Sommaire

DIASPORA

2010

Les Haïtiens de France dénoncent "les obstacles" au regroupement familial (AFP) 

PARIS — Les associations des Haïtiens de France ont dénoncé jeudi les "obstacles" mis par l'administration française au regroupement familial, avec notamment leurs enfants restés dans l'île ravagée par le séisme de début janvier.
"Les promesses de M. Besson (ministre de l'Immigration, ndlr) ont fait naître beaucoup d'espoir en France et en Haïti mais le parcours d'obstacles n'a pas cessé", a affirmé Romel Louis-Jacques, de la Plateforme d'associations franco-haïtiennes (PAFHA, 50 membres), lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale.
Eric Besson avait annoncé en janvier, juste après la catastrophe, un "allègement" des conditions de regroupement familial, des "facilités" de délivrance de visas pour visites familiales ou, à titre humanitaire, une "accélération" du traitements des dossiers, entre autres.
Le ministère, dans un communiqué diffusé quelques heures avant la tenue de cette conférence de presse, fait état de la réception de 1.646 dossiers de regroupement familial entre le 12 janvier et le 28 février, période qu'il qualifie de "phase d'urgence". Selon lui au 1er juin, 423 visas ont été attribués au seul titre du regroupement familial.
Mme Justina, Haïtienne titulaire d'une carte de résident, qui travaille et dispose d'un appartement de 70 m2, attendait depuis 2005 la venue de ses deux filles, après avoir reçu l'accord préfectoral. Mais toutes ses demandes de visas ont été rejetées depuis cette date. En janvier, sa cadette, Ronilde, est morte dans le séisme.
Quant à son aînée, Angie, elle ne peut toujours pas venir en France parce qu'elle est devenue majeure, malgré les démarches de sa mère entreprises depuis la catastrophe. "J'ai juste demandé que mon enfant soit à côté de moi, maintenant", a lâché Mme Justina.
"Normalement, elle devrait pouvoir venir parce qu'elle était mineure quand sa mère avait déposé la demande", a souligné Me Judith Duperoy-Paour, avocate et membre de la PAFHA.
Jean-Luc Soublin est Français et le tuteur légal du fils de sa compagne haïtienne, décédée en 2007. Le jeune de 15 ans est à Port-au-Prince. "Il est tout seul, je n'arrive plus à joindre les voisins qui s'en occupaient. Il gratte les décombres pour se nourrir", a-t-il raconté.
Depuis le séisme, M. Soublin essaie de faire venir son beau-fils. "Le visa est refusé, on ne sait pas pourquoi. Et contrairement à ce qui est annoncé, on nous demande toujours de produire les originaux, mais ils sont sous les décombres!", a-t-il fait valoir.
Par ailleurs, M. Romel (PAFHA) a indiqué que "les rendez-vous à l'ambassade de France à Port-au-Prince s'obtenaient via une banque haïtienne --la Sogebank-- qui prend des frais et ne délivre pas de reçu pour cet argent".
Selon des témoignages, chaque prise de rendez-vous serait monnayée "4 euros", "des frais qui s'ajoutent au prix du visa", a insisté M. Romel, qui déplore une "politique du double langage".


3 septembre 2009

Des organisations haïtiennes mobilisées pour le respect des droits
des migrants en provenance d’Haiti

(jeudi 27 août 2009)

Sources: Le GARR : http://www.garr-haiti.org/spip.php?article518


Plusieurs organisations de la société civile haïtienne dont le GARR de concert avec des associations franco-haïtiennes comme le Collectif Haïti de France dénoncent la conclusion prochaine d’un accord de rapatriement vers Haïti de sans-papiers vivant en territoire français. « Ces accords de gestion concertée des flux migratoires et au co-développement s’inscrivent dans la droite ligne de la politique française d’immigration choisie », ont-elles rappelé dans une déclaration conjointe.


Ces accords sont particulièrement inéquitables, car ils prétendent distribuer de faibles montants d’aide au « co-développement » et seulement quelques visas aux jeunes diplômés en échange du durcissement des politiques migratoires, déplorent les organisations.

L’ambassade de France, ajoutent-t-elles, insiste beaucoup sur l’aide au développement que ce pays apporte à Haïti, mais oublie de souligner que la contrepartie de cette aide est la lutte contre l’immigration irrégulière et la signature imminente de cet accord dit de réadmission.

Les statistiques de 2007 ont montré que la France a reconduit à la frontière plus de 50 000 migrants dont la moitié à partir des départements et territoires d’outre-mer. On estime à 21 000 au moins, le nombre d’Haïtiens en situation irrégulière dans les Départements français d’Amérique, notamment en Guyane, Guadeloupe, Martinique et à Saint Martin.

En 2007, 67% des personnes expulsées de la Guadeloupe, étaient de nationalité haïtienne, selon le collectif d’organisations franco-haïtiennes qui s’alarment encore aujourd’hui avec l’éventualité de la signature de ce prochain accord « des conséquences au niveau des droits humains en relation avec ces expulsions de migrants à partir des départements et territoires français d’outre mer ».

Elles demandent au gouvernement haïtien « de rendre publiques les négociations relatives à cet accord qui, sous prétexte de co-développement, va précariser la vie de nombreuses familles haïtiennes et françaises d’origine haïtienne. »


Intégralité de cette déclaration : Les accords de réadmission Franco-Haïtiens : Les droits umains des migrants haïtiens en France sont en péril

Des représentants du « Collectif Haïti de France » sont venus en Haïti pour sensibiliser les organisations de la société civile haïtienne sur les négociations qu’ont engagées la France et l’Etat d’Haïti ; elles visent la conclusion d’un accord de rapatriement vers Haïti des migrants haïtiens en situation irrégulière en France. Cet accord est inscrit dans le document cadre de partenariat France-Haïti 2008-2012 (chapitre « Immigration et co-développement [1] »).

Avec le soutien des associations franco-haïtiennes comme le Collectif Haïti de France, la Plate-forme des Associations Franco-haïtienne (PAFHA), ainsi que du collectif Migrants outre-mer (MOM, un collectif de 13 associations qui s’implique dans la défense des droits des migrants en Outre-mer, http://www.migrantsoutremer.org/), les organisations haïtiennes de la société civile s’engagent à sensibiliser les pouvoirs publics haïtiens aux enjeux d’un tel accord que le gouvernement français veut conclure en 2009 avec la République d’Haïti.

L’ambassade de France parle beaucoup de l’aide au développement que son pays apporte à Haïti, mais sans dire que la contrepartie de cette aide est la lutte contre l’immigration irrégulière et la signature d’un accord de gestion concertée des flux migratoires (dit « réadmission »).

Les accords de gestion concertée des flux migratoires et au co-développement s’inscrivent dans la droite ligne de la politique française d’immigration choisie et correspondent aux priorités du pacte européen sur l’immigration et l’asile. La France a déjà signé ce type d’accord avec plusieurs pays africains et négocie actuellement avec Haïti, le Cameroun, les Philippines et le Mali [2].

Les accords de gestion « concertée » des flux migratoires comprennent 3 volets :

 - le premier sur les possibilités de « migration légale » (délivrance de visas : ainsi, les Saint-Luciens et les Dominiquais sont exemptés de visa pour un séjour touristique de 15 jours maximum par an dans les départements français d’Amérique), l’octroi de titres de séjour temporaires principalement pour des motifs professionnels, dont la carte « compétences et talents », avec un quota de cartes par an ;
 - le 2ème sur la lutte contre l’immigration irrégulière, avec des clauses par lesquelles les Etats s’engagent à réadmettre leurs propres ressortissants en situation irrégulière voire, pour certains (Congo, Bénin), prévoit d’interdire un permis de séjour sur le territoire d’un pays européen des ressortissants de pays tiers ayant simplement transité par leur territoire ;
 - Le 3ème volet concerne le co-développement, dont les montants investis dans des microprojets sont largement inférieurs aux transferts envoyés par les migrants à leurs familles.

Nous soulignons que ces accords sont particulièrement inéquitables, car ils prétendent distribuer de faibles montants d’aide au « co-développement » et seulement quelques visas aux jeunes diplômés en échange du durcissement des politiques migratoires.

