fin, il y a eu une majorité qui était d'accord sur le fait que nous ne pouvions pas travailler seuls, que nous avions besoin de démontrer notre volonté et notre capacité de travailler avec des gens qui clairement n'étaient pas pro-Lavalas. Nous avions déjà publié un programme politique bien défini, et s'ils étaient disposés à coopérer sur un aspect ou un autre, nous étions alors disposés à travailler avec eux.
PH: On vous a souvent accusé d'être intolérant à l'égard de la dissidence, d'être déterminé à imposer votre volonté. Mais que répondez-vous à ceux qui avancent que le vrai problème était juste le contraire, que vous étiez trop tolérant? Vous avez permis à d'anciens soldats de demander ouvertement et à maintes reprises la reconstitution de l'armée. Vous avez permis aux dirigeants autoproclamés de la " société civile " de tout faire pour renverser votre gouvernement. Vous avez permis à des stations de radio de soutenir une campagne féroce de désinformation. Vous avez permis toutes sortes de manifestations, demandant votre départ, d'avoir lieu jour après jour, et bon nombre des manifestants étaient financés et organisés directement par vos ennemis aux Etats-Unis.
JBA: Bon, c'est ce qu'exige la démocratie. Ou bien vous permettez l'expression libre d'opinions diverses ou bien vous ne le permettez pas. Si les gens ne sont pas libres de manifester et de faire entendre leurs revendications, il n'y a pas de démocratie. Je savais que nous étions en position de force au parlement, et que la grande majorité du peuple était derrière nous. Une petite minorité s'opposait à nous. Leurs connections avec l'étranger, leurs intérêts commerciaux et autres, les ont rendu puissants. Toutefois, ils avaient le droit de protester, de formuler leurs demandes, comme tout le monde.
PH: L'accusation la plus grave et la plus fréquente portée contre vous par les manifestants, et reprise par les critiques à l'étranger est que vous avez eu recours à la violence pour vous accrocher au pouvoir, que, lorsque la pression sur votre gouvernement a augmenté, vous avez commencé à vous appuyer sur des gangs armés des bidonvilles, appelés " chimères ", et que vous les avez utilisés pour intimider, et dans certains cas, assassiner vos opposants.
JBA: Dès que vous regardez rationnellement ce qui se passait, ces accusations sont loin de tenir debout. Plusieurs choses doivent être prises en compte. D'abord, la police travaillait sous un embargo depuis plusieurs années. Nous ne pouvions pas acheter des gilets pare-balles ou des bonbonnes de gaz lacrymogène. La police était très mal équipée, et était souvent incapable de contrôler une manifestation ou une confrontation. Certains de nos opposants, certains des manifestants, qui cherchaient à provoquer des confrontations violentes, le savaient parfaitement bien. Il était de notoriété public que pendant que la police avait épuisé ses punitions et ses réserves. Des armes lourdes étaient passées en contrebande à nos adversaires au travers de la République dominicaine. Le peuple le savait aussi, le comprenait et s'en inquiétait. Ils ont commencé à être nerveux, avec raison. Les provocations augmentaient, et on enregistrait des actes isolés de violence. Cette violence, était-elle justifiée? Non. Je l'ai condamnée. Je n'ai pas arrêté de la condamner. Mais avec les moyens limités à notre disposition, comment pouvions nous prévenir les flambées de violence? Il y avait beaucoup de provocation, beaucoup de colère, et il n'y avait aucun moyen pour nous de faire en sorte que chaque citoyen refuse la violence. Mais, il n'y a jamais eu d'encouragement délibéré à la violence, il n'y a jamais eu de recours délibéré à la violence. En ce qui concerne les " chimères ", ceci est clairement une autre expression de notre mentalité d'apartheid, le mot dit tout. Les " Chimères " sont des gens qui sont pauvres, qui vivent dans un état de grande insécurité et de chômage chronique. Ils sont les victimes d'une injustice structurelle, d'une violence sociale systématique. Et ils se retrouvent parmi les gens qui ont voté pour ce gouvernement, qui ont apprécié ce que le gouvernement faisait ou avait fait, malgré l'embargo. Ce n'est pas surprenant qu'ils doivent confronter ceux qui ont toujours bénéficié de cette même violence sociale, lorsqu'ils ont commencé activement à saboter leur gouvernement. Encore une fois, ceci ne justifie pas des actes de violence occasionnels, mais où se trouvait la vraie responsabilité? Qui sont les vraies victimes de la violence ici? Combien de membres de l'élite, combien de membres des nombreux partis de l'opposition ont été tués par les chimères? Combien? Qui sont-ils? Pendant ce temps certain des intérêts économiques puissants étaient heureux de financer des gangs criminels, d'armer des vagabonds, à Cité Soleil et ailleurs, en vue de créer du désordre et d'en rejeter le blâme sur Fanmi Lavalas. Ces mêmes personnes ont aussi payé des journalistes pour présenter la situation d'une certaine façon, et entre autres choses, leur ont promis des visas -récemment, quelques uns d'entre eux, qui vivent en France maintenant, ont admis qu'on leur avait quoi dire, pour pouvoir obtenir leur visa. Donc, vous avez des personnes qui finançaient la désinformation d'un côté, et la déstabilisation d'un autre, et qui encourageaient de petits groupes de truands à semer la panique dans les rues, pour créer l'impression que le gouvernement perdait le contrôle de la situation. Comme si cela ne suffisait pas, au lieu de permettre aux munitions de la police de parvenir en Haïti, au lieu d'envoyer les armes et les équipements pour renforcer le gouvernement, les américains les ont envoyé à leurs représentants en République Dominicaine. Vous n'avez qu'à regarder qui étaient ces gens - des personnes comme Jodel Chamblain, un criminel reconnu coupable par la justice, qui s'est échappé de prison pour être accueilli par les Etats-Unis, qui a ensuite armé et financé ces "combattants de la liberté" attendant à la frontière en République Dominicaine. C'est ce qui s'est vraiment passé. Nous n'avons pas armé les "chimères", les Etats- Unis ont armé Chamblain et Philippe. L'hypocrisie est extraordinaire. Ensuite, lorsque nous parlons de 2004-06, soudainement tous les propos indignés contre la violence se sont tus. Comme si rien ne s'était passé. On entassait des gens dans des conteneurs et on les jetait à la mer. Cela ne comptait pas. Les innombrable attaques sur Cité Soleil, elles ne comptaient pas non plus. Et je pourrai continuer longtemps. Des milliers de personnes sont mortes. Mais, elles ne comptent pas, parce qu'elles ne sont que des " chimères " après tout.
PH: Si on parlait des personnes de votre entourage comme Dany Toussaint, votre ancien chef de sécurité, qui a été accusé de toutes sortes de violence et d'intimidation?
JBA: Il travaillait pour eux dès le début, et nous nous sommes laissés prendre. Bien sûr je le regrette. Mais, il n'a pas été difficile pour les américains ou leurs représentants d'infiltrer le gouvernement, d'infiltrer la police. Nous n'étions pas en mesure de fournir à la police les équipements dont ils avaient besoin, nous pouvions à peine leur payer un salaire convenable. Il était facile pour nos opposants de jeter le trouble, de corrompre quelques policiers. Ceci était incroyablement difficile à contrôler.
PH: Comment puis-je mieux me renseigner sur le rôle de Toussaint dans tout cela? Il n'a pas voulu me parler lors de mon séjour à Port-au-Prince il y a deux mois de ça. Il est curieux que les personnes qui réclamaient son arrestation lorsque vous étiez au pouvoir, ont soudainement décidé de le laisser tranquille, lorsqu'il a pris position contre vous (en décembre 2003), et lorsqu'ils étaient eux-mêmes au pouvoir. Mais, pouvez-vous prouver qu'il travaillait
JBA: Ce ne sera pas facile à prouver, je l'admets. Mais, si vous chercher bien pour trouver des preuves, je crois que vous en trouverez. Il y a un proverbe créole qui dit twou manti pa fon: tôt ou tard, la vérité finit par sortir. Il y a beaucoup de choses qui se passaient à l'époque, mais sur lesquelles la lumière a récemment commencé à se faire.
PH: Vous voulez dire des choses comme les éventuels aveux publics, faits au cours de l'année dernière par les chefs rebelles, Remissainthe Ravix et Guy Philippe, sur l'ampleur et la longueur de leur collaboration avec la Convergence Démocratique, avec les américains?
JBA: Exactement. PH: Voyons maintenant ce qui c'est passé en février 2004. Il y a des versions très diverses sur qui s'est passé dans les jours précédents votre expulsion du pays. Les américains insistent que tard dans la journée où vous avez appelé pour demander de l'aide, vous avez subitement paniqué et qu'ils ont été pris de court par l'effondrement rapide de votre gouvernement. Les rebelles bien armées de Guy Philippe avaient réussi à désarmer quelques stations de police isolées, et semblaient contrôler presque toute la partie du nord-ouest du pays. Mais de quel soutien disposaient vraiment les rebelles? Et il y avait sûrement peu de chance qu'ils puissent prendre le pouvoir dans la capitale elle-même, face aux milliers de personnes prêtes à la défendre?
JBA: Il y avait eu des tentatives récentes de coup, un en juillet 2001, lors d'une attaque sur l'académie de police, l'ancienne académie militaire, et une autre quelques mois plus tard, en décembre 2001, lors d'une incursion au palais national. Elle ont échoué, et dans les deux occasions, les rebelles avaient été forcées de quitter la ville. Ils ont juste réussi à s'échapper. Ce n'est pas la police seulement qui les ont poursuivies, mais une coalition entre la police et le peuple. Donc, les rebelles savaient qu'ils ne pouvaient pas prendre Port-au-Prince. Ils pourraient trouver une façon pour rentrer dans la ville, mais il leur serait difficile d'y rester. Donc, ils ont hésité, dans les faubourgs de la ville, à environ 40 kms. Nous n'avions rien à craindre. La balance des forces était en notre faveur. Il y a des occasions où un très grand nombre de personnes sont plus puissantes que des mitraillettes et des armes automatiques. Et Port-au-Prince, une ville où il y a de nombreux intérêts nationaux et internationaux, était différente des zones plus isolées comme Saint-Marc ou Gonaïves. Il n'y avait pas un grand soulèvement : il y avait un petit groupe de soldats, lourdement armés, qui avaient réussi à envahir quelques stations de police, tuer des policiers, et créer certains dégâts. Les policiers étaient à court de munitions, et ne faisaient pas le poids face aux M16 des rebelles. Mais la ville, c'est une autre histoire. Les gens étaient prêts, et je ne m'inquiétais pas. Pendant ce temps, le 29 février, une cargaison de munitions pour la police que nous avions achetés en Afrique du Sud, tout à fait légalement, devait arriver à Port-au-Prince. La question était réglée. Déjà, le rapport des forces n'était pas en faveur des rebelles; en plus de cela, si la police était rétablie dans toute sa capacité opérationnelle, les rebelles n'avaient aucune chance.
PH: Donc, à ce stade, les américains n'avaient pas d'autres options que d'aller vous chercher eux-mêmes dans la nuit du 28 février?
JBA: C'est exact. Ils savaient que dans quelques heures, ils allaient perdre leur opportunité de "résoudre" la situation. Ils ont saisi leur chance pendant qu'ils l'avaient, et nous ont embarqués dans un avion au milieu de la nuit.
PH: Les américains - Ambassadeur Foley, Luis Moreno et compagnie - insistent sur le fait que vous aviez sollicité leur aide, qu'ils avaient dû arranger un vol pour vous mettre en sûreté à la dernière minute. Plusieurs journalistes étaient prêts à soutenir leur version. D'un autre côté, parlant sous le couvert de l'anonymat, un des gardes de sécurité qui étaient dans votre avion ce soir-là a dit au Washington Post, tout de suite après l'événement, que la version des Etats-Unis était un "pur mensonge". Votre chef de sécurité personnelle, Frantz Gabriel, confirme aussi que vous avez été kidnappé ce soir-là par des militaires américains. Qui devons-nous croire?
JBA: Vous faites face à une nation qui était prête et qui a pu, à la face des Nations- Unies et du monde entier, fabriquer des allégations sur l'existence d'armes de destruction massive en Iraq. Ils étaient prêts à mentir sur un problème d'importance internationale. Ce n'est pas surprenant qu'ils aient pu trouver une poignée de personnes pour dire les choses qu'ils voulaient dire en Haïti, dans un petit pays sans grande importance stratégique.
PH: Ils ont dit qu'ils ne pouvaient pas envoyer des soldats de la paix pour aider à stabiliser la situation, mais aussitôt après votre départ, les troupes sont arrivées rapidement.
JBA: Le plan était parfaitement clair.
PH: Il me reste deux dernières questions. En août et en septembre 2005, lors des élections qui ont finalement eu lieu en février 2006, il y avait beaucoup de discussions à l'intérieur de Fanmi Lavalas sur ce qu'il fallait faire. A la fin, la majorité des militants de la base se sont massivement rangés derrière votre ancien collègue, votre " frère jumeau " René Préval, mais quelques membres de la direction du parti ont choisi de se présenter comme candidat eux-mêmes; d'autres étaient même prêts à soutenir la candidature de Marc Bazin. C'était une situation confuse, une situation qui a dû mettre une grosse pression sur l'organisation, mais vous avez gardé votre silence.
JBA: Quand nous avons eu à choisir les candidats aux élections pour Fanmi Lavalas en 1999, les discussions à la Fondation [la Fondation Aristide pour la Démocratie] continuaient souvent tard dans la nuit. Des délégations venaient de partout dans le pays, et des membres des cellules de base discutaient pour et contre. Souvent, il n'était pas facile de trouver un compromis, mais c'est ainsi que le processus fonctionnait. Donc, quand est venu le moment de décider sur un nouveau candidat à la présidence l'année dernière, j'étais confiant que les discussions allaient se passer de la même façon, même si à ce niveau, beaucoup de membres de l'organisation avaient été tués, et tant d'autres se cachaient, étaient en exile ou en prison. Je n'ai fait aucune déclaration dans un sens ou dans l'autre sur ce qu'il fallait faire ou qui supporter. Je savais qu'ils prendraient la bonne décision de leur propre façon. Beaucoup des choses que " j "'ai décidé en tant que président étaient, en réalité, décidées de cette manière: la décision ne venait pas de moi, mais d'eux. Je parlais avec leurs mots.
PH: Comment voyez-vous l'avenir? Que va-t-il se passer dans la future? Peut-il avoir un vrai changement en Haïti sans faire face directement à la question des privilèges de classe et du pouvoir, sans trouver une façon pour venir à bout de la résistance de la classe dominante?
JBA: Nous devrons faire face à ces questions, d'une façon ou d'une autre. La condition sine qua non pour le faire est sans aucun doute la participation du peuple. Une fois que le peuple peut véritablement participer dans le processus démocratique, alors ils pourront trouver un moyen acceptable pour continuer. De toute façon, le processus est irréversible. Il est irréversible au niveau mental. Maintenant les membres des secteurs pauvres de la société haïtienne ont maintenant une expérience de démocratie, et ils n'accepteront pas l'imposition d'un gouvernement ou d'un candidat. Ils l'ont démontré en février 2006, et je sais qu'ils continueront à le démontrer. Tout revient, à la fin, au principe simple que tout moun se moun - chaque homme est un homme, chaque personne est capable de penser par elle-même. Ceux qui n'acceptent pas ce principe, lorsqu'ils regardent les nègres d'Haïti - consciemment ou inconsciemment, c'est ce qu'ils voient - ils voient des gens qui sont trop pauvres, trop grossiers, trop ignorants, pour penser par eux-mêmes. Ils voient des gens qui ont besoin que d'autres décident pour eux. C'est une mentalité de colon, encore très répandue dans notre classe politique. C'est aussi une projection: ils projettent sur les gens le sentiment de leur propre faiblesse, de leur propre inégalité dans les yeux du maître. Donc, même si nous n'avons pas encore de structures et d'institutions démocratiques viables, il y a déjà une conscience démocratique collective, et ceci est irréversible. Février 2006 montre quels sont les acquis, il montre où nous en sommes sur la voie de la démocratie, malgré le coup, malgré deux ans de violence féroce et de répression. Ce que l'on ne sait pas encore c'est le temps que cela prendra. Nous pouvons aller très vite, si à travers leur mobilisation, le peuple rencontre des interlocuteurs disposés à écouter, à dialoguer avec lui. S'il ne les trouve pas, cela prendra plus longtemps. De 1992 à 1994, par exemple, il y avait des gens dans le gouvernement américain qui étaient disposés à écouter plus au moins, et cela avait aidé à faire avancer le processus démocratique. Depuis 2000, nous avons dû négocier avec un gouvernement diamétralement opposé à son prédécesseur, et tout s'est ralenti considérablement, ou est allé à reculons. Le problème n'est pas seulement haïtien. Nous encore devons trouver de nouvelles façons pour réduire ou éventuellement éliminer notre dépendance à l'égard des puissances étrangères.
PH: Quelle est votre prochaine étape personnelle? Je sais que vous espérez toujours retourner en Haïti le plus tôt possible: est-ce qu'il y a des progrès dans ce sens? Quelles sont vos propres priorités maintenant?
JBA: C'est une question de juger du moment opportun, de juger de la sécurité et de la stabilité de la situation. Le gouvernement Sud Africain nous a accueilli comme des invités, et non comme des exilés; en nous aidant si généreusement, ils ont contribué à la paix et à la stabilité en Haïti. Et une fois que les conditions seront favorables, nous y retournerons. Aussitôt que René Préval juge que le moment est opportun, alors je rentrerai. PH: Vous avez aucun plan dans le futur de jouer un rôle quelconque dans la politique?
JBA: On m'a souvent posé cette question et ma réponse reste la même. Il y a différentes façons de servir le peuple. Participer dans la politique de l'état n'est pas la seule manière. Avant 1990, j'ai servi le peuple, en dehors des structures de l'état. Je continuerai à servir le peuple, en dehors des structures de l'état. Ma première vocation était l'enseignement. L'une des grandes réalisations de notre deuxième gouvernement est la construction de l'Université de Tabarre, qui avait été construite entièrement sous embargo mais qui, en termes d'infrastructure, est devenue la plus grande université d'Haïti (depuis 2004, elle est occupée par des troupes étrangères). J'aimerais retourner à l'enseignement. En ce qui concerne la politique, je n'ai jamais eu d'intérêt à devenir un leader politique " à vie ". C'était Duvalier: président à vie. Une organisation politique est composée de ses membres, elle n'est pas l'instrument d'un seul homme. " Fanmi Lavalas a besoin d'être plus professionnel et a besoin d'avoir plus de discipline interne; le processus démocratique a besoin de partis politiques fonctionnant correctement, partis au pluriel. Donc, je ne dominerai, ni ne dirigerai le parti, ce n'est pas mon rôle, mais j'y apporterai ce que je peux. "
15 décembre 2006
Le
Kidnapping a clairement déclaré la guerre
à la société haïtienne
Une quinzaine d'écoliers ont été enlevés mercredi 13 décembre 2006 dans la localité de Marin au Nord de Port au Prince. Les kidnappeurs ont intercepté un minibus scolaire, semant la panique dans toute la ville où des parents accouraient dans les établissements scolaires pour ramener leurs enfants à la maison. La police nationale a fait savoir que ses unités PNH ont été mobilisées dans toute la région de Marin. Le porte parole de la police a dénoncé le manque d'engagement citoyen comme handicap majeur dans la lutte contre le fléau du kidnapping.
Ce qui en effet est très grave, quand on voit que beaucoup de gens, au lieu de prêcher le front commun contre le crime organisé, en profitent pour tomber sur le dos de Préval/Alexis, pour les affaiblir encore plus, dans l'espoir de leur voler le pouvoir.
La police aurait annoncé la libération d'un otage cette semaine dans la commune de la Croix des Bouquets et l'arrestation de kidnappeurs de gros calibre dont les noms n'ont pas été révélés. Pourquoi cacher les noms des gros calibres ?
L'ambassadeur du Chili en Haïti, Marcel Young Deboeuf, a déclaré, selon AHP, que le problème de l'insécurité ne pourra pas être résolu si la police nationale s'obstine à faire uniquement usage de la force lors de ses opérations. Selon M. Deboeuf, il est fondamental qu'il y ait une franche collaboration entre la police et la population pour le rétablissement de la confiance. Sans cette collaboration, tous les efforts de la PNH seront vains, a déclaré le diplomate qui dit saluer l'appel de l'exécutif haïtien, à l'établissement d'une entente entre la police et la population.
Le
premier ministre haïtien s'interroge sur les intentions
de certains secteurs étrangers à l'égard d' Haïti
Le premier ministre Jacques Edouard Alexis a indiqué implicitement mercredi 13, que des secteurs étrangers avaient une part de responsabilité dans les actes d'insécurité et de kidnapping qui affectent la capitale haïtienne . M. Alexis a fait ces déclarations lors d'une séance de travail au sénat de la république avec la commission justice et sécurité. Le premier ministre a insisté sur le fait que les repris de justice déportés des Etats-unis sont en grande partie responsables de l'insécurité en Haïti.
Les déportations des repris de justice qui avaient cessé sous le régime intérimaire de Gérard Latortue ont repris après le retour au pouvoir du président René Préval. Les déportés sont pour la plupart des délinquants qui ont grandi à l'extérieur, qui ont été condamnés pour exactions diverses, tels vols, viols, trafic de drogue et autres actes de criminalité. Jacques Edouard Alexis a maintenu par ailleurs une déclaration qu'il a faite récemment selon laquelle l'ambassade américaine en Haïti aurait menacé de geler les visas de certaines autorités si elles refusent de recevoir les 100 repris de justice que les Etats-Unis décident de renvoyer tous les mois en Haïti. Le quota passerait de 25 à 100 par mois.
Le chef du gouvernement a invité par ailleurs les parlementaires à prendre la mesure de la situation du pays. "Le pays qui nous a été remis en juin 2006 est un pays totalement délabré à tous les niveaux", a déploré M. Alexis qui se demande si cette détérioration accélérée est tout à fait innocente. Il a lié cette situation aux déclarations répétées faites à l'étranger selon lesquelles Haïti est un pays en faillite.
Est-ce que nous ne sommes pas dans une logique visant à dépersonnaliser le pays, pour tenter d'enlever à ses autorités tous les droits de le diriger, interroge M. Alexis qui a cité le cas du ministre dominicain des affaires étrangères (Carlos Moralès Troncoso) qui lors de la conférence de Madrid le mois dernier, s'est permis, a-t-il dit, de déclarer qu'Haïti était en faillite. Comme s'il voulait que l'on demande aux dominicains de diriger Haïti à la place des haïtiens. Le président du CSPN a annoncé par ailleurs que de nouvelles mesures seront adoptées à partir du mois de décembre pour ramener la paix dans les quartiers de Grand-ravine (sud-est de la capitale) et de Cité Soleil (Nord de la capitale). 567 policiers seront gradués cette fin de semaine et des équipements sont disponibles pour permettre aux policiers d'accomplir leur travail avec efficacité. M. Alexis a également annoncé que des dispositions ont été prises pour permettre à la compagnie nationale d'Electricité (EDH) d'augmenter le nombre d'heures d'électricité au cours du mois de décembre pour aider à réduire les actes d'insécurité
25 novembre 2006
Commémoration de Vertières
Le président haïtien René Garcia Préval, a déposé samedi une gerbe
de fleurs sur la place du Champ-de-mars à Port-au-Prince pour honorer la mémoire
des héros de Vertières, en présence de membres du corps diplomatique et du
gouvernement dont le premier ministre Jacques Edouard Alexis. Le 18 novembre
marquait le 203è anniversaire de la bataille de Vertières qui fut la dernière
grande bataille des ancêtres pour libérer Haïti de l'esclavage des Français. Jacques
Edouard Alexis a profité de l'occasion pour attirer l'attention
de tous les haïtiens sur le symbolisme de cette bataille, savoir l'unité.
Il a appelé tous les secteurs de la vie nationale à conjuguer leurs efforts
en vue de l'établissement d'un véritable état de droit dans le pays. C'est
avec amertume, a-t-il dit, que nous célébrons le 203è anniversaire de la bataille
de Vertières avec la présence d'une force onusienne sur le territoire national.
Il a souligné que les forces étrangères ne sont pas venues toutes seules.
Nous avons tout fait a-t-il dit, pour leur ouvrir la voie, ajoutant toutefois
que tous les efforts dovent être entrepris pour débarrasser le pays de l'occupation.
Au
Cap-Haïtien, des milliers de citoyens ont également manifesté pour réclamer
le départ des soldats étrangers. Les manifestants ont comparé la présence
des étrangers sur le territoire national à une forme d'esclavage moderne.
A Jacmel, un Te deum a été chanté pour commémorer le 203è anniversaire de
la bataille de Vertières, en présence des autorités locales. Le célébrant
principal, le père Rony Fabien, a estimé qu'en dépit de cette bataille, Haïti
continue de vivre dans l'esclavage, étant occupée, a-t-il dit par des soldats
étrangers.
15 septembre 2006
Le
manteau de quelle Cour de Cassation
(Editorial de AHP)
"Tous les citoyens haïtiens menacés d'un mandat d'amener pourront-ils désormais se réfugier sous le manteau de la cour de Cassation?"
C'est la question posée par l'Agence haïtienne de presse dans son éditorial du 14 septembre 2006.
Accusé d'implication dans des actes de kidnapping, et menacé d'un mandat d'amener remis par le juge d'instruction Napela Saintil au chef du parquet, Michael Lucius, le Directeur central de la police judiciaire, s'est empressé d'introduire une action en récusation auprès de la Cour de Cassation qui arrête net tout nouveau développement du processus et surtout l'exécution du mandat décerné contre lui.
Cette façon de traiter le dossier avoisine une forme d'indécence, surtout lorsque c'est le commissaire du gouvernement, Claudy Gassant, maître de l'action publique, défenseur de la société, qui a cautionné l'arrêt de la procédure, alors que tout au cours de la semaine, des proches de ce même commissaire assuraient que le juge Napela Saintil disposait de documents et de photos qui prouveraient l'existence de relations entre Lucius et des attachés impliqués dans le kidnapping et d'autres exactions.
Voilà qu'un juge affirme disposer d'informations qui pourraient permettre de faire un pas dans le dossier du kidnapping. Mais que fait-on pour en profiter? Ce qui est important dans cette affaire, c'est que les accusatons ont été faites non pas par la clameur publique mais par un juge d'instruction, et ces accusations pèsent sur un homme qui par sa fonction se trouve au premier plan dans la lutte contre la criminalité et le kidnapping.