Les statistiques de 2007 ont montré que la France a reconduit à la frontière plus de 50 000 migrants. La moitié de ces expulsions a eu lieu à partir des départements et territoires d’outre-mer. Or, les Haïtiens résidant en France sont principalement établis en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin. Sur un million d’habitants des départements français d’Amérique (DFA), 38% des étrangers en situation régulière sont Haïtiens et les sans-papiers sont évalués à 57 000 personnes. A défaut de chiffres exacts, on peut évaluer à 21 000 au moins les Haïtiens en situation irrégulière dans les Départements Français d’Amérique. Toujours en 2007, 67% des individus expulsés de la Guadeloupe étaient de nationalité haïtienne [3].

Les organisations signataires de la présente déclaration se sont particulièrement inquiétées des conséquences au niveau des droits humains en relation de ses expulsions des migrants à partir les départements et territoires d’outre mer de la France. L’examen de la France par le Comité de droits de l’homme a confirmé que l’absence de recours suspensif d’exécution contre des mesures de reconduite à la frontière à partir de la Guyane française ou de la Guadeloupe violait les articles 7 et 13 du pacte international relatif aux droits civils et politiques [4]. Ainsi les clauses de réadmission constituent un élément clef de ces accords qui forcent les États signataires à accepter le retour sur leur territoire de leurs ressortissants dès lors que la nationalité des personnes concernées est établie [5]. Elles renforceraient les moyens d’enfreindre l’article 7 du pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par la France et Haïti.

Ensuite, une augmentation des expulsions signifierait aussi une multiplication des locaux de rétention administrative où les conditions de séjour sont assez inquiétantes. Le droit de toute personne à jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible est ainsi gravement mis en péril ainsi que la protection contre la détention prolongée des migrants, qui sont souvent des mineurs.

La signature d’un tel accord de réadmission porterait encore une fois atteinte à la souveraineté de la République d’Haïti car les consulats haïtiens ne seraient plus sollicités pour un laissez-passer avant l’expulsion d’un individu quelconque (Haïtien ou pas) sur le territoire d’Haïti.

Nous demandons au gouvernement d’Haïti de rendre publiques les négociations relatives à cet accord qui, sous prétexte de co-développement, va précariser la vie de nombreuses familles haïtiennes et françaises d’origines haïtiennes. Les organisations signataires de cette déclaration vont se mobiliser pour empêcher la signature d’un tel accord. Car le droit au développement est un droit, et en tant que tel, il ne peut être soumis à des conditions occasionnant des violations des Droits fondamentaux de la Personne.

Suivent les signatures suivantes :

1. Groupe d’Appui aux Rapatriés et Refugiées (GARR)
Colette LESPINASSE, Coordonnatrice du Bureau Exécutif

2. Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH)
Antonal MORTIME, Secrétaire Exécutif

3. Haïti Solidarité Internationale (HSI)
Jean LHERISSON, Coordonnateur Général

4. Solidarité Fanm Ayisyèn (SOFA)
Carole Pierre-Paul JACOB, Secrétaire Exécutive

5. Commission Nationale Episcopale Justice et Paix
Jocelyne COLAS, Secrétaire Exécutive

6. Antèn Ouvriyè
Sanon RENEL, Membre du Comité de Coordination

7. Association Nationale des Agro-professionnels Haïtiens (ANDAH)
Stephen William PHELPS, Responsable à l’organisation

8. Plate-forme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA)
Camille CHALMERS, Directeur Exécutif

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[1] Disponible sur : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/haiti_513/francehaiti_1218/cooperation-culturelle-scientifique-technique_4657/document-cadre-partenariat-francehaiti-dcp-2008-2012_59439.html

[2] Voir le communiqué interassociatif : Une gestion « concertée » de flux migratoires au détriment des droits des migrants, 18 mai 2009, http://www.migreurop.org/article1446.html

[3] Tous ces chiffres, exceptée l’estimation des Haïtiens sans-papiers, sont issus du rapport au Parlement du Secrétariat général du comité interministériel de contrôle de l’immigration, décembre 2008, http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/094000036/0000.pdf

[4] Sur l’absence de recours effectif contre les mesures de reconduite à la frontière en Outre-mer et des commentaires : http://www.migrantsoutremer.org/ecrire/ ?exec=articles&id_article=164 Sur la violation du pacte : http://www.migrantsoutremer.org/ecrire/ ?exec=articles&id_article=185 Observations finales de comité de droits de l’homme, 31 juillet 2008, http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/G08/433/57/PDF/G0843357.pdf ?OpenElement ou http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrc/hrcs93.htm (qui marche mieux)

[5] Voir référence 2.

--
 
Emeline Sauvignet, coordinatrice
Collectif Haïti de France
21 ter rue Voltaire - 75011 Paris
Tel : +00 33 (0)1 43 48 31 78
contact@collectif-haiti.fr - www.collectif-haiti.fr
 



28 juillet 2009


MESSAGE DE SOLIDARITE DU CENTRE ANACAONA

EN HOMMAGE À RENE BENJAMIN

(décédé à Paris, le 13 juillet 2009)


Le Centre Anacaona des Droits Humains et des Libertés des Haïtiens s’associe pleinement à l’hommage rendu ce soir à René BENJAMIN qui, durant plus de 38 années, a dirigé et développé, avec ses collaborateurs, l’action de l’association « Haïti Développement », en faveur de la communauté haïtienne de France et pour le progrès du pays.


La communauté haïtienne perd un grand ami, d’un dévouement hors pair, d’une exceptionnelle capacité d’i

nitiatives et savoir-faire, couvrant les domaines les plus  divers : aide administrative aux migrants et aux malades du sida, éducation et aide à la formation de techniciens haïtiens, culture et mémoire historiques haïtiennes, actions solidaires entre générations différentes.

Elle perd aussi un expert, une « autorité haïtienne », dans les relations avec les institutions françaises, en faveur des Haïtiens.

Notre association adresse aux parents et alliés de René BENJAMIN l’expression de ses condoléances les plus sincères et de ses sentiments cordiaux en cette circonstance douloureuse.

Que l’association « Haïti Développement » trouve ici l’expression de notre vive sympathie ainsi que celle de notre solidarité dans cette épreuve.


René BENJAMIN laisse aux Haïtiens de France un lourd héritage, pour mieux dire, un défi à relever tous ensemble : celui de continuer et de développer l’œuvre entreprise, dans les temps difficiles qui sont ceux d’aujourd’hui !

C’est sans doute le plus bel hommage que nous puissions rendre à son travail opiniâtre, pour que sa mémoire demeure toujours vivante parmi nous.

Pour le Centre Anacaona,

Jean-Pierre Giordani

Président

Paris, le 19 juillet 2009



25 juin 2009


 Appel contre les mauvais traitements
des immigrés haïtiens en Guadeloupe




Association Coordination Haïtienne TET KOLE
Chemin communal 11
Caranguaise
97130 Capesterre Belle Eau
Tel : 0690.568196

A :
    Monsieur Nicolas SARKOZY
    Président de la République française
    Palais de l’Elysée
    75007 Paris, France

    Le 24 juin 2009






Monsieur le Président,



    Nous sommes informés que vous viendrez en Guadeloupe cette semaine. Par la présente, l’Association Coordination haïtienne TET KOLE dont les sections résident dans différentes communes de la Guadeloupe, nous attirons votre attention sur les mauvais traitements que subissent les immigrés en Guadeloupe, notamment les Haïtiens, et cela au détriment des principes établis par la Loi française.

    Tout d’abord, le Service de l’état civil et de l’immigration de la préfecture qui est chargé d’accueillir les étrangers est le premier visé. Les humiliations envers les Haïtiens y sont monnaie courante. Ainsi, à la Sous-préfecture de Pointe-à-Pitre, les étrangers sont traités sans aucun respect. Pour obtenir un rendez-vous ou une liste de pièces à fournir pour leur demande de régularisation, ils doivent faire la queue dès la veille au soir pour avoir le matin un ticket permettant à quelques uns d’entre eux d’accéder aux bureaux de la Sous-préfecture. Certains passent plusieurs nuits à camper devant le bâtiment sans avoir la chance d’obtenir un rendez-vous.

    Il arrive très souvent que des immigrés en situation régulière passent des mois d’attente sans pouvoir obtenir un rendez-vous afin de renouveler leur titre de séjour. Ils se retrouvent alors en situation irrégulière et donc exposés comme tels à une décision de reconduite à la frontière.