Si le dossier devait être étouffé, de quelle crédibilté disposerait désormais ce DCPJ dans cette lutte si vitale pour la société haïtienne. Pour l'avenir de la justice haïtienne, pour la crédibilité de la police nationale, et pour le bien de tous, il est important d'empêcher le court-circuitage du dossier et de le laisser suivre son cours.C'est en le laissant suivre son cours et non dans l'injure et l'arrogance outrancière, que le DCPJ retrouvera tout son prestige, s'il est victime comme il l'affirme de persécutions orchestrées par ceux qu'ils nomme des voyous en veste et cravate.
Le dossier devient encore plus confus quand le droit de trancher échet à la cour de cassation, une institution dont on dit qu'elle a perdu toute sa moralité et son prestige depuis que le régime interimaire de facto d'Alexandre/Latortue a décidé d'en révoquer arbtrairement 5 juges pour les remplacer par des proches. De quelle autorité morale dispose aujourd'hui cette cour pour prétendre pouvoir trancher dans une affaire aussi sensible.
Les autorités ont le devoir d'agir. Car, ce qui est en train de se produire là, n'augure pas du toût de lendemaiins prometteurs. Dans le cas contraire, le pays plongera davantage dans l'incertitude, Et Adieu, justice, police et sécurité auxquelles la plus grande part du budget 2006/2007 est consacrée. Beaucoup estiment que dans l'imbroglio actuel, en raison de l'importance d'une institution commme la DCPJ et de la gravité des accusations portées par le juge d'instruction, les autorités devraient désaffecter les deux hommes, nommer des magistrats indépendants pour découvrir l'anguille qui se cache derrière cette aversion suspecte qu'ils se vouent. L'appartenance politique de Lucius qu'il arrive à peine à cacher, la lutte qu'il affirme avoir mené "contre les chimères et les membres de l'opération Bagdad" ne devraient pas ête sufffisantes pour le dispenser des questions de la justice
Mais
si derrière toute cette saga, le juge Saintil ne cherchait qu'à régler des
comptes personnels et quels comptes, avec Lucius, la justice prévoit aussi
des sanctions pour ce genre de pratiques. Dans le même sens, la décision
du commisaire du gouvernement qui se fait donner une réputation de vertical,
d'avaliser sans aucune considération l'action en récusation du DCPJ, alors
que le mandat avait déjà été décerné, mérite aussi d'être questionnée. D'aucuns
estiment qu'en agissant ainsi, le chef du parquet affaiblit le pouvoir judiciaire.
Les regards convergent sur le Ministère de la justice et la secrétairerie
d'Etat à la sécurité publique... (AHP 14 septembre 2006)
14 septembre 2006
Le
directeur de la police judiciaire, Michael Lucius,
traite le juge d'instruction Napela Saintil
et d'autres magistrats de voyous habillés
Le commisaire du gouvernement Me Claudy
Gassant a entendu mercredi le directeur de la police judiciaire.
Michael
Lucius suite à des déclarations jugées fracasssantes faites par ce dernier
en relation avec un mandat d'amener décerné contre lui par le juge d'instruction
Napela Saintil. Accusé d'implication dans des actes de torture et
de kidnapping qui auraient été commis par des bandits armés avec
l'uniforme de la police, au cours de ces deux dernières années.
Michael Lucius s'est emporté, qualifiant sans le citer le juge Saintil et d'autres magistrats de voyous habillés qui cherchent à ternir sa réputation. Le commissaire du gouvernement qui n'a pas réagi à l'issue de l'audition sur les acusations pesant surr le responsable de la police judiciaire, a fait savoir que cette séance était pour lui l'occasion de s'informer d'une action en récusation introduite par ce dernier devant la cour de cassation, une instition en crise depuis que le régime intérimaire de Gérard Latortue a révoqué par décret en décembre 2005, 5 des 10 juges inamovibles de cettte institution pour les remplacer par des proches.
Claudy Gassant a dit toutefois regretter les propos tenus par Michael Lucius et qui portent atteinte à la magistrrature. Mais il a présenté des excuses, s'est-il consolé, tout en affirmant comprendre l'emportement de l'inspecteur de police qui a peut-être senti que sa réputation pourrait être affectée, a-t-il dit. Le comissaire du gouvernemen a par ailleurs juré que le parquet avait toute la volonté nécesssaire de faire exécuter le mandat d'amener avant d'avoir pris connaissance de l'action en récusation.
Plusieurs citoyens dont le militant politique Lavalas René Civil ont été écroués ces dernières semaines sur ordre de Me Claudy Gasssant, en dépit du fait qu'aucune preuve n'est venue étayer les accusations portés contre eux. M. Civil est accusé d'avoir été en possession d'une arme à feu illégale et d'un véhicule qui aurait été volé en République dominicaine. (Source : AHP 12 septembre 2006)
14 septembre 2006
Projet
de loi visant à rapporter le décret
du régime intérimaire de facto
créant un "conseil supérieur du pouvoir judiciaire"
Un projet de loi visant l'annulation d'un décret du régime Latortue créant un "conseil supérieur du pouvoir judiciaire" en lieu et place du conseil supérieur de la magistrature a été proposé ce lundi au corps législatif haïtien. Le ministre de la justice du gouvernement de facto,Henri Marrge Dorléans, avait installé ledit conseil le 10 avril 2006 après la proclamation officielle de la victoire du président René Préval.
Selon le ministre de la justice, René Magloire, cette l'initiative des nouvelles autorités entre dans le cadre des efforts visant la modernisation du ministère de la justice et de la sécurité publique puisque a-t-il dit, cette institution est appelée à jouer un rôle déterminant dans le processus de consolidation de la démocratie en apportant des modifications substantielles dans son fonctionnement.
Me Magloire a fait savoir que l'Etat haïtien oeuvre à la mise sur pied d'un mécanisme et des institutions qui répondent aux besoins réels des justiciables. " La justice est une dette de l'Etat envers la société ", a lancé René Magloire proposant le retour à la législation antérieure en attendant les réformes législatives appropriées. Il a sollicité le bénéfice de l'urgence pour l'adoption de ce projet de loi qui permettra de revenir au conseil supérieur de la magistrature mise de côté sans explication par le régime intérimaire.
Plusieurs hommes de loi dont le bâtonnier de l'ordre des avocats de Port-au-Prince, Gervais Charles, s'étaient élevés contre la création du conseil supérieur du pouvoir judiciaire qu'ils estimaient contraire aux revendications des juges. Me Charles avait même taxé ce conseil de "club d'amis de l'appareil judiciaire", tout en indiquant qu'il ne comoprenait pas l'empressement du nouveau régime à installler son conseil, alors qu'un nouveau gouvernemenntt devait entrer en fonction. Le président Préval devait en effet prêter serment le 14 mai 2006.(Source;AHP 12 septembre 2006)
8 septembre 2006
Le
gouvernement nomme
14
nouveaux directeurs généraux
et deux secrétaires d'Etat
Le
premier ministre Jacques Edouard Alexis a présenté jeudi 7 septembre
13 nouveaux directeurs généraux et 2 secrétaires
d'Etat. Me Josué Pierre Louis, ancien commissaire du gouverrnement,
est nommé directeur général au ministère de la justice et de la sécurité
publique, Harry Voltaire, au ministère de l'intérieur, Docteur
Gabriel Timothée, à la Santé Publique, Stéphane Malbranche, au
ministère de la Culture, Pierre André Damba, au ministère du Commerce,
Alix Broyer, au ministère des affaires sociales. M. Serge Raphaël,
ancien ministre ds travaux publics sous le premier gouverrnement de René
Préval, a été nommé directeur général à l'Electricité d'Haïti, Jean-Jacques
Valentin est retournée à l'administration générale des douanes, poste
qu'il ocuppait avant l'arrivée du régime interimaire en mas 2004,
Sandro Joseph, ancien haut cadre de la compagnie nationale de téléphone
(Téléco), a été nommé directeur général à l'Office Nationale d'Assurance
Vieillesse (ONA), Joseph Leprince Augustin,ancien directeur général
adjoint de l'ONA, a été nommé directeur général au ministère
des Haïtiens Vivant à l'Etranger, Nixon Myrtil, au ministère des
affaires étrangères, Pierre Michel Laguerre, à l'éducation nationale
et Daniel Pierre Charles, de la secrétairerie d'Etat aux sports.
Ce dernier était directeur exécutif de cette institution. Le nouveau directeur
general de la Teléco, Michel Présumé actuellement à l'étranger et
nommé pour remplacer Guy Bauduit, devrait regagner son poste dans les prochains
jours.
Le gouvernement a procédé également à la nomination de deux nouveaux secrétaires
d'Etat. Il s'agit de Karol Joseph, à l'alphabétisation et Joanas
Gay au ministère de l'Agriculture. (Source:AHP 7 septembre 2006)
Création d'une commission pour inventorier le matériel
du CNE
et d'une autre sur le désarmement
Le premier ministre Jacques Edouard Alexis, a annoncé jeudi la création par arrêté présidentiel de 2 nouvelles commissions, l'une pour faire l'inventaire du matériel du Centre National des Equipements (CNE) et l'autre pour s'ocuper du programme de désarmement.
La première commission est présidée par Jude Célestin. Ce dernier est entouré de Jean François Chamblin secrétaire et de Aniès Lubin, _Michel Chrisostome et Yvon Saulage, membres. Le CNE a été créée sous la présidence de René Préval première version.
La 2è commission, elle concerne le désarmement, Désarmement, et Réinsertion (CNDR). est composée de Alix Fils-Aimé président, Jean Baptiste Jean Baptiste, Emmanuel Goutier, Fritz Jean, Cajuste Alfonse, Jean Alix Boyer et Dilia Lemaire, membres. (Source:AHP 7 septembre 2006)
2 septembre 2006
On
reparle des pièces de valeur volées
des fonds marins de l'Ile-à-vache sous le régime de facto
Le
ministre de la Culture, Daniel Elie, a fait savoir, vendredi 1 septembre,
qu'une lettre a été adressée par les autorités haitiennes au responsable
du consulat d'Haïti à Panama en vue de démarches visant à récupérer
des pièces de valeur disparues des fonds marins de l'Ile-à-Vâches sous le
régime intérimaire de Gérard Latortue.
Le ministre Elie a fait ces déclarations lors d'une séance de travail avec
les membres de la commisson communication de la Chambre des députés. Selon
Greg Brooks, responsable d'une compagnie américaine (Sub Sea Research),
engagée dans les recherches subaquatives à l'Ile-à-Vâches , 5 canons en
bronze, des pièces en or et émeraude, ont été expédiés l'année dernière
à Panama, alors qu'il se trouvait aux Etats-Unis avec son bateau pour porter
secours aux victimes du cyclone Katrina. Selon M. Brooks, les canons volés
pourraient coûter jusqu'à 2 millions de dollars chacun. (Source:AHP, 2 septembre
2006)
29
août 2006
Mise
en garde contre les appels à l'application de la peine de
mort
pour tenter de combattre l'insécurité
Le secrétaire général du Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles ( CARLI), Me Renan Hédouville, a déploré vendredi qu'aucune mesure ferme n'ait été jusqu'ici adoptée par les autorités haïtiennes pour chercher à freiner a-t-il dit, l'insécurité qui prévaut dans le pays.
Me Hédouville qui intervenait dans le cadre des "vendredi du CARLI", a mis en garde contre toute tentative de mettre de côté la constitution de 1987, pour appliquer la peine capitale, dans le cadre de la lutte contre l'insécurité. Il est indispensable de résoudre ce problème, mais en respectant la loi, a-t-il insisté.
Un spécialiste en criminologie, le Dr Yves Cadet, s'est déclaré lui aussi préoccupé par les apels à l'application de la peine de mort en Haïti pour tenter de combattre la violence. Selon Dr Cadet, tout n'est pas perdu pour Haïti. La situation dans laquelle se trouve Haïti aujourd'hui, n'est pas un problème de criminalité ni de violence mais le résultat de la gestion maladroite, inappropriée et inefficace de l'Etat haïtien, a déclaré le Dr Cadet qui appelle à la mise en place d'institutions de maintien de l'ordre dans le pays. (Source :AHP 28 août 2006)
9 aoùt 2006
Oui
à la Concertation réfléchie,
Non à la cacophonie institutionnelle!
Des parlementaires opposés à toute forme de dialogue avec les bandits Intervenant lundi sur les ondes de Radio Métropole, le président du Sénat,Joseph Lambert, s'est dit contre toute forme de négociation avec les bandits armés qui sèment le deuil dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Le sénateur Joseph Lambert qui préconise l'usage de la force dit craindre que l'initiative de dialoguer avec les chefs de gangs armés ne refroidisse l'ardeur des autorités policières.
"Je ne comprend pas l'attitude du président de la République qui entend dialoguer avec les bandits armés alors que ces derniers terrorisent toute une population", a déclaré le sénateur Lambert faisant remarquer que l'action des gangs entrave les efforts visant à relancer l'économie du pays. "Le chef de l'Etat va-t-il continuer à dialoguer avec les bandits armés jusqu'à ce que ces derniers prennent le contrôle de tous les quartiers de Port-au-Prince et voire même la zone du Palais national", a-t-il ajouté. "On ne peut pas négocier avec des bandits qui tuent et kidnappent des enfants, des femmes et des personnes âgées à longueur de journée. On ne peut pas demander à des criminels qui violent des enfants de 8 ans et des femmes enceintes de déposer les armes", a, pour sa part, déclaré le député Steeven Benoit qui soutient que ces criminels devraient être en prison. "S'ils refusent de remettre les armes et choisissent l'option de la violence nous devons les affronter et résoudre définitivement le grave problème de l'insécurité qui frappe la capitale haïtienne", a encore déclaré le député Benoit qui intervenait lundi à la page "invité du jour" du Journal du Matin de Radio Métropole.