    Ensuite, selon les témoignages qui nous parviennent, la discrimination des immigrés se pratique aussi dans d’autres services administratifs. En effet, certaines municipalités de la Guadeloupe exigent un titre de séjour aux parents étrangers pour inscrire leurs enfants à l’école. Comme certains parents se retrouvent sans titre de séjour, parfois par la faute de l’administration, leurs enfants, nés en Guadeloupe, n’ont donc pas accès à l’école. Or, ces pratiques sont contraires aux principes de la République française et aux textes internationaux encadrant le respect des droits de l’enfant.

    Par ailleurs, pour appliquer la politique du quota des immigrés reconduits à la frontière, les agents de la PAF font la chasse aux étrangers en situation irrégulière. Malgré l’interdiction de la loi française, ces agents ont l’habitude de pénétrer dans les maisons des immigrés entre 3 heures et 5 heures du matin, à la recherche des « sans papier ».

    A cela s’ajoutent les lois d’exception, en vigueur en Guadeloupe depuis 2006. Appliquant ces lois, les policiers ont l’habitude d’arrêter des immigrés « sans papier » et de les reconduire immédiatement à la frontière sans leur laisser le temps de faire un recours légal ou de prendre leurs bagages avant de retourner dans leur pays d’origine.

    Monsieur le Président, ces exemples cités parmi tant d’autres recensés vous indiquent les abus de pouvoir que certains fonctionnaires exercent au nom de l’application de la loi. Nous vous demandons d’intervenir auprès des responsables administratifs de la Guadeloupe pour faire appliquer la loi dans le respect de la dignité humaine et selon les principes des droits internationaux signés par la France.

    Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre profond respect.

    Pour la Coordination de TET KOLE



Joinil LEONARD                                                                                  Auguste JOINT
Président de TET KOLE                                                                        Animateur de TET KOLE


Co-signataires :


Georgette DIBADI-THEZENAS                Dr Mathieu BELOT
Déléguée du Secours Catholique                Président de la Fédération des                                 Associations franco-haïtienne




Cc :     Monsieur Brice HORTEFEUX, Ministre de l’Intérieur
           Monsieur DESFORGES, Préfet de la Guadeloupe
 A la presse locale et nation

28 février 2009

 Réforme constitutionnelle dominicaine contre 
 des centaines de milliers de descendants d’Haïtiens


Le président dominicain, Leonel Fernández, a créé une commission présidentielle chargée de faire une proposition de réforme constitutionnelle. La proposition a été soumise en septembre 2008 au Congrès dominicain. Le 11 février 2009, la Chambre des Députés,  approuve  un projet de loi déclarant la réforme nécessaire, malgré les critiques formulées par différents secteurs de la société dominicaine contre cette proposition !.

Définition de la nationalité dominicaine


Le projet présidentiel de réforme constitutionnelle a soulevé beaucoup de débats dont l’un relatif à une nouvelle définition de la nationalité dominicaine.
L’article 16 de ce projet se référant à la nationalité dominicaine stipule dans son alinéa b : « Sont dominicaines et dominicains ceux qui sont nés sur le territoire national, à l’exception de ceux qui sont fils d’étrangers membres de légations diplomatiques et consulaires ou d’étrangers qui se trouvent en transit ou qui résident illégalement sur le territoire dominicain. La dernière partie de l’alinéa b vise explicitement les « fils de migrants qui résident illégalement sur le territoire dominicain », dont la majorité (des centaines de milliers) est constituée de descendants de migrants haïtiens maintenus injustement en situation irrégulière, depuis les premières années du vingtième siècle..
L’alinéa d du même article est aussi explicite : « Sont dominicains et dominicaines ceux qui sont nés sur le territoire national de pères étrangers si la législation de leur pays d’origine ne leur attribue aucune nationalité ».
C’est une référence claire à la Constitution haïtienne de 1987 qui, dans son article 11, stipule que « possède la nationalité haïtienne d’origine, tout individu né d’un père haïtien ou d’une mère haïtienne qui eux-mêmes sont nés Haïtiens et n’avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance ». Dans ce cas, les descendants d’Haïtiens sont nés haïtiens, suivant la constitution haïtienne en vigueur ; donc, ils n’ont pas droit à la nationalité dominicaine. Car leur constitution leur interdit d’acquérir une autre nationalité. Il s’agit clairement de s’appuyer sur la constitution haïtienne pour violer les droits fondamentaux des migrants haïtiens.
Pourtant, le président Leonel Fernandez Reyna a grandi à New York où sa mère était couturière et où il a fait sa scolarité. Juriste de formation, il a pressé ses compatriotes vivant aux EU de ne pas hésiter à demander la nationalité américaine afin de conserver leurs prestations sociales. Depuis 1994, les Dominicains peuvent conserver la double nationalité. "Si vous, jeune mère, vous, homme âgé, vous, étudiant ressentez le besoin d'adopter la nationalité américaine afin de faire face aux difficultés liées à la fin du Welfare, que cela ne vous tourmente pas ! Faites-le l'âme en paix, car vous continuerez à être Dominicains et, en tant que tels, vous serez les bienvenus quand vous foulerez le sol de notre République ». 

Des réactions favorables à la proposition

L’une des premières voix qui avait réalisé en République Dominicaine un plaidoyer pour la substitution du droit du sang au droit du sol, c’est l’ex président de la Junte Centrale Électorale (JCE) qui, dans son livre « La nacionalidad : su interpretación y su aplicación en la República Dominicana » mis en circulation le 21 février 2007, a expliqué que « nous sommes partisans de donner la primauté au système du droit du sang si nous cherchons à consolider le lien juridique des dominicains avec notre pays ».
Au cours du débat sur la proposition de réforme constitutionnelle, d’autres personnalités politiques ont élevé la voix pour appuyer l’élimination du droit du sol dans la nouvelle constitution dominicaine.
 Le président du Sénat, Reinaldo Pared Pérez, a toujours répondu aux critiques qui font croire que la nouvelle Constitution est une initiative présidentielle dirigée contre les immigrants haïtiens. Selon le sénateur dominicain qui a rejeté cette interprétation, la nouvelle Constitution proposerait une définition plus claire de la nationalité dominicaine, à la différence de l’actuelle constitution qui laisse ce point mal défini entre le droit du sol et le droit du sang.
« Je crois que ce projet de constitution est plus précis, plus fini et je crois qu’il manquait un concept plus défini de ce qu’un Dominicain ou une Dominicaine doit être », a précisé le sénateur dominicain dans une de ses interventions.

Des réactions contre

Des organisations de défense de droits humains en République Dominicaine, telles que le Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants (SJRM) et le Mouvement des Femmes Dominico-Haïtiennes (MUDHA), qualifient de « génocide civil » les initiatives prises par les autorités de leur pays pour dénationaliser les descendants d’Haïtiens et ainsi leur enlever tous leurs droits, principalement leur droit à vivre avec dignité en tant que personnes humaines.
Non content d’enlever aux descendants d’Haïtiens le droit à la nationalité, ce projet limite les autres droits de cette catégorie sociale, poursuivent ces organismes de défense des droits humains.
Par exemple, l’article 52 stipule que « Les Dominicains et étrangers résidents légaux dans le pays ont droit à une éducation intégrale, de qualité, permanente, en égalité de conditions et d’opportunités, sans plus de limitations que celles dérivées de leurs aptitudes, vocation et aspirations ». Et les descendants d’Haïtiens auxquels ce projet de constitution nie la nationalité ? Idem pour les autres droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels.
Pour sa part, Rosario Espinal dénonce, dans un article publié par le quotidien Dominicain Hoy, le fait que « le projet de réforme constitutionnelle soumis au Congrès élève à la catégorie de norme constitutionnelle l’illégalité existante, en ignorant les droits des enfants d’immigrants sans papiers ».
La professeure augure que « la nouvelle constitution, en réduisant le droit du sol de cette manière, va créer un apartheid dominicain, avec un grand nombre de descendants d’Haïtiens qui vivront en République Dominicaine sans jamais pouvoir jouir des droits liés à la citoyenneté ». D’autres intellectuels dominicains considèrent que la question de la nationalité est très complexe et ne saurait être résolue par une simple réforme constitutionnelle.