Le parlementaire haïtien estime que le dialogue prôné par le Président René Préval ne doit pas s'étendre aux chefs de gangs responsables d'exactions contre des membres de la population. Steeven Benoit réclame du gouvernement Préval/Alexis la plus grande fermeté vis-à-vis des bandits qui veulent destabiliser l'ordre public. Ces derniers jours un nombre indéterminé de personnes ont été enlevées dans la région métropolitaine et plusieurs autres tuées par des bandits armés. Des ressortissants étrangers figurent parmi les victimes recencées dont un italien, Guido Vitiello, 67 ans, violemment frappé par ses agresseurs qui se sont introduits dans sa résidence privée à Delmas 60 (Commune de Port-au-Prince)lundi. Les bandits ont ensuite kidnappé son épouse, a appris Radio Métropole. (Radio Métropole, 8 août 2006)
Le
problème qui nous préoccupe, c'est que René Préval
n'a jamais prôné le dialogue
comme la solution miracle au problème de l'insécurité.
Il cherche à convaincre la société de renoncer aux pulsions
émotionnelles pour privilégier l'analyse objective des réalités.On
aurait beaucoup de choses à dire sur la responsabilité des uns
et des autres dans l'implantation du crime organisé en Haïti à
la faveur de l'affaiblissement de l'Etat toutes ces dernières années
Que
dit en réalité René Préval
au sujet du banditisme?
Haïti fait actuellement face à deux types d'insécurité qui méritent d'être traités différemment en vue de trouver des solutions pacifiques et intelligentes, a déclaré le président René Préval. Intervenant, le 3 août 2006, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, le chef d'État haitien a très clairement indiqué qu'il existe à la fois une insécurité localisée et une autre répandue dans toute la région métropolitaine de Port-au-Prince.
" Nous identifions deux types d'insécurité : l'une est localisée à Cité Soleil, Grand Ravine, Martissant, Gonaïves et l'autre concernant le kidnapping est diffus, on ne peut la repérer facilement ", a déclaré le chef de l'État. En ce qui a trait à ces zones volatiles, René Préval affirme qu'on ne peut prétendre utiliser la force pour enrayer le phénomène de l'insécurité.
Le président de la République croit qu' " il y a des gens à Cité Soleil qui veulent désarmer, mais qui aimeraient être assurés de leur réinsertion dans la vie sociale. " En présence de Kofi Annan au Palais présidentiel d'Haïti, le chef de l'État fait part d'un processus de dialogue qui est déjà entamé avec les groupes illégalement armés afin de les convaincre de désarmer. Préval croit qu'on ne peut utiliser la force pour résoudre ce problème. " Il y a deux solutions possibles : soit utiliser les forces militaires, soit amorcer un véritable dialogue ", dit le président de la République pour qui " intervenir militairement aura des conséquences néfastes aussi bien sur ceux qui l'utilisent que sur l'ensemble de la population ". " Nous priorisons la paix et la réinsertion de tous les individus armés ".
Préval estime que les autorités haïtiennes n'avaient pas profité de la baisse de l'insécurité constatée avant, pendant et après le double scrutin présidentiel et législatif du 7 février 2006. " Je crois que nous avons perdu l'opportunité de mener une action de désarmement lors de l'enregistrement des électeurs et après les élections ", a estimé Préval. Le 14 mai 2006, René Préval avait souhaité que les chars blindés de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) se transforment en tracteurs, bulldozers pour aider à la construction des infrastructures routières dans le pays.
Interrogé à ce sujet, le chef de l'État déclare maintenir sa position tout en précisant, par contre, que son gouvernement a besoin de " troupes spécialisées pour combattre le kidnapping " en nette progression dans le pays depuis plusieurs mois. Par ailleurs, deux autres contingents de policiers et de soldats onusiens doivent être déployés en Haïti pour aider la Police nationale d'Haïti (PNH) à mieux faire face au phénomène de l'insécurité.
Le Secrétaire général de l'ONU, qui en a fait l'annonce, invite les Haïtiens à se ressaisir en cessant de rejeter la faute sur la MINUSTAH. Il leur demande de travailler d'un commun accord avec les forces de l'ordre en vue d'instaurer un climat de paix durable dans le pays. Kofi Annan a, dans la même veine, annoncé pour une période de 12 mois la prolongation du mandat de la MINUSTAH pour contribuer à la professionnalisation de la PNH.
2 août 2006
MESSAGE
DE YVON NEPTUNE
APRES SA SORTIE DE PRISON
du 27 juillet 2006
|
Cher (e) compatriote/cher (e) ami (e),
Excusez-moi de m’être retranché |
11
juillet 2006
Justice
et Réparations Vite!
Libération de tous les prisonniers politiques
Réintégration
des injustement révoqués
Des employés "injustement révoqués" de l'administration publique ont organisé lundi une marche pacifique pour exiger leur réintégration et la libération de tous les prisonniers politiques. Cette marche partie du quartier populaire de St-Martin pour aboutir sur place de la constitution au champ-de-mars à proximuité du palais présidentiel, a été organisée à l'initiative de "la plate-forme résistance populaire du Bel-Air, du mouvement élargi Lavalas et de la coordination des organisations progressistes".
Les participants ont appelé le président René Préval à "comprendre la nécessité de réparer au plus vite les injustices et les torts énormes faits à des centaines de personnes et à leur famile pour des raisons politiciennes". Ces citoyens ont été révoqués pour le simple fait qu'ils etaient considérés comme des partisans du gouverneement Aristide ont déploré les manifestants.
Plusieurs
des révoqués de la compagnie nationale de téléphone (teléco), de l'Office
national d'assurance vieillesse (ONA), de l'Autorité portuaire nationale (APN)
ont été arrêtés quand ils ont été réclamer des dédomagements.
" Nous ne sommes pas contre la politique d'ouverture du président, mais
cette politique ne doit pas s'acompagner d'une stratégie de fermeture vis-à-vis
de ceux qui se sont sacrifiés et qui ont servi de chair à canons pour favoriser
l'avènement d'une ère nouvelle", ont lancé des manifestants sur la place
de la constitution.
D'autres ont invité la nouvelle équipe gouvernementale à "résister aux menées d'opportunistes qui veulent l'entrainer dans des voies obscures comme ils l'ont fait avec dextérité sous le gouvernement Aristide". Un des porte-parole de la cellule de base de Fanmi Lavalas, René Monplaisir, a déclaré appuyer le mouvement lancé par les employés insjustement révoqués par l'ancien régime en vue de faire respecter leurs droits.
Il s'est toutefois félicité du fait que les nouvelles autorités aient formé des commissions pour étudier les dossiers de ces employés dans le but d'y apporter une solution. René Monplaisir a annoncé des rencontres importantes avec les représentants de différents secteurs populaires afin de mener à bien a-t-il dit, cette lutte.
"Nous resterons mobilisés pour faire respecter les droits de tous les citoyens ", a lancé le militant Lavalas. Les manifestants du 10 juillet 2006 ont également réclamé "la libération de centaines de citoyens dont l'ancien premier ministre Yvon Neptune, incarcérés pour la plupart depuis plus de deux ans par le regime intérimaire de Gérard latortue en raison de leurs opinions politiques". (Source :AHP 10 juillet 2006)
7 juillet 2006
Qui
doute encore de la scélératesse
des emprisonnements politiques
décidés par le gouvernement Latortue?
Personne
n'en doute même pas Gérard Latortue qui l'a proclamé,
en mai dernier, sur les ondes de la Voix de l'Amérique. Les responsables
des droits de l'homme haïtiens et étrangers, des fonctionnaires
des droits de l'homme de l'ONU, des experts haïtiens et étrangers,
des parlementaires américains. Oui, tout le monde le reconnait, sauf
une minorité de pervers qui ne renoncent pas. Le président légitime
le sait très bien et veut régler le problème, en s'efforçant
d'éviter le piège des provocations semées sous ses pas
.
Les pervers
ne renoncent pas, parce que ces abus sont partie intégrante d'une politique
qui ne veut pas que soit exposée sa nature criminelle. Comment reconnaitre,
en effet, qu'une politique soutenue inconditionnellemnt par les Infaillibles
de ce monde pourrait n'avoir été que crimes et exactions?
Cette aberration prouve s'il en était besoin que certaines forces n'ont
aucun respect des lois et des institutions haïtiennes.
Le président Préval et son électorat veulent, tous les
deux, le rétablissement de l'ordre constitutionnel, impliquant la reconquête
de la souveraineté nationale. Les deux alliés n'ont pourtant
pas les mêmes contraintes, tout en poussant dans la même direction.
Le danger serait la rupture de la confiance, ce que les autres attendent et
cherchent à provoquer. A ce moment là tout le camp démocratique
s'en retrouverait affaibli. C'est donc le temps d'utiliser encore une fois
sa cervelle.
Des
parlementaires dénoncent les conditions dans des prisons de Port-au-prince
La commission
justice et sécurité publique de la chambre des députés a dénoncé jeudi 6 juillet,
les conditions de détention des prévenus au Pénitencier national de Port-au-Prince
et dans son annexe dans le quartier de Pacot. Suite à une visite mercredi
dans ces centres de détention, le vice-président de ladite commission, le
député Emmanuel Fritz Gérald Bourjolly, a estimé insupportable et intolérable
la situation actuelle de ces prisonniers. Les détenus dont la plupart n'ont
jamais comparu devant un juge, font leurs besoins physiologiques là où ils
mangent et restent souvent plusieurs jours sans se laver.
Les cabinets d'instruction attendent jusqu'à 10 ou 11 mois pour rendre une ordonnance contrairement aux prescrits de la loi fixant le délai à 3 mois. Pour sa part, le député Sorel François a attiré l'attention particulièrement sur l'état physique de l'ancien premier ministre Yvon Neptune, incarcéré depuis plus de 24 mois par les autorités intérimaires. Selon Sorel François, le cas de M. Neptune est extrêmement préoccupant et il n'y a plus de temps pour le dilatoire.
Pour des abus politiques, a-t-il dit, il faut prendre des dispositions politiques. Il appelle ainsi le président René Préval à prendre une décision politique pour libérer tous les prisonniers politiques, puisqu'il s'agit, a-t-il dit, de citoyens incarcérés par des gens qui les ont considérés come des adversaires politiques. AHP 6 juillet 2006 2:05 PM
L'époux
d'Annette Auguste réclame "une décision politique
pour son épouse incarcérée pour des motifs politiques"
L'époux
de la militante Lavalas, Annette Auguste (Sò Ann), a fait savoir que des décisons
politiques doivent être prises pour metttre un terme aux abus commis contre
des centaines de citoyens dont son épouse, incarcérés depuis plus de deux
ans pour des raisons plitiques. Wilfrid Lavaud intervenait suite au rejet
par la cour d'appel de Port-au-Prince de la demande d'interjection faite dans
ce dossier par les avocats de Sò Ann.
Selon M. Lavaud, la cour d'appel se serait basée sur une simple question de vice de forme pour prendre sa décision: le huissier qui était chargé d'acheminer le dosssier n'était pas un huissier de cette instance. Il a critiqué l'attitude des autorités judiciaires qui utilisent généralement la loi seulement quand celle-ci est dans leurs intérêts. Wilfrid Lavaud a rapppelé à ce propos qu'aucune loi n'a été respectée lors de l'arrestation de son épouse, emmenée sans mandat et sans la présence d'un juge de paix, a-t-il dit, à 1 heure du matin par des marines américains, sous pretexte qu'elle aurait tenu de mauvais propos à l'endroit des soldats étrangers.
Selon lui, l'appareil judiciaire actuel a été mis en place par les autorités intérimaires pour leur permettre de mieux persécuter leurs adversaires politiques. " Je ne trouve pas nécessaire de saisir la cour de cassation, ce sont les mêmes juges de la cour d'appel qui y siègent ", s'est indigné Wilfrid Lavaud qui dit compter sur l'intervention des nouvelles autorités sur le dossier d'Annette Auguste. Des proches d'Annette Auguste rapellent qu'après l'avoir arrêtée dans des circonstances jugées illégales, les marines disaient vouloir la remettre en liberté pour n'avoir retenu aucun grief contre elle, mais, ont-ils ajouté, des responsables de l'organisation RNDDH ci-devant NCHR/Haïti, sont alors intervenus pour l'accuser d'implication dans les incidents du 5 décembre dont les auteurs réels restent jusqu'ici inconnus.
Des étudiants de la faculté des Sciences hummaines victimes au cours de cettte
journée, ont dénoncé à pluseurs reprises le fait que le régime interimaire
de Gérard Latortue n'ait rien fait au cours de ces deux dernières années pour
faire avancer le dossier. De fait, aucun des individus ayant participé directemeent
dans les incidents n'auraient été arrêtés. Et les images diffusées
par certaines télévisions le jour des incidents qui montraient les brigands
à l'oeuvre, n'ont jamais été rediffusées.Et seuls de présumés commanditaires
ont été mis aux arrêts. AHP 6 juillet 2006 12:35 PM
18 juin 2006
Rénald
Clérismé connait bien
la réalité socio-économique d'Haïti
et de la République dominicaine
Le nouveau chancelier haïtien,
Rénald Clérismé, ancien prêtre catholique, a réalisé entre 1993 et 1994 une
importante investigation anthropologique sur l'incidence de la main-d'oeuvre
haïtienne sur l'économie dominicaine, a souligné
l'agence d'information Espacio Insular sous la plume de Eddy Beltre.