Pour le sociologue Wilfrido Lozano, c’est « un problème complexe d’ordre social, économique et politique plus ample, produit aussi bien par les inégalités de développement entre les deux pays que par la précarité de l’état de droit dans notre pays et par la gestion illégale de l’immigration de la part des entrepreneurs et des buscones de tout type, même des acteurs étatiques, comme c’est le cas de militaires et bureaucrates civils ».
« Pour résoudre cette difficile affaire, il faut renforcer les institutions, veiller à l’application de la loi et à la mise en place d’un meilleur modèle de développement dans les deux pays », a préconisé l’intellectuel dominicain.


DIASPORA

fe2005-ja2008


 

2 janvier 2008

 

Un dirigeant politique dominicain
justifie le massacre des Haïtiens de 1937

Le secrétaire Général du Parti Réformiste Social Chrétien (PRSC) dominicain, Victor Gomez Cassanavos, a affirmé jeudi 27 décembre 2007 que le massacre des Haïtiens perpétré en Republique Domiincaine sous le régime dictatorial de Rafael Leonidas Trujillo en 1937 a empêché la disparition de son pays avec la présence massive des Haïtiens dans son pays.
M. Cassanavos qui est l´un des animateurs du programme de radio le plus populaire dans son pays « Le gouvernement du matin » a réagi ainsi en abordant le dossier de la formation d´un mouvement politique dominico-haitien lancé le 26 décembre par M.Jean Batista Latorti. "La dominicanité est en danger avec la présence massive des Haitiens " "Ils doivent être rapatriés dans leur pays d´origine" a lancé le haut cadre du parti de feu Joaquim Balaguer, ajoutant que « sans le massacre de 1937, le pays aurait déja disparu".

Le lancement du mouvement politique dominico-haitien dans le contexte électoral actuel, domine l´actualité dominicaine. Le Président de la Junte Centrale Electorale (JCE) Julio Cesar Castanos Guzman, l´un des avocats de l´Etat dominicain, a souligné qu´il n´existe aucune mesure légale contre la participation des dominicains d´origine haitienne dans la vie politique dominicaine. Pour sa part, La Force Nationale Progressiste (FNP), extrême droite et alliée traditionnelle du parti officiel de la Libération Dominicaine (PLD), a menacé de rompre l´accord électoral pour la réélection du Président Leonel Fernandez le 16 Mai 2008, si le pouvoir ne se prononce pas contre ce mouvement politique.

Un ancien consul général haïtien en république dominicaine Edwin Paraison qui a participé par téléphone au programme, a fait savoir que les dominicains d´origine haitienne sont une réalite qui constitue pour la société dominicaine une épreuve à l´esprit de tolérance, l´état de droit et à la démocratie. Tout en soulignant que selon les initiateurs de ce projet, "il s´agit d´un mouvement politique et non d´un parti politique", M. Paraison a insisté sur le fait que les descendants d'Haitiens représentent 5% de l´électorat dominicain. Ils se retrouvent en outre même dans les forces armées et la police dominicaines. a t- il affirmé, ajoutant, cependant qu'aucun dirigeant politique dominico-haitien n'avait jusqu´à présent assumé publiquement son origine et recherché ouvertement l´appui de ses compatriotes. Dans un sondage réálisé à l'issue du programme, 56% ont reconnu que le peuple dominicain est raciste, alors que 33% ont affirmé le contraire. (AHP 30 décembre 2007)


8 septembre 2007

QUAND LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
COMMÉMORE JACQUES ROUMAIN

Le centenaire de Jacques Roumain à Santo Domingo

René Préval a rencontré le président Leonel Fernàndez le 12 juillet 2007. René Préval est arrivé à la tête d'une forte délégation. Il avait à ses côtés le ministre de la culture Daniel Elie, l'ambassadeur d'Haïti à Santo Domingo, Fritz Cinéas, la directrice de la bibliothèque nationale, Françoise Beaulieu Thybulle et le professeur franco-américain Léon François Hoffman, spécialiste de la culture et de la littérature haïtiennes. La délégation comprenait aussi l'ex-Sénateur Wesner Emmanuel, l'avocat et leader politique Osner Févry, le doyen de l'unité de l'Université Notre-Dame d'Haïti au Cap-Haïtien, Cary Hector, l'intellectuel Max Manigat, l'éditeur et écrivain Dieudonné Fardin, également représentant en Haïti de la Fondation Globale pour la démocratie et le développement (FUNGLODE) du Président Leonel Fernàndez, le responsable de l'Académie diplomatique et consulaire d'Haïti, Myrtho Bonhomme et le numéro deux de l'Alyans Demokratik, Claude Roumain.

Le dirigeant dominicain réunissait autour de lui le chancelier Carlos Morales Troncoso, le ministre de la culture, José Rafael Lantigua, l'ambassadeur dominicain en Haïti, José Serulle Ramia, le Président du Sénat Reynaldo Pared Pérez et celui de la Chambre des Députés, Julio César Valentìn. -
Leonel Fernàndez a souligné que l'agenda de cette visite était dominé essentiellement par la célébration du centenaire de l'illustre homme de lettres haïtien Jacques Roumain (1907-1944). "La culture va nous unir", a laissé entendre le chef de l'Etat voisin. Le quotidien dominicain El Nuevo Diario précise que Leonel Fernàndez a établi un parallèle entre "Les gouverneurs de la rosée" et un roman de l'ancien Président dominicain Juan Bosch titré "La mañosa", en insistant sur la communauté thématique et idéologique.
Le ministre haïtien de la culture, Daniel Elie, a affirmé en présence des deux chefs d'Etat que cette commémoration représentait une "réparation historique de l'Etat dominicain envers le poète haïtien". Il a notamment rappelé que Roumain fut emprisonné à Paris en 1937 à la suite d'une plainte de l'ancien dictateur dominicain Rafael Leonidas Trujillo (1930-1961) contre l'écrivain qui dénonçait l'horreur du massacre des haïtiens -entre 20.000 et 50.000- ordonné par le maître de Santo Domingo. Selon un extrait de la biographie de J. Roumain réalisé par L F Hoffmann et mis en ligne sur le site Ile en Ile (www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/) :
" En novembre 1937, à la demande du Quai d'Orsay, sur plainte de la légation de la République dominicaine, Jacques Roumain et Pierre Saint-Dizier, gérant de la revue Regards, sont arrêtés et inculpés d'outrages à un chef d'État étranger. Était mis en cause l'article de Roumain 'La Tragédie haïtienne', paru dans le numéro du 18 novembre 1937 de la revue , qui accuse de génocide le dictateur dominicain et de complicité le président haïtien Sténio Vincent. L'audience a lieu le 5 décembre 1937 devant la 12e Chambre correctionnelle. Les écrivains Romain Rolland, Jean Cassou et Charles Vildrac et de nombreuses autres personnalités protestèrent contre les poursuites. Le 13 décembre, après plusieurs ajournements, Jacques Roumain et Pierre Saint-Dizier sont jugés et condamnés à quinze jours de prison avec sursis et 300 francs d'amende. Raphaël Léonidas Trujillo, quant à lui, obtient un franc symbolique de dommages intérêt. "
Voilà un rappel qui méritait d'être fait.
Salut et fraternité à Daniel Elie !


3 mars 2007

L’ambassadeur dominicain José Serulle Ramilla
parle d'Haïti à l'occasion de l'anniversaire
de l'indépendance dominicaine

L’ambassadeur dominicain dit souhaiter un rapprochement entre son pays et Haïti L’ambassadeur dominicain à Port-au-Prince, José Serulle Ramilla, indique qu’environ 12 a 15 000 dominicains résident en Haïti. L'ambassadeur avait organisé une cérémonie pour marquer le 163 eme anniversaire de l’indépendance de la République Dominicaine. Il affirme a vocation de la République Dominicaine à devenir une puissance touristique, écotouristique et économique.

Il précise que l’indépendance haïtienne avait insufflé l’esprit de liberté en République Dominicaine. L’ambassadeur Ramilla explique que les révolutionnaires dominicains s’étaient insurgés contre le pouvoir du président Jean Pierre Boyer et non contre le peuple haïtien. Interrogé sur les velléités de revanche perceptibles, José Serulle Ramilla qualifie de non fondées les rumeurs sur une invasion dominicaine en Haïti. " Ceux qui ne veulent pas la paix entre les deux peuples qu’ils partent de l’île", a souligné le diplomate dominicain, précisant qu’un petit groupe de conservateurs veulent créer des conflits entre les deux états.

L’ambassadeur Ramilla estime à 1 million de personnes, la communauté haïtienne en république dominicaine, expliquant que seulement 7 % d’entre elle vivent dans des bateys. " Maintenant on retrouve les travailleurs haïtiens dans des secteurs divers tels la construction, l’agriculture et l’hôtellerie", soutient le diplomate. Il estime qu’il y a environ 12 000 étudiants haïtiens en République Dominicaine, tout en souhaitant qu’ils reviennent se mettre au service de leur pays après avoir bouclé leurs cycles d’études.

Tout en estimant que l’immigration haïtienne est globalement positive, le diplomate dominicain rappelle que les travailleurs haïtiens réalisent des transferts d’argent vers Haïti de l’ordre de 4 à 600 millions de dollars par an. Répondant aux critiques sur les rapatriements massifs par le gouvernement dominicain, le diplomate rappelle que l’état est obligé de rapatrier les immigrants illégaux, et invite le gouvernement haïtien à adopter des dispositions pour protéger la frontière. " Les refoulements constituent une réaction des autorités face à l’entrée massive des illégaux haïtiens", ajoute t-il.


28 novembbre 2006

Rapatriements massifs d'haitiens
suite à l'assassinat d'une fillette

Les autorités dominicaines ont rapatrié ces derniers jours des dizaines d'Haitiens de la localité dominicaine de Constanza suite à l'asassinat d'une petite fille de 11 ans. La petite Mariel Ramírez a été sauvagement assassiné le 21 novembre après avoir été violée, selon des allégations, par un travailleur agricole haïtien. Aussitôt après ce meurtre, une vague de persécutions a été lancée en divers points de la région contre les travailleurs haïtiens.
Le lynchage collectif est une violation du droit international!

La victime qui vivait avec ses parents à Castillo del Convento à quelques kilomètres de la municipalité de Constanza était sortie le jour précédant le drame pour chercher du bois de feu, mais n'est jamais revenue, s'est lamenté son père qui l'a retrouvée pendue à un arbre. La rumeur qui veut que le coupable soit un haïtien a servi d'alerte à la population en vue de la formation de bandes armées de machettes, de bâtons et de pierres pour s'attaquer à tout ce qui correspond au profil haitien.

De nombreux travailleurs retrouvés dans les rues ont été attaqués à coups de machettes pendant que d'autres tentaient de fuir dans les champs. Plusieurs trravailleurs grièvement blessés à l'arme blanche ont été conduits à l'hôpital régional, Luis Moillo King de la Vega, selon des informations en provenance de la région. A travers les émissions de radio Constanza et de Télé Montana, des journalistes ont appelé au calme, pendant qu'ils réclamaient l'intervention des autorités pour que ce soit la justice qui détermine les responsabilités dans l'assassinat de Mariel Ramírez.

L'agence en ligne Espacinsular rapporte que la Direction locale de la Migration aidée par la police a lancé une vaste opération de rapatriements, Quelque 120 travailleurs haïtiens ont ainsi été arrêtés et rapatriés, sans qu'ils aient eu le temps de prendre leurs effets personnels ou de prévenir leurs parents. (AHP 29 novembre 200


2 avril 2006

Environ 10 000 Haïtiens déportés
de la République Dominicaine
depuis le début de l’année

 

Les autorités dominicaines ont déporté 9.681 sans-papiers haïtiens au cours des trois premiers mois de l’année 2006 après les avoir arrêtés dans le nord et le nord-est de la République Dominicaine, ont indiqué samedi à Santo Domingo des sources officielles à l’agence EFE.

Des responsables des services d’immigration ayant requis l’anonymat affirment que 4.781 compatriotes ont été appréhendés à Santiago (nord) et expulsés du territoire dominicain alors que dans la même région, 1.200 autres ont été arrêtés dans les provinces de La Vega, d’Espaillat et de Puerto Plata avant d’être rapatriés de force.

Les autres candidats à l’émigration ont été arrêtés par des soldats dominicains soit en tentant de traverser la frontière terrestre qui sépare les deux pays ou dans des autobus et des camions pendant que des passeurs les transportaient vers Santiago ou d’autres localités du Cibao Central (nord). Fin mars, 720 sans-papiers avaient été refoulés à la frontière.

La commission des droits humains et l’organisation Solidarité Frontalière ont sévèrement critiqué les rafles réalisées par les autorités dominicaines dans le nord du pays, particulièrement à Santiago . Selon le défenseur des droits humains Elìas Domìnguez, les déportations violent la libre circulation des personnes et sont discriminatoires parce qu’elles ne visent qu’une catégorie d’immigrants. Il stigmatise la politique de harcèlement pratiquée contre les haïtiens alors que des ressortissants d’autres pays ne sont pas inquiétés.

A Port-au-Prince, le Groupe d’Appui aux Réfugiés et Rapatriés (GARR) a également dénoncé samedi le caractère "discriminatoire et arbitraire" des rapatriements. Le GARR réaffirme sa détermination à continuer son plaidoyer en faveur de "rapports équilibrés et d’une cohabitation harmonieuse entre les deux peuples", soutient un animateur social de l’organisation, Antonal Mortimé. (Source : Radio Kiskeya, 1er avril 2006)


21 mars 2006

Amnesty International dénonce
un climat de xénophobie antihaïtienne
en République Dominicaine

 

La secrétaire générale d’Amnesty International, Irene Zubaida Khan, dans une lettre ouverte adressée à Fernandez le 8 mars, attire l’attention du président dominicain sur « des attaques et des massacres » perpétrés sur des ressortissants haïtiens dans différents secteurs du pays.

L’organisme international convie les autorités dominicaines à agir conformément aux dispositions de la convention internationale des droits humains qui condamne « toutes les formes de discrimination, et garantit l’égalité des droits devant la loi, indépendamment de la couleur, l’origine nationale ou ethnique ». Amnesty International souligne dans sa lettre des « expulsions arbitraires » de ressortissants haïtiens ainsi que de leurs descendants, en dehors des normes nationales et internationales.

Selon Amnesty, plus de « 8.000 ressortissants haïtiens et des dominicains d’ascendance haïtienne ont été déportés vers Haïti depuis mai 2005 ». Seulement entre le 13 et le 15 mai 2005, suite aux incidents de Hatillo Palma (Nord-ouest) où un commerçant dominicain a été tué, 2000 personnes, en majorité des Haïtiens et des Haitiano-dominicains ont été expulsés vers Haiti, rappelle Amnesty International.

L’organisme de défense des droits humains met l’accent également sur « l’application discriminatoire » des lois dominicaines en ce qui concerne l’octroi de documents légaux aux enfants nés de parents haitiens en République dominicaine.

Irene Khan rappelle que le 8 septembre 2005, la Cour Inter-Américaine des Droits Humains (CIDH), de l’Organisation des États Américains (OEA), s’est prononcée en faveur de Dilcia Jean et Violeta Bosico, deux filles auxquelles les autorités dominicaines avaient refusé la nationalité dominicaine. La cour avait affirmé que « toute personne a droit à une nationalité ». Amnesty international souhaite le respect par le gouvernement dominicain des engagements pris en ratifiant la convention américaine sur les droits de l’homme, qui interdit l’expulsion collective de ressortissants étrangers. L’organisme exprime le vœu de voir les autorités dominicaines adopter une nouvelle approche dans le traitement de la question de la migration haïtienne. (Source : AlterPresse, 20 mars 2006)


8 mars 2006

"Nous respectons les lois dominicaines
jusqu’à ce que ces lois changent"

(Président René Préval)

Le chancelier dominicain Carlos Morales Troncoso a réaffirmé, lundi 6 mars 2006, l’inégibilité des enfants d’illégaux haïtiens nés en République Dominicaine à la nationalité dominicaine, rapporte mardi la presse dominicaine.Troncoso a estimé qu’indépendamment des réformes constitutionnelles entreprises en Haïti, les enfants nés de sans-papiers haïtiens sur le sol dominicain ne pourront prétendre à la nationalité dominicaine à cause d’un arrêt de la Cour Suprême de Santo Domingo ayant créé jurisprudence en la matière.