L'oeuvre considérée comme un essai d'anthropologie historique a pour théâtre
la communauuté de " Fondo" dans la province de Baharona, non loin de Polo,
où Clérismé vivait et travaillait avec des paysans haïtiens
et dominicains de juin 1993 à juillet 1994.
Son travail de prospection pour cette investigation s'est réalisée cependant en juillet 1992 parmi les popuations locales. Il visita San Juán de la Maguana, Hondo, Valle, Neiba, Cabral, Jimani, Pedernales et d'autres communautés rurales du sud du pays.
Clérismé participa fréquement durant la période de son travail à des fêtes organisées par les travailleurs des plantations de "Don Luis" considéré par l'auteur comme un des pionniers de l'exploitation moderne du café en République domiunicaine, rapporte Espacio Insular. (Source : AHP 12 juin 2006)
5 juin 2006
Liste
officielle du gouvernement national présenté
par
le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis au Sénat.
Selon la liste communiquée par le Président René Préval,
le cabinet comprend 18 portefeuilles ministériels :.
Jean Raynald Clérismé : ministre des Affaires étrangères et des Cultes
Jean Généus : ministre des Haïtiens Vivant à l’Etranger
René Magloire : ministre de la Justice et de la Sécurité Publique
Paul Antoine Bien-Aimé : ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
Daniel Dorsainville : ministre de l’Economie et des Finances
Jean-Max Bellerive : ministre de la Planification et de la Coopération Externe
François Sévrin : ministre de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural
Patrick Delatour : Ministre du Tourisme
Maguy Durcé : ministre du Commerce et de l’Industrie
Frantz Verela : ministre des Travaux Publics Transports et Communications
Jean-Marie Claude Germain : ministre de l’Environnement
Gabriel Bien-Aimé : ministre de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle
Fritz Bélizaire : ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique
Robert Auguste : ministre de la Santé Publique et de la Population
Gérald Germain : ministre des Affaires sociales
Marie-Laurence Jocelyn Lassègue : ministre à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme
Daniel Elie : ministre de la Culture et de la Communication
Joseph Jasmin : ministre Délégué auprès du Premier ministre chargé des relations avec le Parlement
26 mai 2006
Les
deux chambres ratifient le choix
de Jacques Edouard Alexis
au poste de premier ministre
79 députés ont ratifié, le jeudi 25 mai, le choix de l'agronome Jacques Edouard Alexis comme nouveau premier ministre, par le président de la république.
2 abstentions ont été enregistrées, mais aucun député n'a voté contre.
22 sénateurs
sur 24 avaient ratifié, mercredi 24 mai, le choix de Jacques Edourad Alexis.
La seule abstention était celle du sénateur OPL Jean Joseph Pierre-Louis.
Un autre parlementaire de cette formation politique, Mélius Hypolite, a quitté
la salle de séance au moment du vote.
Félicitations
à tous les protagonistes pour ce pas important dans la reconstruction
des institutions. On avait perdu l'habitude des choses positives. C'est maintenant
que le patiotisme haïtien va être mis à rude épreuve.
12 mai 2006
Reconstruction
nationale
et responsabilité citoyenne
des électeurs et des parlementaires

En Amérique
du Sud
Dans des conditions difficiles, le pays a élu un président de la République, le 7 février 2006, pour mettre en œuvre un programme de " Reconstruction de ses institutions en vue de faciliter les investissements nécessaires à son développement économique ". C'est celui proposé par la coalition Espoir, sous la direction de René Préval. Les programmes des autres partis et personnalités en compétition n'ont pas eu la faveur du suffrage universel. Logiquement, la politique choisie doit pouvoir s'appliquer et le président élu pouvoir gouverner.
Le 2ème tour du scrutin législatif s'est tenu le 21 avril. Le parti du président est classé en tête des formations représentées à la législature. Mais, il n'existe pas de parti majoritaire au parlement. L'expérience enseigne que la fragmentation parlementaire est très souvent une source d'instabilité et de paralysie gouvernementale. L'absence du " fait majoritaire " invite à des alliances de circonstance, au petit jeu des soutiens et des retraits tactiques qui ont tué la IV° République française.
La IV° est connue comme le régime des " crises " gouvernementales à répétition, le parlementarisme dans tous ses états. Le pouvoir appartenait au parlement qui nommait le président de la république, acceptait, refusait ou renversait le président du conseil désigné par ce dernier. C'était le " régime des partis ", selon l'expression du Général de Gaulle. Malgré les brillantes qualités des hommes politiques de ce régime, son bilan est généralement reconnu catastrophique.
Bien avant l'adoption de la constitution de la IV° République en 1946, des milieux réformateurs, en France, réfléchissaient à l'adaptation des institutions aux projets de modernisation du pays. Mais, la tradition du parlementarisme a survécu jusqu'aux années 50, aboutissant à " l'Etat déliquescent ". Celui-ci privé de direction finit par perdre le contrôle des affaires nationales. Le dernier président, René Coty, impuissant à trouver un chef de gouvernement du goût des partis, sonnait l'alarme en vain ; il insistait sur " l'inadaptation des institutions françaises au rythme des temps nouveaux ", dénonçait la débilité de l'Etat en même temps que son instabilité.
" L'Etat déliquescent " est le titre d'un récit de Ph. M. Williams de la marche à la mort du régime français qui montre, " outre-mer (Algérie), l'exemple de la désobéissance donné par les proconsuls, l'impunité des agitateurs et des conspirateurs, tandis que dans la métropole la longueur des crises, exaspère l'opinion et sape la confiance en soi des chefs politiques eux-mêmes. "
La V° république est née en réaction à cette faillite. Les autorités finirent par en appeler au général de Gaulle pour " restaurer l'Etat. " La réforme gaulliste ne fut pas improvisée. Etudes et débats l'ont préparée. Alimentèrent ces réflexions des suggestions, discussions et rapports savants d'hommes politiques, de comités d'études, de spécialistes du droit constitutionnel et de science politique.
Au printemps 1956, le juriste Georges Vedel, futur doyen de la Faculté de Droit de Paris, publie le Rapport sur " L'Instabilité gouvernementale. " L'auteur invite à aller à la racine du mal, aux " causes des causes ". L'une est qu'il n'y a pas de majorité dans le pays lui-même ; une autre est l'absence de consultation des électeurs sur les authentiques problèmes d'intérêt national, objet des décisions de la représentation parlementaire. L'auteur rejette les " réformettes " comme palliatifs impuissants à changer fondamentalement les choses.
Q" Ce n'est pas dans cette voie que nous trouverons les conditions véritables d'une démocratie moderne telle que nous l'offrent les exemples étrangers : un exécutif puissant en prise direct sur la nation ".
Quelle voie s'interroge l'auteur ? Une révolution parlementaire qui établirait le bipartisme à l'anglaise, avec sa discipline rigoureuse de parti, avec deux forces seulement : le cabinet et l'opposition. Ce serait supposer que les Français deviendront des Britanniques. C'est exclu.
Il reste la voie d'un régime présidentiel adapté aux données de la politique française. " Un seul changement : l'exécutif serait indépendant du parlement, tout en ne pouvant gouverner que dans le cadre des lois et des crédits votés par le parlement ; il ne s'agit pas de dépouiller le parlement de ses attributions au profit de l'exécutif mais d'assurer la stabilité de celui-ci, ce qui est fort différent ".
Les grandes lignes d'un tel régime seraient les suivantes : un chef de l'exécutif élu par la nation au suffrage universel direct ; l'assemblée ne pourrait le renverser ni lui, ni ses ministres, responsables devant lui qui les choisit librement ; en cas de désaccord persistant, soit lui soit l'Assemblée, l'un ou l'autre, peut provoquer des élections anticipées qui renouvellent à la fois l'un et l'autre.
Le Rapport Vedel reçut un accueil favorable dans l'opinion réformatrice. M Goguel, dans la Revue Française de Science Politique, admit la justesse de l'analyse et de la démonstration, mais estime que cette " campagne présidentielle" du printemps 1956 ne pourrait aboutir à un plein succès que dans une hypothèse : celle d'une crise intérieure ou extérieure très grave qui provoquerait un véritable effondrement des institutions actuelles. En effet, la réforme n'intervient qu'en mai 1958, à la faveur de la rébellion militaire d'Alger.
La configuration actuelle du parlement haïtien est une véritable invitation au désordre et à l'instabilité. Elle a été voulue. Les " pays amis " sont bien à l'abri de ces fléaux. La France a fait le nécessaire en 1958, comme on l'a vu. Les Etats-Unis, dès l'origine, ont organisé avec une science achevée, l'équilibre de leurs pouvoirs, le régime présidentiel, le rôle du Congrès, celui de la Cour suprême. La stabilité est assurée.Ces pays considèrent leur Etat comme le garant des intérêts supérieurs de leur nation. Pourquoi alors fait-on croire que les Haïtiens pourraient gérer le leur comme un joujou ou un gâteau de communion.
Le danger est là, mais le pire n'est pas inévitable. Chaque Haïtien, chaque élu a toujours la liberté d'aider son pays à éviter les dangers qui le menacent. Dans la diversité des opinions politiques, on peut choisir de participer à la mise en œuvre du programme de " Reconstruction des institutions nationales en vue de faciliter les investissements dans le pays ", ou bien s'opposer clairement à ce programme et préparer l'alternance démocratique.
Préval réclame le concours de tous les honnêtes gens. Trop d'occasions ont été perdues ! Il est souhaitable que le chantage, les marchandages, les convoitises exagérées ne prévalent point sur l'intérêt général.
6 mai 2006
Prophéties
et analyses
sur le futur gouvernement
L' envoyé spécial du journal français Le Monde, Jean-Michel Caroit dans l'édition du 28.04.06, affirme que René Préval devra former une coalition de centre gauche.
Coalition de centre gauche - Le parti du président a remporté le scrutin présidentiel dès le premier tour, laissant son plus proche concurrent loin derrière avec un score de 11% environ. Malgré la "mauvaise organisation" des législatives, le parti choisi par l'électorat est placé première formation de la législature, sans obtenir la majorité absolue.
C'est dans ce contexte que certains milieux étrangers prophétisent
que le président de la République serait obligé de
former une coalition de "centre gauche" avec l'OPL et la Fusion
des sociaux-démocrates, qui ont récolté chacun 2,62% des voix
aux présidentielles, et arrivent en deuxième et troisième position
aux législatives.
Dans son article, Caroit semble minimiser l'existence du parti Fanmi Lavalas.
Curieusement, il semble vouloir ignorer également le parti Alyans
de Evans Paul qui a quand même recueilli 2,49% des voix aux présidentielles,
et a été consulté aussi par Préval sur "son
programme de gestion à court, moyen et long terme pour Haïti."
Cette
prophétie étrangère est confortée par
Serge Gilles, le candidat de la Fusion à la présidentielle.
"Nous sommes prêts à participer à un gouvernement de coalition pour
mettre en oeuvre un plan de développement à long terme," et
Rosny Smarth, dirigeant de l'OPL : "Nous sommes ouverts à une participation
au gouvernement".
Une configuration politique dans
l'intérêt de la démocratie - Chronique
"Les Matinales" LE MATIN du 23 au 2 mai 2006 intitulée "Les
dangers de la coalition", Margaret Cartier s'inquiète
pour l'avenir de la démocratie, si
ce problème de coalition est traité à la légère.
"René
Préval va devoir en effet montrer son talent dans l’exercice difficile de
savoir jusqu’où élargir sa coalition," soutient Mrs Cartier.
"Trop
étroite, elle sera instable et le ou les petits partis appelés à la rescousse
exerceront une influence disproportionnée par rapport à leur poids électoral
réel. C’est la situation que connaissait Israël avant Sharon, et elle est
très dangereuse pour la démocratie, même si elle en respecte en apparence
les formes.
"
Mais
si au contraire cette coalition devenait trop large, elle serait dangereuse
elle aussi car, sous couvert d’une émouvante « union nationale», elle aurait
pour conséquence de réduire l’opposition à quelques confettis hétéroclites.
Or la démocratie en Haïti a presque autant besoin d’une opposition que d’une
majorité.
"Il faut comprendre que le pays a en fait besoin des deux : un gouvernement
en mesure de gouverner, de prendre ses responsabilités, mais aussi une opposition
représentant une alternative. Pas une opposition systématique, destructive,
une opposition d’obstruction. Mais une opposition d’alternative, de concurrence,
voire de recours. Le défi du nouveau président sera donc de savoir s’arrêter
: une trop étroite coalition le condamnerait à l’instabilité et donc à l’inaction,
mais une trop large, même constituée par souci de générosité et d’union
nationale, serait une négation du principe même de la démocratie : le parti
au pouvoir doit avoir des concurrents."
13 avril 2006
Blocage
du programme d'éducation civique du CEP
doté de 200 000 dollars
Le programme d'éducation civique est toujours
bloqué au Conseil électoral provisoire (CEP) à moins de 10 jours de la tenue
du second tour du scrutin. Plus de 200.000 dollars seraient pourtant affectés
au volet éducation civique.
De
nombreux responsables de partis politiques estiment que l'organisme électoral
devrait lancer sans délai une campagne non stop pour sensibiliser la population
sur l'importance du parlement, s'il souhaite une paticipation massive au prochain
scrutin.