"Cette affaire reste claire avec la décision de ce pouvoir d’Etat", a souligné le chef de la diplomatie dominicaine en faisant ouvertement référence à la décision de la Cour Suprême, rendue en décembre dernier, qui empêche la progéniture des immigrés illégaux haïtiens d’accéder à la nationalité dominicaine.

"Les Haïtiens ne pourront pas obtenir la nationalité dominicaine", a poursuivi Carlos Morales Troncoso qui précise que ses déclarations expriment également "la position du Président Leonel Fernàndez et le sentiment de tous les dominicains". "Le problème est qu’il y a un arrêt de notre Cour suprême. Ils (les haïtiens) peuvent le faire avec une autre nationalité, mais pas avec la nationalité dominicaine. La Cour suprême est l’un des pouvoirs d’Etat et il y a un arrêt que nous connaissons tous", a enfin indiqué le chancelier dominicain.

Le Président élu d’Haïti, René Préval, a annoncé, la semaine dernière à Santo Domingo, un projet d’amendement de la constitution en vue de l’introduction de la double nationalité. Durant sa visite de 48 heures à Santo Domingo, René Préval avait annonçé la mise en marche de la réforme constitutionnelle dès le début des travaux de la 48e législature.

" Au cours de mon prochain mandat, nous allons proposer certains amendements de la constitution qui pourraient accorder des avantages aux Haïtiens ayant acquis une nationalité étrangère et, par la suite, on verra si on peut accepter la double nationalité en Haïti", avait déclaré Préval.
"Nous respectons les lois dominicaines, jusqu’à ce que ces lois changent",
avait conclu le leader haïtien.

La question polémique de l’attribution de la nationalité dominicaine aux fils et filles d’Haïtiens nés et élevés en territoire voisin est relancée depuis le passage de Préval à Santo Domingo. Déjà, des représentants des secteurs "ultra-nationalistes", dont le député Castillo Pellegrino accusent le prochain Président haïtien de vouloir imposer politiquement la présence de ses compatriotes en République Dominicaine en recourant à l’arme de la double nationalité.

Ils semblent prêts à se lancer dans une nouvelle croisade pour défendre cette position. Même une condamnation de la Cour interaméricaine des droits humains, pour avoir refusé la nationalité du pays à deux fillettes d’ascendance haïtienne, n’a pu infléchir la politique de l’establishment dominicain. (Source: Radio Kiskeya, 7 mars 2006 )

Remarques de "Haïti Échanges"
Le Chancelier Troncoso se trompe en amalgamant le débat haïtiano-haïtien sur la double nationalité avec la politique anti-haïtienne des nationalistes dominicains.Ce débat, proprement haïtien, reflète une prise de conscience de plus en plus claire des véritables intérêts de la nation haïtienne, après des décennies de divisions stériles et d'ignorance politique.

La volonté de reconnaitre la double nationalité est au service de la reconstruction d'Haïti qui est le grand projet qui va unir la grande majorité des Haïtiens, pour le grand bond en avant. Ce projet implique le rassemblement du gros des forces nationales, à l'intérieur comme à l'extérieur, et leur association à ce projet grandiose.

Haïti ne cherche pas à se reconstruire contre aucune nation, mais avec toutes les nations amies, dans une fraternelle émulation. C'est une affaire qui concerne les Haïtiens eux-mêmes. Ceux-ci ont la responsabilité de prendre les bonnes décisions ou de persister à faire du mal à la mère-patrie.

Haïti reconnait le droit des autres nations à vivre sous leurs propres lois, bonnes ou mauvaises. Nous, Haïtiens, nous revendiquons seulement le respect de nos droits humains fondamentaux. Connaissant la tentation du bouc émissaire qui habite les nations les plus "civilisées", on comprend que cet objectif ne sera atteint que de haute lutte, dans l'union des gens de bonne volonté.


13 JANVIER 2006

 

WELCOME EN HAÏTI

 

Les acteurs americains Brad Pitt et sa compagne Angelina Jolie sont arrivés ce vendredi à la mi-journée à Port-au-pince pour une visite de 48 heures, en compagnie du rappeur international haïtien, Wyclef Jean.

Les deux stars sont en Haïti pour supporter le projet Yélé de support aux couches déforisées lancé par Wyclef Jean. Angelina Jolie et Brad Pitt qui attendent leur premier bébé en été auraient également le projet d'adopter un enfant pendant leur séjour. (source : AHP, 13 janvier 2006)

Angelina Jolie et Brad Pitt, deux acteurs américains parmi les plus populaires de leur génération à Hollywood et très connus en Haïti, sont de passage en Haïti à l'occasion du premier anniversaire de Yéle Haïti.

Cette fondation a été mise sur pied par le rappeur Wyclef Jean peu après le passage de la tempête meurtrière Jeanne en Haïti, notamment aux Gonaïves, l'automne 2004. Le chanteur entend ainsi venir en aide à son pays d'origine.

Des dizaines d'enfants attendaient la délégation à Télémax, chaîne de télévision privée que le musicien et homme d'affaires a achetée cet été. Angelina Jolie, le réalisateur Jonathan Demme, le mannequin Tyra Banks, la chanteuse Norah Jones ainsi que d'autres célébrités américaines de haut rang, sont membres du conseil consultatif de Yéle Haïti.

" La visite d'Angelina doit être une surprise pour le peuple », avait indiqué jeudi Wyclef". (source : HPN, 13/01/2006)


26 novembre 2005

Yélé-Haiti dément que les "chimères
avaient perturbé sa distribution alimentaire
à Cité Soleil - :

La direction de l’organisme Yélé-Haiti a fait parvenir à AlterPresse une note de mise au point au sujet d’une dépêche publiée le 14 novembre à propos d’une "tentative de distribution de nourriture à Cité Soleil, par l’institution en question, conjointement avec le Programme Aimentaire Mondial" (PAM).

Contrairement aux informations diffuséespar AlterPresse, Yélé-Haiti soutient que l’opération se serait déroulée normalement.
Suit la note, signée de Gwynne Beatty, « Orsa Consultants managing the projects » à Yéle Haiti :

Vous avez dit: Deux camions transportant de l'aide alimentaire ont été pillés à Cité Soleil; une tentative de PAM et Yele Haïti de distribuer de la nourriture à Cité Soleil, un grand bidonville au nord de Port-au-Prince, s'est terminé par le pillage de deux camions d'aide alimentaire, selon des journalistes.

Réponse : Les Camions n'ont pas été pillés. La nourriture a été déchargée des camions. Une partie a été placée sur une pile derrière les camions et une certaine quantité a été mise en distribution. Le plus gros est allé aux destinataires prévus.

Vous avez dit: Les affrontements ont duré 30 minutes pendant lesquels chacun pouvait s'emparer d'une partie de l'aide.

Réponse : Cette affirmation laisse croire que la nourriture a été "saisie" par des gens qui ont pillé les camions durant 30 minutes. Ce n'est pas le cas. La nourriture a été déchargée des camions et largement distribuée, quoi qu'au milieu de gens désespérés, à la population de Cité Soleil. Ainsi nous sommes restés là-bas plus d'une heure, de ce fait, votre assertion ne peut être vraie.

Vous avez dit: Les membres de PAM et de l'organisation Yele, fondée par la star Haïtien-Américain Wyclef Jean, accompagné d'artistes haïtiens célèbres comme Garcia Delva et Don Kato, se sont enfuis du site rapidement.

Réponse : Il n'y avait pas de membres de PAM là-bas. J'ai déclaré dans ma conférence de presse du matin que nous allions rester environ 45 minutes au total, expliquant d'avance à la presse que la distribution allait continuer après notre départ, parce que il y avait beaucoup de nourriture à distribuer.( Nous avions envisagé que cela allait prendre environ 2 heures pour distribuer toute cette nourriture).

Nous sommes restés en réalité un peu plus de 45 minutes. Nous sommes allés à la distribution en bus pour transporter des membres des medias avec nous, et nous leur avions communiqué par mail que nous resterions sur le site approximativement 45 minutes. De plus les medias eux-mêmes devaient retourner pour écrire leurs reportages, et vaquer à leurs affaires. Nous n'avons fait rien d'autre que ce qui était prévu. (Source: vendredi 25 novembre 2005)


9 décembre 2005

Un second arrêt de la Cour de Cassation
confirme le premier pris
en faveur de la candidature
de Dumarsais M. Siméus

 

La Cour de Cassation, la plus haute instance judiciaire d’Haïti, a publié jeudi un deuxième arrêt confirmant le premier qui faisait injonction au Conseil Electoral Provisoire (CEP) de porter le nom du riche homme d’affaires haïtiano-américain, Dumarsais Mécène Siméus, sur la liste définitive des candidats à la présidence.

Selon l’un des avocats du candidat, Me Gary Lissade, la Cour a rejeté une action civile introduite auprès d’elle par l’organisme électoral visant le retrait du premier arrêt pris par les juges en faveur du candidat.

Le gouvernement de facto avait formé une commission de facto chargée de statuer sur la nationalité des candidats avant le feu vert définitif du CEP à ces derniers pour qu’ils puissent prendre part à la course électorale.

En définitive, cette commission n’a donné son avis que sur les dossiers de deux candidats à la présidence, MM. Dumarsais Siméus du parti "Tèt Ansanm" et Samir Mourra du MPH, tous deux détenteurs de passeports américains.

Les défenseurs de la double nationalité en Haïti et dans la diaspora haïtienne ont toujours fait valoir que la Constitution n’est pas en vigueur.

Le Conseil Electoral Provisoire n’avait pas encore fait connaitre jeudi soir sa position sur ce nouvel arrêt de la Cour de Cassation qui survient parallèlement à l’annonce par le groupe "Nouveau Matin" représenté par le Dr Réginald Boulos de la fin de l’impression des bulletins de vote pour tous les candidats à la présidence autorisés par le CEP.(Source: Radio Kiskeya, 9 décembre 2005)

Ce nouvel arrêt invalide la commission formée par le gouvernement intérimaire sur la double nationalité.

Me Lissade a qualifié de victoire du droit, cette nouvelle décision de la plus haute instance judiciaire du pays. Il revient maintenant au CEP de faire le suivi de cet arrêt, a dit l'avocat.

La Cour de cassation avait déjà rendu un arrêt en faveur de Siméus, suite à l'absence de son nom sur la première liste des candidats agréés. L'organisme électoral avait ignoré cette décision puis remis son nom sur la liste avant la décision de la commision gouvernementale. (Source:AHP 8 décembre 2005)

Dumarsais Siméus va revenir dans la course électorale seul ou dans une alliance (interview à Par Jean-Pierre Leroy; de HPN)

A un mois du premier tour des présidentielles haïtiennes du 8 janvier, le candidat à la présidence Dumarsais Simeus est sorti de son silence pour annoncer sa décision de rester dans la course. La Cour de cassation a pris jeudi un nouvel arrêt en faveur du candidat demandant au CEP de l’intégrer sur la liste définitive.

Dans une interview accordée à HPN à Miami, M. Simeus s’est dit satisfait du nouvel arrêt pris par la Cour de Cassation en sa faveur. « Nous poursuivons les démarches avec les officiels américains au plus haut niveau parce que, légalement, nous avons le droit de participer aux élections », a-t-il déclaré.

Le candidat Siméus a déclaré à HPN qu’il comptait de toute façon entrer dans le jeu des alliances politiques. « Ecarté ou non, nous restons dans la course et nous allons nous joindre à un regroupement politique afin de remporter ces élections », a-t-il ajouté.

« Je n’ai encore conclu d’alliance avec aucun candidat ou regroupement politique », a déclaré Dumarsais Siméus, promettant d’annoncer sous peu le regroupement ou le candidat de son choix.

Dans sa nouvelle décision, la Cour explique que ses arrêts sont irrévocables et ne sont susceptibles d'aucune voie de recours. Elle a, une nouvelle fois, demandé au CEP de remettre le nom du candidat Dumarsais Siméus sur la liste définitive des candidats à la présidence.

Modifiant le décret électoral pour octroyer le plein pouvoir au CEP comme dernière voie de recours, le gouvernement provisoire avait, par la suite formé une commission de vérification de la nationalité des candidats. Se référant à la constitution haïtienne, le CEP avait demandé au candidat de surseoir à sa campagne indiquant qu'il n'accepterait pas qu'un citoyen étranger brigue des fonctions électives en Haïti. (Source:AHP, 9 décembre 2005)


24 novembre 2005

L’organisation dominicaine
"Participation Citoyenne"
Contre l’élimination du « droit du sol »
comme solution à la migration haïtienne

L’organisation dominicaine "Participation Citoyenne" a estimé, le 23 novembre, que la réforme constitutionnelle visant l’élimination du principe du « Jus Soli » (droit du sol) « ne résoudrait pas le problème complexe de la migration haïtienne ». Participation Citoyenne s’est fermement opposée à cette réforme, souhaitée par les secteurs ultranationalistes dominicains.

« La réforme proposée va à l’encontre du principe  constitutionnel fondamental de la République Dominicaine, qui fait de nous un arc-en-ciel de races », affirme le mouvement civique lors d’une conférence de presse à Santo Domingo.

Une éventuelle réforme constitutionnelle, ne devrait pas avoir d’effet rétroactif, et serait inutile, si le but poursuivi est le refus de la nationalité dominicaine aux descendants d’Haitiens, estime Participation Citoyenne.

« Ceux qui l’exigent pour un tel motif reconnaissent implicitement ce qu’ils prétendent nier », ajoute l’organisation. L’organisation dominicaine indique que la réalisation d’une réforme constitutionnelle en ce moment en République Dominicaine serait contradictoire au fait que des milliers de ressortissants dominicains sont actuellement à la recherche de nationalité d’autres pays, parmi eux les Etats-Unis.

Le coordonnateur du mouvement, Luis Schecker Ortiz, déclare qu’en cette période de pré campagne électorale pour les prochaines législatives, une réforme de la constitution pourrait-être utilisée à des fins « malsaines », dont un éventuel « prolongement du mandat des parlementaires ».

Le gouvernement dominicain a toujours refusé d’accorder la nationalité dominicaine aux enfants nés en République Dominicaine de parents haitiens. Cette disposition va à l’encontre de la charte des Nations Unies, signée par la République Dominicaine. (Source : AlterPresse, 24 novembre 2005)


16 novembre 2005

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
Nouvelle loi sur l'immigration

ou loi
spéciale
contre les Haïtiens et Haïtiano-Dominicains?

La communauté haïtienne de la République Dominicaine et les Dominicains d'origine haïtienne, vivent actuellement dans l'inquiétude à l'approche de la publication d'une nouvelle loi dominicaine sur l'immigration.

Il s'agit de la loi 28504 qui devrait être mise en application aussitôt après la signature de ses règlements administratifs par le président Leonel Fernández.

L'ancien consul général d'Haïti à Santo-Domingo, Edwin Paraison, a indiqué que des membres de la communauté haïtienne ainsi que des membres de la société civile dominicaine s'apprêtent à attaquer cette loi en inconstitutionalité puisque, ont-ils dit, au moins 10 articles du projet de loi n sont contraires à la constitution dominicaine.

Des pressions sont en train d'être exercées par les secteurs "nationalistes" sur le gouvernement de Leonel Fernandez pour le porter à adopter des mesures drastiques contre ce qu'ils appellent "l'invasion pacifique par les haïtiens de la République Dominicaine".

Ces secteurs, évoquent pour tenter soutenir leur projet, des allégations selon lesquelles de grandes puissances comme les Etas-Unis chercheraient à fusionner Haïti et la République Dominicaine.

Des pressions sont également exercées sur le gouvernement pour qu'il livre des documents à près de 300.000 petits dominicains de parents haïtiens qui n'ont pas encore la nationalité dominicaine.

Ces enfants n'ont toujours pas accès à l'éducation, a fait savoir Edwin Paraison. De jeunes haïtiens et dominicains s'étaient réunis le week-end dernier à Santo Domingo dans le cadre de la première rencontre juvénile haïtiano-dominicaine. De nombreux dossiers dont celui de la migration ont été discutés.

Ces jeunes qui doivent adresser des rapports à leur gouvernement respectif ont exprimé le souhait que les responsables des deux pays arrivent à trouver un terrain d'entente pour favoriser l'entente et l'harmonie entre les deux peuples. (Source :AHP 15 novembre 2005)


15 novembre 2005

L'organisation Yele Haïti
créée par l'artiste Haïtien-Américain
Jean Wycleff et le PAM de l'ONU
distribuent des produits alimentaires
dans les quartiers populaires

L'organisation Yele Haïti, de concert avec l'Organisation Alimentaire Mondiale (PAM) ont annoncé lundi le lancement d'un nouveau progranme conjoint de distribution de nourriture à Cité Soleil et au Bel-Air.