La non-réalisation de cette campagne pourrait signifier que le Conseil électoral
provisoire et les autres instances engagées dans le processus ne sont pas
intéressés à une réédition de l'exploit réalisé par les haïtiens le 7 février
2006. Plus de 2 millions de citoyens avaient investi les urnes au premier
tour des présidentiellles et législatives en dépit d'un manque de préparation
flagrant de l'organisme électoral.
Pour l'instant, seuls des émissions et des spots de la MINUSTAH et de l'Union européenne sont diffusés sur quelques stations de radio. Le président du CEP, Max Mathurin, a reconnu mercredi que la campagne d'éducation civique était dans l'impasse.
Cette
situation serait due au fait que la firme engagée par le PNUD est confrontée
à des difficultés. C'est le PNUD qui gère les fonds engagés dans l'organisatiion
des élections. Dans l'entourage du CEP, beaucoup s'interrogent sur le devenir
des fonds destinés à l'éducation civique s'ils ne sont pas dépensés tout de
suite pour sensibiliser les électeurs. (Source:AHP 11 avril
2006)
7 avril 2006
L'
UNCRH pour une campagne d'éducation civique
et appelle les secteurs hostiles au changement
à oublier leurs intérêts mesquins
Directeur général des élections
Le leader de l'Union Nationale Chrétienne pour le Renouveau d'Haïti (UNCRH), Chavannes Jeune, a plaidé, jeudi 6 avril 2006, en faveur d'une campagne d'éducation civique en faveur des électeurs, dans la perspective des législatives du 21 avril 2006.
En Haïti, il y a une tendance à mettre toute l'emphase sur l'organisation des élections présidentielles et minimiser les autres compétitions électorales, a déploré le Pasteur Jeune. Il appelle les organisations internationales intéressées aux questions électorales, les responsables de l'organisme électoral et les partis et regroupements politiques à assumer leurs responsabilités dans le cadre de la réalisation du scrutin du 21 avril.
L'UNCRH compte 5 candidats au Sénat et 25 à la députation, a précisé Pasteur Jeune qui se dit inquiet quant au bon déroulement de ces compétitions électorales en raison, a-t-il dit, des intérêts mesquins qui empêchent souvent le pays d'avancer.
"Il est grand temps que l'on donne une chance à Haïti ", a lancé le candidat à la présidence de l'UNCRH. Des sources proches de l'organisme électorale avait accusé mercredi la direction générale du CEP de se livrer à des manoeuvres pour diviser les 9 membres de l'organisme électoral et créer ainsi un climat visant à perturber le bon déroulement du scrutin législatif. (Source:AHP 6 avril 2006)
21 février 2006
Le
président Aristide sera de retour en Haïti
"dès que possible"
L'ancien président haïtien Jean Bertrand Aristide, en exil depuis presque
deux ans, dont l'essentiel en Afrique du Sud, a
affirmé mardi qu'il rentrerait dans son pays "dès que possible", tout
en soulignant qu'aucune date n'avait encore été fixée.
"Je
suis persuadé que je serai de retour dès que possible et je continuerai à
m'investir dans l'éducation", a déclaré le président Aristide dans un
entretien à la radio publique sud-africaine SABC. "Je n'ai pas de date
précise", a-t-il ajouté. Contraint
de quitter Haïti le 29 février 2004, Aristide, 52 ans, réside depuis le 31
mai 2004 à Pretoria avec sa femme et ses deux filles.
"Comme l'a dit le président Mbeki, l'autre jour, cela doit résulter d'un dialogue entre le président Préval, moi-même, les Nations unies et d'autres pays car ils unissent tous leurs efforts pour maintenir la paix dans le pays", a expliqué l'ancien chef d'Etat qui s'exprimait pour la première fois depuis les élections haïtiennes.
Préval, 63 ans, est un ancien Premier ministre de Jean Bertrand Aristide. Durant sa campagne, il a répété qu'il ne lui appartenait pas personnellement de prendre une décision concernant un éventuel retour de l'ancien chef d'Etat.
Les Etats-Unis, qui se disent prêts à travailler avec René Préval, ne se sont pas prononcés ouvertement contre un éventuel retour en Haïti d'Aristide, mais l'administration américaine répète à l'envi qu'il est un "homme du passé".(Source : (AFP, JOHANNESBURG, mardi 21 février 2006)
16
février 2006
Haïti
a un Président légitime
choisi par le peuple haïtien lui-même
CONFIRMÉ
Le pouvoir a officiellement communiqué ce matin que suite à un accord trouvé avec les acteurs politiques, René Préval est déclaré Président de la République élu dès le premier tour avec 51% des voix.
(une note du Front de l'Espoir, 16 février 2006)
15 février 2006
K-PLIM
admet la victoire de René Préval Posté
Evans Paul a admis, le 14 février 2006, que René Garcia Préval a remporté les élections dès le Premier tour. Il appelle le CEP a respecté le choix populaire. "Je pense que le CEP doit publier des résultats qui reflète le vote du peuple", a déclaré Evans.
E. Paul a estimé que l'avance de Préval est telle que ses poursuivants, loin derrière, ont peu de chance de le ratrapper dans un second tour. "Il faut admettre qu'il a gagné au premier tour", a déclaré le leader de la KID qui estime qu'il existe un problème de crédibilité au sein du CEP.
"Il faut trouver un compromis pour éviter au pays d'autres aventures politiques plus graves que ce qu'il est en train de vivre", a déclaré Evans Paul. Il a d'autre part demandé à René Préval de lancer un appel à la population pour arrêter les manifestations
3 février 2006
Siméus
prêt à collaborer avec
le prochain président pourvu
qu'il ne soit pas arrivé au pouvoir par la force
Le candidat à la présidence écarté de la course électorale, Dumarsais Siméus, a fait savoir, jeudi 2 février, qu'il ne soutenait aucun candidat, mais s'est déclaré disposé à donner toute sa collaboration au président que la population aura élu. "Je lui donnerai mon appui pourvu qu'il ne soit pas arrivé au pouvoir par la force", a insisté Siméus.
" Je ne suis pas en Haïti en quête de job mais pour y créer des emplois ", a déclar M. Siméus souvent présenté comme un multimillionnaire. Siméus qui invite le peuple haïtien à se rendre massivement aux urnes, a fait savoir qu'il restera au pays pour y défendre les intérêts de tous les haïtiens.
L'homme d'affaires a d'un autre côté exprimé le souhait que le prochain gouvernement se mette à l'oeuvre pour doter Haïti d'une constitution moderne et plus adaptée à la réalité socio-économique haïtienne en abrogeant notamment les articles ayant rapport aux droits des Haïtitiens évoluant dans la diaspora.
Dumarsais
Siméus Haïtien d'origine avait acquis comme de nombreux autres citoyens la
nationalité américaine. Selon certaines informations d'autres candidats dans
la course auraient également obtenu une nationalité étrangère sous la disctature
de duvalier " Haïti a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils pour
surmonter les obstacles auxquels elle fait face ", a déclaré M. Siméus
qui invite le prochain gouvernement à faire de la réconciliation l'une de
ses priorités. Dumarsais Siméus en a profité pour annoncer sa candidature
à la présidence en 2011.(Source:AHP 2 février 2006)
2 février 2006
Nouvelle
manifestation à Cité Soleil
pour réclamer des bureaux de votes
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans le quartier populaire de Cité Soleil pour exiger l'installation de bureaux de vote dans cette zone et permettre aux citoyens de remplir leur devoir civique.
Les manifestants ont également demandé au CEP d'acheminer les cartes d'identification des électeurs de Cité Soleil qui n'ont pas encore été retirées, au lycée de cette commune pour qu'ils puissent les avoir avant le 7 février 2006.
" Nous sommes disposés et déterminés à nous rendre aux urnes pour élire des dirigeants légitimes qui puissent réconcilier la nation avec elle-même et satisfaire nos revendications ", ont-ils fait savoir.
Les manifestants ont indiqué à l'occasion que la population de Cité Soleil est unie et qu'il n'y a plus de conflits entre les quartiers. Ils ont dénoncé à ce sujet une campagne de dénigrement orchestrée, ont-ils dit, par certains secteurs pour tenter de faire croire qu'ils sont des bandits et ainsi attirer la foudre contre eux.
Deux candidats étaient en campagne dans la Cité. Il s'agit du candidat au Sénat , Serge Simon et du candidat à la députation, Exile Jean-Claude. (Source:AHP, 1er février 2006)
24 janvier 2006
Le
docteur Large dénonce l'interférence
de soi-disant
membres de la société civile
dans l'appareil électoral
L'ancien président de la Chambre de Commerce du Sud-Est et candidat au Sénat de la Plate-forme L'Espoir dans ce département, le docteur Frantz Large, a exprimé mardi ses inquiétudes face à la présence, au sein de la machine électorale, d'individus se réclamant, a-t-il dit, de la société civile.
Dans une intervention sur Radio Solidarité, le Dr Large a fait savoir que ces éléments présentés comme des observateurs électoraux ou membres de bureaux de vote ont été recommandés à dessein pour imposer leur loi au sein de l'appareil électoral au détriment de la Plateforme l'Espoir.
Ou bien l'on fait partie de la société civile ou bien l'on déclare ouvertement faire de la politique, a lancé Frantz Large qui critique ce qu'il appelle "l'arrogance d'une prétendue société civile de plus en plus accapareuse, avide de pouvoir politique au mépris de toute éthique".
Frantz Large qui a cité nommément "le groupe des 184 et la chambre de commerce de Port-au-Prince", dont il conteste la légitimité comme faisant partie de la société civile, les a mis en garde contre toute tentative de fraude au cours des prochaines élections au mépris des intérêts du peuple haitien.
Les membres de cette société civile porteraient seuls les responsabilités du chaos qui pourraient résulter d'élections truquées, a soutenu le Dr Large. (Source:AHP 24 janvier 2006)
23
décembre 2005
Le candidat à la présidence du l'Union pour Haïti, Marc L. Bazin, a lié jeudi les multiples reports des dates des élections à un manque de compétence et d'expérience de la part des conseillers électoraux.
M. Bazin qui intervenait à l'émission "Espace Pluriel" sur Radio Solidarité, fait savoir que dans tous les pays du monde, l'organisation d'élections est un métier et une commission électorale composée d'experts travaille en permanence, contrairement à la réalité en haïti où tout est toujours bâclé.
A 17 jours de la date fixée pour la tenue du premier tour des présidentielles fixée au 8 janvier 2006, les électeurs éprouvent toujours les plus grandes difficultés à retirer leurs cartes d'identification nationale, les problèmes de distance entre leur lieu de résidence et les centres de vote se posent avec la plus grande acuité alors que la plupart des partis dans la course électorale n'ont toujours pas accès au financement de l'Etat.
Marc Bazin dénonce la composition actuelle du CEP, essentiellement politique, a-t-il dit, puisqu'il a été mis en place pour diminuer le pouvoir de Lavalas et renforcer celui des partis de l'ancienne opposition à Aristide.
De manoeuvres de toutes sortes ont été entreprises pour compliquer la participation de Lavalas au processus électoral, a déploré M. Bazin. "Si on se rend compte que le processus va déboucher sur un produit qu'on ne digère pas, ce processus va tout bonnement être étouffé", a dit Bazin, soulignant que tous ceux qui ont fait la lutte contre Aristide n'ont aucun projet alternative et n'ont en commun que l'hystérie anti-Lavalas.
"Ils n'ont jamais dit que 5% de la population contrôlent 50% des richessses du pays ni ce qu'ils vont faire pour ameliorer les condistions de vie des masses defavorisées".
Le candidat à la présidence a fustigé "l'interférence du gouvernement dans le processus électoral et la pagaille totale qu'il a créée dans le fonctionnement du CEP avec la mise en place d'une multiplicité de commissions pour des motifs jusqu'ici inavoués".
Des centaines de citoyens croupissent derrière les barreaux sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre eux. Les autorités intérimaires n'ont pas fait grand chose non plus, a-t-il dit, pour améliorer les conditions de vie de la population près de 2 ans après le départ de Jean Bertrand Aristide.
Il a souligné que certains secteurs dont une bonne partie de la presse gardent, en raison de leur proximité avec le régime en place, le mutisme le plus complet sur un ensemble de dossiers qu'il auraient dénoncés hier encore avec la dernière rigueur. Il a cité notamment les dossiers de violations des droits de l'homme et celui des 5 juges révoqués de manière illégale de la Cour de Cassation.
Les secteurs sus-cités comprennent bien l'illégalité de certaines mesures mais ne peuvent pas les dénoncer, a dit Bazin, pour avoir été tout simplement au coeur du mouvement GNB anti-Aristide.
Le candidat à la présidence appelle la population à voter pour l'Union pour
Haïti et se dit en bonne position pour gagner les élections, parce qu'il
cristallise les revendications, a-t-il dit, les revendications de la majorité
de la population. " Je suis capable de relever les plus grands défis
et c'est ce que j'ai fait toute ma vie", a souligné Bazin.(Source:
AHP 22 décembre 2005)
9 novembre
2005
Jusqu'où iront
encore les faiseurs de crise
pour dépouiller le peuple
de ses droits politiques?
La
cellule de réflexion des organisations populaires de Fanmi Lavalas, a rejeté
les accusations de Victor Benoît imputant des violences qui auraient été
commises à la manifestation en faveur du candidat René Préval le 3 novembre
dernier.
M. Joseph a fait savoir que la manifestation du 3 novembre était pacifique
et ordonnée, ce que la Minustha elle-même a reconnu.
Il a prôné dans le même temps des élections libres, honnêtes et démocratiques
pour faire avancer, a-t-il dit, le processus de réconciliation et d'unité
nationale.
Victor Benoît, avait appelé lundi tous les secteurs de même tendance à faire
front commun pour barrer la route à René Garcia Préval et aux anti-démocrates
qui sont de retour, a-t-il dit.
Le porte-parole des militants du Bel-Air, Samba Boukman, a appelé à la poursuite
de la mobilisation visant à obtenir la libération des prisonniers politiques.
Samba Boukman a invité les cadres et militants de Fanmi Lavalas et tous les
partisans de la justice a intensifier leurs efforts pour porter les autorités
intéreimaires à respecter les droits des citoyens.
Concernant
les prochaines élections, Samba Boukman s'est déclaré contre toutes élections
qui se feraient sur la base d'exclusion. (Source:AHP 8 novembre
2005)
Il est évident que les faiseurs de crises
lucratives ne feront pas de cadeaux à des électeurs qui les
avaient écartés d'un pouvoir qu'ils croyaient leur appartenir
de droit divin. Il faut donc s'attendre à tout, sauf à la compréhension.
Il faudra compter sur l'intelligence, le courage, la patience.
Il y a de l'espoir, mais avec une autre façon de faire la politique.
4 novembre 2005
Des
partisans de Préval
manifestent dans les rues
Des
milliers de partisans et sympathisants de l’ancien président lavalas René
Préval ont manifesté à Port-au-Prince le jeudi 3 novembre pour réclamer son
retour au pouvoir.
Les manifestants, accompagnés par un char de musique racine, provenaient de
divers quartiers populaires périphériques dont Gran Ravin, Cité Soleil, La
Saline, Bel-Air et Delmas 2.
Les
différentes branches de cette manifestation se sont dirigées en direction
du siège central du Conseil Électoral Provisoire (CEP).
Là, les partisans et sympathisants lavalasont campé Préval comme celui qui
va faciliter le « retour » en Haiti de l’ancien président Jean Bertrand Aristide,
libérer les « prisonniers politiques » et offrir un « lendemain meilleur »
aux masses populaires.
Des partisans de René Préval avaient organisé une manifestation similaire,
à plusieurs branches, à Port-au-Prince, le 21 octobre dernier, la veille du
lancement officiel de la campagne électorale de l’ancien président lavalas.
(Source: AlterPresse, 03 nov. 05)
26 octobre 2005
Lavalas dans le manège électoral
La
cellule de base de réflexion de Fanmi Lavalas, a appelé, mardi 25, tous
les militants du parti à se regrouper autour de la table qui représente
l'emblème du parti.
Lors d'une conférence de presse, un membre de cette cellule, Deshommes Présengloire,
a appelé les militants Lavalas à se méfier des candidats qui se sont éloignés,
a-t-il dit, du parti.
Il a fait savoir que Fanmi Lavalas participera aux prochaines compétitions
électorales à tous les niveaux et invité les partisans de l'organisation
à voter massivement en faveur des candidats se présentant sous la bannière
de l'Union pour Haïti, plateforme composée de Fanmi Lavalas et du
Mouvement pour l'Insttauration de la démocrratie en Haïti (MIDH).
De leur côté, la Coordination Nationale des Anciens Marons et des Victimes
Directes - 1991/2004 (KONAMAVID) et le Kombit de Résistance des masses(KOREM),
ont déclaré appuyer la candidature de René Garcia Préval à la présidence.
Le coordonnateur général du KONAMAVID, Romestil Pierre Mélès, a rappelé
que l'ancien président Réné Préval avait débloqué 60 millions de gourdes
pour dédommager les victimes du coup d'état du 30 septembre 1991.
Il a également rappelé que c'est sous la présidence de M. Préval que plus
de routes et d'écoles ont été construites dans le pays. Romestil Mélès invite
tous les haïtiens conséquents à voter en faveur de Réné Préval. (Source
: AHP 25 octobre 2005)
Les Français disent : au premier tour on choisit, au deuxième tour on élimine!
19 octobre
2005
Leslie Voltaire souhaite
que les candidats
René Préval et Marc Bazin fasse cause commune
Leslie
Voltaire
prône l'unité dans le camp Lavalas dans la pespective des prochaines joutes,
souhaitant que les candidats René Préval et Marc Bazin comprennent la nécessité
de faire cause commune.
Selon Leslie Voltaire, l'alliance entre le Mouvement
pour l'Instauration de la Démocratie en Haïti (MIDH) et Fanmi Lavalas, a
été faite sur la base de la raison puisque a-t-il dit, le leader du MIDH,
Marc Bazin a toujours soutenu les revendications des masses populaires.
Il a estimé que si l'on est arrivé à cette alliance, c'est en raison d'une
certaine réticence de l'ancien président René Garcia Préval. Leslie Voltaire
a également critiqué la lenteur du processus électoral et la présence au
sein de l'organisme chargé d'organiser les élections de membres de partis
politiques actuellement dans la course électorale.
Les élections sont possibles dans le pays, a-t-il fait savoir, tout en exprimant
des doutes quant à leur réalisation aux dates prévues dans le calendrier
électoral. Le responsable Lavalas a d'un autre côté dénoncé le confusion
qui entoure le processus électoral et qui aurait comme finalité le contrôle
de l'appareil électoral.
Il a cité en exemple la formation du comité d'appui au CEP, de la commission
de garantie et la nomination d'un directeur exécutif à l'institution électorale,
ce qui est anticonstitutionnel, a-t-il dit. . "Il est inacceptable que
jusqu'à présent, les partis politiques et les candidats ne puissent encore
commencer à mener campagne, en raison de la confusion qui entoure le processus
électoral et la méfiance qu'inspire le CEP", a déclaré M. Voltaire.
De son côté, Samba Boukman, a appelé les militants de base
de Fanmi Lavalas à l'unité dans la perspective des prochaines élections.
Samba Boukman a également appelé les candidats à la présidence René Préval
et Marc L. Bazin à s'unir pour permettre au camp populaire de rééditer l'expérience
du 16 décembre 1990 (date de la première élection de Jean Bertand Aristide
à la presidence d'Haïti. "Les masses populaires ne se sont jamais rendues
aux électionsa dans la division", a-t-il lancé. (AHP
18 octobre 2005)
17
octobre 2005
Des ambassadeurs accrédités en Haïti
s'aperçoivent enfin qu'il y a des électeurs à Cité
Soleil
Des
militants Lavalas de Cité Soleil ont affirmé avoir eu une rencontre,
vendredi 14
octobre, ,dans la cité, avec plusieurs ambassadeurs
accrédités en Haïti, dont ceux de la France,
du Canada et d'Allemagne, autour de la réalisation des prochaines élections
et la participation des habitants des quartiers populaires.
Un porte-parole des militants de cette commune, René Monplaisir, a déclaré
avoir expliqué aux diplomates la volonté des masses populaires de participer
à des élections libres, honnêtes et démocratiques.
Il déclare avoir plaidé en faveur du respect des droits des habitants des
quartiers populaires au même titre que ceux des autres franges de la société
haïtienne.
" Les habitants de ces quartiers sont des humains et méritent d'être traités
en tant que tel ", a déclaré Monplaisir, affirmant qu'ils sont en train
de prouver leur bonne volonté en acceptant que des bureaux d'inscription soient
installés dans la cité.
Il dit espérer que le vote populaire sera respecté lors des prochaines compétitions
électorales. (Source : AHP 14 octobre 2005)
Cité Soleil veut retirer la carte d'identification nationale
En aura-t-elle le temps?
Un porte-parole des militants de Cité Soleil,
John Joël Joseph, a fait savoir vendredi que les habitants du plus grand bidonville
du pays investissent massivement les bureaux d'inscription dans cette commune
en vue de se faire enregistrer, à 24 heures de la fermeture du processus d'inscription
des électeurs.
Une dizaine de bureaux d'inscription sont installés à Cité Sioleil depuis
environ une semaine. John Joël Joseph, a indiqué que face à l'engouement de
la population à retirer la carte d'dentification nationale, la période des
inscriptions devrait se prolonger jusqu'à la fin du mois d'octobre.
Le calendrier électoral n'est toujours pas finalisé et on ne sait pas à quelle
date précise sera organisé le premier tour des présidentielles et des législatives.
Les quartiers populaires de la zone métropolitaine de Port-au-Prince notamment
Cité Soleil, Bel-Air et Grand-Ravine, n'avaient pas pu bénéficier à temps
de l'installation des bureaux et centres d'inscription, en raison du climat
d'insécurité qui y régnait. (Source :AHP 14 octobre 2005)
11 octobre 2005
Dumarsais
Siméus reprend sa course
aux élections présidentielles
Selon l'agence Haiti Press Network (HPN), le candidat à la présidence, Dumarsais
Siméus est autorisé, ce mardi, à prendre part aux élections de 2005,
suite à une décision de la cour de cassation.
L'avocat
du candidat à la présidence, Me Guerdy Lissade, a confirmé ce mardi qu’une
décision de la cour de cassation a autorisé M. Siméus à participer aux prochaines
joutes électorales.
Il a déclaré qu'il acheminera cette décision au CEP pour que son client
soit inscrit sur la liste des candidats à la présidence.
Dumarsais
Siméus a été écarté préalablement par le Conseil Electoral Provisoire de
la course présidentielle, ainsi que par le bureau du contentieux électoral,
pour une question de double nationalité.
Siméus à Pont Sondé (Artibonite)
La décision de la cour de cassation rendue en faveur de Siméus, porte à
35 le nombre de candidats à la présidence autorisés à faire campagne. (
11 octobre 2005, HPN )
Docteur Frantz Large, président de la Chambre
de Commerce, d’industrie
candidat au Sénat dans le Sud-Est
«La communauté internationale a poignardé Haïti
par une campagne médiatique
de désinformation et de dénigrement»
Dans une conférence
de presse, le docteur Frantz Large, a souhaité l’assainissement du
secteur privé haïtien. Selon le médecin, des dealers de drogue peuplent
ce milieu. « Si nous arrivons au sénat , il n’en serait plus ainsi »
a-t-il déclaré.
Docteur Large a déploré l’exclusion sociale dont est victime la masse haïtienne.
« La classe moyenne ne met, ni n’a jamais mis son bagage intellectuel, sa
vision, son savoir au service de la majorité depuis 1804 » a-t-il souligné.
« Je n’ai aucun problème à ce qu’un étranger, un syrien, un libanais
par exemple, immigrant en Haïti , affranchit sa progéniture de tout ce qui
est haïtien, en l’envoyant étudier aux Etats-Unis, mais je m’oppose, catégoriquement,
à ce que ces jeunes éduqués pour servir l’international au détriment d’Haïti,
aient le contrôle de l’économie du pays », a encore déclaré le candidat
Il est impératif que tous les citoyens qui se veulent haïtiens, acceptent
de s’identifier en tant que tels. La nation haïtienne, si elle veut avancer,
se développer, doit se réconcilier avec elle-même. Il faut que des lois
haïtiennes punissent sévèrement le racisme blanc-nègre, mulâtre-nègre, nègre-mulâtre,
a recommandé le médecin.
"La question de couleur doit être anéantie, oubliée, enterrée, pour
que chaque citoyen vivant dans ce pays, se sente chez lui, et accepte d’y
investir son savoir, son argent, son amour » a expliqué le docteur Frantz
Large.
Le président de la Chambre du Commerce, d’industrie du Sud-est a pointé
du doigt l’International qui, selon lui, a mené une campagne de désinformation
et de dénigrement sur Haïti dans les années 20-80, époque d’or pour cette
nation où la question de couleur s’est fait oublier, où ce pays avait une
paysannerie productive, objective et lucide, où Haïti avait une classe ouvrière.
L’International a tué tous les cochons créoles et a cité Haïti comme patrie
du VIH, ce qui a coûté à ce pays de passer de 800,000 touristes à quelques
centaines ! «La communauté internationale, en faisant cette campagne
médiatique, a poignardé Haïti », a conclu docteur Large.(Source
: HPN, 21 septembre 2005)
15
septembre 2005
L’ancien président René Préval
officiellement candidat à la présidence
"L'exclusion du parti lavalas, dont les manifestations
sont interdites et réprimées, les cadres et dirigeants incarcérés,
est évidente. Son candidat, le Révérend Jean Juste
est empêché de s'inscrire. C'est une violation gravissime des
droits et libertés. La force occupante, garante de ces valeurs, au
terme de son mandat, est lourdement coupable de manquements à ses
obligations.
Face à une coalition injuste et violente, les partis démocratiques
haïtiens devraient comprendre qu'ils ont aussi des devoirs et pas seulement
des appétits et des passions."(Haïti Échanges)
L’ancien
président René Préval (1996-2001) est arrivé jeudi après-midi aux
environs de
2
heures PM locales (18h00 GMT) au BED1 à Port-au-Prince, pour remplir les
formalités d’inscription comme candidat à la présidence sous la bannière
d’une Plate-forme politique dénommée Espoir réunissant des partis politiques
tels le Pati Louvri Baryè (PLB),le Comité de Relèvement de la Grand’Anse
(sigle créole KOREGA), Effort et solidarité pour construire une alternative
populaire (ESCAMP), l’Association paysanne KOZEPEP et l’organisation KONPA.
Accompagné notamment de son ancien secrétaire d’Etat à la sécurité publique,
Robert "Bob" Manuel, fraîchement revenu d’exil et de l’ex-député Joseph
Jasmin, René Préval est arrivé au premier bureau électoral départemental
de l’Ouest (BED1), au siège du Conseil Electoral Provisoire à Delmas (est
de Port-au-Prince) au milieu d’un imposant dispositif de sécurité mis en
place par des policiers nationaux et des casques bleus de l’ONU.
Plus d’une dizaine de candidats à la présidence dont Evans Paul (Alyans),
Joël Borgella (OLAH), Dumarsais Siméus (Tèt Ansanm), Reynold Georges
(ALAH), Paul Denis (OPL) avaient précédé René Préval au siège du CEP pour
s’inscrire, avant la clôture de la période de dépôt de candidature jeudi
minuit heures locales (4h00 GMT).
En fin d’après-midi, une course folle s’emparait des "présidentiables".
L’ancien colonel Himler Rébu, du GREH arrivait en trombe au BED1 en vue
de remplir les formalités d’usage.
L’ancien Premier ministre Marc Bazin (1992-1993) cherchait à se faire
enregistrer sous la bannière d’une nouvelle coalition Union pour bâtir Haïti,
résultant d’une alliance entre le Mouvement pour l’instauration de la démocratie
(MIDH) et une des factions rivales de Fanmi Lavalas (le parti d’Aristide),
représentée par l’ex-sénateur contesté Yvon Feuillé.
Les présidentielles et législatives haïtiennes sont prévues, en deux tours,
les 20 novembre et 3 janvier, alors que les élections locales sont fixées
au 11 décembre.(15 septembre 2005, Kiskeya)
4 septembre 2005
Révérend
père Jean-Juste
candidat empêché
Les
militants et cadres de Fanmi lavalas n'ont pu inscrire le père Gérard Jean-Juste,
un responsable du CEP ayant fait savoir que c'est le candidat qui doit se
présenter en personne au CEP. Or, le père Jean-Juste est incarcéré depuis
le 21 juillet pour des motifs imprécis.
Des agents de la police nationale et des soldats de la MINUSTAH ont été
également accusés ce mardi d'avoir bloqué de nombreux militants Lavalas
qui voulaient se rendre au CEP pour inscrire le prêtre emprisonné. AHP
13 septembre 2005 12:50 PM
L'ancien sénateur Lavalas Louis Gérald Gilles, a critiqué
mardi l'attitude des autorités intérimaires qui empêchent a-t-il dit, les
militants Lavalas de se présenter devant le CEP pour inscrire leur candidat
à la présidence, le père Gérard Jean Juste
Toutes les dispositions avaient été prises par des cadres Lavalas pour inscrire
le candidat, a fait savoir M. Gilles, affirmant que des dizaines de citoyens
s'étaient déjà mobilisés pour faire respecter la constitution.
Le porte-parole des militants Lavalas du Bel-air, Samba Boukman,
a accusé les autorités intérimaires de vouloir exclure les masses populaires
des élections, en tentant a-t-il dit, d'intimider les militants Lavalas
de concert avec des secteurs de la communauté internationale.
Dénonçant les exécutions sommaires et les lynchages dans les quartiers populaires,
il a fait savoir que la population restera mobilisée de façon pacifique
pour faire respecter son droit de choisir ses dirigeants et de léguer un
meilleur pays aux citoyens de demain. (AHP 13 septembre
2005)
6 septembre 2005
Révérend
père Jean-Juste candidat choisi
à la présidence
Un candidat choisi, toujours dans les geôles!
Quelle démocratie, Monsieur Valdès!
Des militants Lavalas de plusieurs quartiers
populaires de la zone métropolitaine de Port-au-Prince dont Bel-Air, Cité
Soleil, Solino, Lasaline, Grand-Ravine, ainsi que des cadres du parti ont
réaffirmé lundi leur volonté de participer aux prochaines joutes électorales.
Lors d'un rassemblement au local de la Fondation Aristide pour la Démocratie,
l'invitation a été lancée une nouvelle lfois à toute la population pour
qu'elle retire la carte d'identification
nationale. Dans une déclaration lue par l'ancien sénateur Louis Gérald Gilles,
l'organisation politique Fanmi Lavalas, a dénoncé ce qu'elle appelle l'enlèvement
de Jean Bertrand Aristide le 29 février 2004.
Elle a rappelé que les élections constituent depuis toujours la force de
Fanmi Lavalas. Les lavalassiens en ont profité pour annoncer que leur dévolu
a été jeté sur le curé de la paroisse Ste Claire de Petite place Cazeau,
le père Gérard Jean-Juste, comme candidat à la présidence.
Le père jean-Juste est incarcéré depuis près de deux mois sans aucune charge
formelle après avoir´été molesté puis arrêté à l'Eglise
Saint-Pierre de Pétion-Ville où il s'était rendu participer en tant que
prêtre à la cérémonie de funérailles du jounaliste/poète Jacque Roche.
Fanmi lavalas a également rappelé que toutes les revendications de l'organisation
sont maintenues à savoir la libération de tous les prisonniers politiques,
la fin des persécutions politiques et le retour au
pays de tous ceux qui ont été obligés de se réfugier à l'étranger.
Le porte-parole des militants Lavalas de Cité Soleil, René Monplaisir, a
annoncé, pour le 13 septembre, l'inscription du père Jean-Juste au CEP.
René Monplaisir a promis que plusieurs centaines de milliers de partisans
et sympathisants Lavalas se rassembleront ce jour-là pour prouver que l'organisation
politique fanmi lavalas reste et demeure la principale force politique du
pays.
Il a également annoncé pour les mardi 6 et mercredi 7 deux manifestations
pacifiques dans les rues de Port-au-Prince et à Petite-Place Cazeau pour
réclamer la libération du père Jean-Juste ainsi que celle de tous tous les
autres prisonniers politiques. René Monplaisir a lui aussi invité tous les
partisans de Fanmi Lavalas à retirer leur carte d'identification nationale.
(AHP 5 septembre 2005)
Autre
candidat indépendant à la présidence Dumarsais Mécène Siméus entre en
lice Un nouveau candidat indépendant à la présidence, Dumarsais Mécène Siméus,
est entré mercredi en lice au cours d’un rassemblement de plusieurs centaines
de personnes dans sa localité natale de Dessouliers, à Pont Sondé (Bas Artibonite,
Nord d’Haïti).
Dumarsais Siméus assure être en mesure de rassembler avant la date-butoir
du 10 septembre les 100.000 signatures requises pour la validation de sa
candidature comme indépendant. Il affirme aussi disposer des moyens financiers
nécessaires à la prise du pouvoir.
Dumarsais Mécène Siméus, dans la soixantaine, est un ingénieur et entrepreneur
figurant parmi les industriels noirs les plus en vue du Texas. (17 août
2005, Radio Kiskeya)
(Selon Danna Harman, de The Christian Science Monitor) Siméus serait
inéligible d'après l'interprétation actuelle de la
constitution haïtienne. L'article 135 stipule que pour être candidat
à la présidence, il faut "être Haïtien d'origine
et n'avoir jamais renoncé à la nationalité haïtienne",
et avoir résidé dans le pays cinq années consécutives
avant les élections.
Siméus, âgé de 65 ans, a acquis la nationalité
américaine et vécu aux Etats-Unis durant 44 ans. Mais il rejette
toute barrière constitutionnelle potentielle. "Je n'ai aucun
problème avec la constitution ou le scrutin. Je n'ai jamais renoncé
à ma nationalité", "j'ai eu de la chance
d'avoir d'autres domiciles et d'autres citoyennetés, mais je n'ai
jamais abandonné mes origines haïtiennes".
Le
secrétaire général du Mouvement
pour l'Instauration de la Démocratie en Haïti(MIDH), Patrick Michel,
a appelé samedi l'organisation politique Fanmi Lavalas à ne pas rester en
dehors des prochaines élections pour ne pas compromettre, a-t-il dit, son
avenir. Selon Patrick Michel, Fanmi Lavalas, en tant que force politique,
n'a rien à tirer d'une telle démarche.
Le responsable du MIDH a annoncé la participation de son parti , à un niveau
ou à un autre, au gouvernement qui sortira des prochaines élections pour
continuer de combattre l'exclusion dans le pays. En ce sens, Patrick Michel
n'a pas écarté la possibilité de faire alliance avec d'autres formations
politiques dont Fanmi Lavalas pour tenter ensemble de sortir le pays de
l'impasse. "Il faut rejeter le traditionnel pour penser pays et changer
les conditions de vie de la population", a lancé M. Michel. (AHP
8 août 2005)
Réginald
Boulos conteste le droit de Préval d'être candidat à la présidence - Le
président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti, Réginald
Boulos, s'en est pris lundi à l'ancien président René Préval suite à des rumeurs
selon lesquelles, ce dernier aurait l'intention de se porter candidat aux
élections annoncées pour cette année.
Selon Réginald Boulos, il est inacceptable que le citoyen Haïtien
René Préval pense briguer un second mandat, après tout ce qui s'est passé,
a-t-il dit, sous son gouvernement.
" Ce n'est pas sous le gouvernement d'Aristide que la "chimérisation de
la police a commencé, que l'ancien militaire Jean lamy a été tué et que l'ancien
secrétaire d'état à la sécurité publique, Robert Manuel avait quitté le pays",
s'est souvenu Boulos.
"M. Préval ne devrait pas avoir intention, car ce serait le retour à l'anarchie",
a-t-il lancé. (AHP 8 août 2005)
5
août 2005
leaders
partis politiques
Fanmi
lavalas - Dans
une note de presse envoyée à l'AHP, Fanmi Lavalas a fait savoir que seul
un gouvernement démocratique a la capacité d'organiser des élections libres,
honnêtes et démocratiques.
L'organisation politique Fanmi Lavalas se déclare en faveur des élections,
car c'est la voie constitutionnelle pour arriver au pouvoir. Mais elle se
dit pour des joutes qui soient organisées dans de bonnes conditions, avec
la garantie que le verdict du peuple Haïtien ne sera pas foulé aux
pieds.
Parallèlement,
la porte-parole du président Jean Bertrand Aristide, Dr Maryse Narcisse,
a démenti les allégations selon lesquelles certains secteurs qu'elle n'a
pas cités nommément seraient en contact avec M. Aristide dans la perspective
des prochaines élections.
(4 août 2005 AHP)
Le
MIDH prêt à s'allier à Fanmi Lavalas -
Patrick Michel - Le secrétaire général
du Mouvement pour l'Instauration de la Démocratie en Haïti (MIDH), Patrick
Michel, a annoncé lundi que le parti était déjà en pourparlers avec d'autres
formations et regroupements politiques sur des possibilités d'alliance, dans
la perspective des prochaines joutes électorales.
Patrick Michel s'est toutefois refusé à citer les partis avec lesquels le
MIDH serait en discussions pour ne pas entraver a-t-il, dit le processus.
A la question de savoir s'il existe une possibilité d'alliance entre le MIDH
et Fanmi Lavalas, M. Michel a répondu par l'affirmative, puisque selon lui,
son parti embrasse toute l'idéologie de Fanmi Lavalas, à savoir la prise en
compte des revendications de toutes les catégories sociales du pays.
Toutefois il a estimé que ce processus serait long vu a-t-il dit, qu'il faudrait
rencontrer personnellement le président Jean Bertrand Aristide, le chef légal
du parti. Le responsable du MIDH a par ailleurs appelé à l'unité pour sauver
le pays. Patrick Michel a plaidé également en faveur de la libération de tous
les prisonniers politiques et le retour au pays de tous les exilés politiques.
AHP 1er août 2005
Débats
parmi les cadres lavalassiens
autour de la participation aux élections
annoncées par le gouvernement de facto
Gerard
Jean-Juste, un candidat présidentiel
potentiel, derrière les barreaux
La belle démocratie de l'ONU!
Selon Le Jamaica Observer, July 26, 2005, L'ancien
sénateur Lavalas Louis Gerard Gilles, considéré comme
un représentant de l'aile modérée du Parti, a dit qu'il
est en pourpalers avec Aristide- le chef du parti- sur une déclaration
publique appelant à la participation aux deux tours des élections.
"Nous avons l'obligation d'aller à ces élections et de
les gagner," a déclaré Gilles au cours d'une réunion
des partis politiques organisée par le gouvernement de facto et les
Nations Unies. "Le leader de notre parti est un homme intelligent,
nous sommes convaincus de trouver un accord avec lui," soutient Gilles.
Une autre figure importante de Lavalas l'ex-député Rudy Hériveaux,
a confirmé la décision. "C'est 100 pour cent sur",
a dit Hériveaux. "Nous en ferons l'annonce officielle dans
les prochains jours." Tous les deux affirment qu'un Congrès
pourraient être convoqué bientôt pour désigner le
candidat du Parti aux présidentielles.
Jonas
Petit, un leader du Parti en exil, nie que Lavalas pourrait prendre part aux
élections. "Cela est absolument faux", a dit Petit
au téléphone depuis les Etats-Unis. "C'est contraire
à la position officielle de notre Parti." Il accuse les autres
de plier sous la pression du gouvernement de facto.
Aristide n'a pu être contacté immédiatement pour des commentaires.
Un candidat potentiel à la présidence, le Révérend
Gérard Jean-Juste, vient juste d'être emprisonné en rapport
avec la mort d'un journaliste connu, bien que les autorités n'aient
produit aucune preuve et que le prêtre catholique soutient qu'il était
à l'étranger au moment des faits.