Les opérations de distribution de nourriture ont diminué considérablement dans ces 2 quartiers ces derniers mois.

Yéle Haïti l'organisation fondée en 2004 par Wyclef Jean, l'artiste  haïtien-américain de hip hop de renommée internationale , avait organisé en juin dernier de concert avec d'autres musiciens, une importante distribution de nourriture au Bel-Air et à Cité Soleil.

Avec un niveau de pauvreté sans précédent, un carence de services et d'infrastructures, ces deux quartiers sont les bidonvilles les plus pauvres d'Haïti où le taux de chômage est d'au moins 80%.

" Le peu d'accès à la nourriture dans ces deux quartiers réduit leurs résidents à adopter des mesures drastiques de nutrition, indique une note de presse de Yele Haïti, rapportant que les habitants de ces deux quartiers en sont arrivés même à cuire des tartes de boue à base d'argile toxique pour ne pas crever de faim".

Yele Haïti et PAM conjuguent leurs efforts pour distribuer de la nourriture 2 fois par mois, nourrissant ainsi environ 2700 personnes par jour. Le représentant du Pam Haïti, Amadou Mbaye," s'est déclaré satisfait de la la collaboration avec Yele Haïti, qui a permis, a-t-il dit, d'atteindre les personnes les plus nécessiteuses d'Haïti, notamment les femmes et les enfants de Cité Soleil et de Bel-air.

Plusieurs artistes haïtiens dont Don Kato, Gracia Delva et d'autres proches de Wyclef Jean comme Henri Robert Dominique se trouvaient ce lundi à Cité Soleil aux côtés de Wyckef Jean, un artiste très respecté à l'étranger et qui s'impliquent de plus en plus dans les activités sociales en Haïti. (Source : AHP 14 novembre 2005)


21 octobre 2005

Après le lavalas la presse conformiste
trouve un autre gibier : le diaspora

 

Commentant la tournée du candidat Siméus dans les quartiers populaires de Port-au-Prince, radio kiskeya nous explique que le multimillionnaire américain d’origine haïtienne, Dumarsais Siméus a entrepris jeudi 20 à Port-au-Prince une campagne d’adhésion populaire à sa cause. La tournée de Siméus dans des quartiers populaires de la capitale a été assez mouvementée.

"J’ai une longueur d’avance sur tous les autres candidats ; j’ai plus d’expérience qu’eux en matière d’emploi, j’ai plus de compétence qu’eux, j’ai des relations dans plus de trente pays. Je n’ai pas de casier judiciaire pour vol et je sais ce qu’est la faim, la misère. Je vais gagner les élections et chaque haïtien va pouvoir manger chaque jour" a-t-il dit.

Sur son parcours, il s’est arrêté dans les bidonvilles de Solino (est de la capitale), Sans-Fil (centre) et Delmas 4 (nord). En lançant des vivats, certains ont même fait de l’entrepreneur haïtiano-américain leur favori "parce qu’il marche sur les brisées d’Aristide". D’autres ont tout simplement réaffirmé leur attachement à "l’ancien dictateur" exilé en Afrique du Sud.

Dumarsais Siméus, candidat du parti TET ANSANM, a accusé ses adversaires de vouloir maintenir la tradition haïtienne du pillage systématique du trésor public. Il en a profité pour mettre quiconque au défi de montrer qu’il n’a jamais rien fait pour Haïti, enchaînant avec l’énumération de sa contribution au développement de sa communauté d’origine de Pont-Sondé, dans l’Artibonite (nord de la capitale) et de ses "interventions en faveur de plus de 40.000 sans-papiers haïtiens qui étaient sur le point d’être déportés par les autorités américaines, il y a quelques années.

Evincé par le Conseil Electoral Provisoire, Dumarsais Siméus n’a toujours pas vu son nom porter sur la liste des candidats agréés. Toujours selon l'organe Kiskeya, le puissant homme d’affaires qui fait l’objet d’une plainte du CEP pour "faux et usage de faux", avait à son tour déposé mercredi, au QG de la mission onusienne à Port-au-Prince, une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU Koffi Annan pour l’informer des dangers que les autorités haïtiennes font peser sur sa personne.

Une démarche peu coutumière qui a fait dire à certains leaders politiques que Siméus restait cohérent avec son statut d’étranger (les "nationalistes" conséquents bien sûr). Ce néophyte de l’arène politique haïtienne, détenteur d’un passeport américain, est entré dans une guerre ouverte avec le gouvernement, le Conseil Electoral et les partis politiques au risque de provoquer une fracture entre Haïti et son importante diaspora -hypersensible à la question de la double nationalité- et d’aggraver la crise des institutions haïtiennes à la veille des élections prévues en principe à la fin de l’année. (Source: Radio Kiskeya, 20 octobre 2005)
"Aggraver la crise des institutions haïtiennes"! La belle blague! Toujours le mot pour rire!


26 septembre 2005

Protestations


Evincé par le Conseil Electoral Provisoire Dumarsais Siméus proteste. Lors d’une conférence de presse samedi 24, à Port-au-Prince, le candidat, entouré de ses avocats, a qualifié de "petite épine placée sur la route de la victoire" le rejet de sa candidature pour des motifs non encore dévoilés officiellement.

Dumarsais Siméus a promis de poursuivre "son combat" jusqu’à la victoire finale. "Je suis haïtien, né de parents haïtiens, je n’ai jamais renoncé à ma nationalité, point final". Il a lancé un appel à la mobilisation non-violente de ses partisans.

Maîtres Guerdy Lissade et Alcan Dorméus du conseil juridique de Siméus ont qualifié "d’erreur matérielle" la décision du CEP. Les deux avocats ont annoncé avoir écrit au service du contentieux électoral en vue de connaître les motifs de la décision.

Les habitants de Pont-Sondé, la commune natale de Siméus dans l’Artibonite ont paralysé, pendant une bonne partie de la journée de samedi, la circulation automobile sur la route nationale 1 dans le cadre d’un mouvement de protestation contre la disqualification de leur candidat.

Portant des pancartes et des branches d’arbres, ils ont érigé des barricades sur la chaussée pour exiger le retrait immédiat de la décision du Conseil Electoral. Des policiers haïtiens et des soldats onusiens ont dû toutefois être déployés afin de sécuriser la route nationale devant la menace des protestataires de l’occuper une fois de plus. (source : Kiskeya)


A propos du rejet de candidatures
venues de la diaspora

"Il faudra bien un jour que les Haïtiens arrêtent de se distinguer négativement. Tout le monde semble considérer normal cet incident. Certains croient même bien connaître le problème. Voici quelques éléments qui prouvent que l'affaire n'est pas si simple, ni si normale."(RS)


Le Bulletin France-Amérique

Quand la France informe ses expatriés

1) En 1967, une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis, suivie en 1978 par un vote du Congrès, a fait en sorte que nul ne peut être déchu de sa nationalité américaine pour avoir pris part aux élections de son autre patrie, s'il n'a lui même, auparavant, déclaré vouloir y renoncer.

Vous pouvez donc effectuer votre devoir civique en participant aux différentes élections françaises : présidentielles, référendums, Conseil supérieur des Français de l'étranger, représentants à l'Assemblée des Communautés Européennes, etc...

Tout enfant né à l'étranger dont un parent au moins est français, a automatiquement la nationalité française. Vous pouvez donc déclarer la naissance de vos enfants qui naîtraient aux Etats-Unis auprès du consulat général - Service de l'état civil à New York : (212) 606-3651 ou (212) 606-3637.

Depuis 1973, l'acquisition d'une nationalité étrangère ne fait pas perdre la nationalité française. Avant cette date, les Françaises vivant aux Etats-Unis perdaient automatiquement leur nationalité d'origine en devenant citoyennes américaines par le biais du mariage, contrairement aux hommes qui pouvaient avoir la double nationalité pour des raisons de service militaire, étant mobilisables jusqu'à l'âge de 50 ans.

Il a fallu attendre la loi du 9 janvier 1973 pour que cette injustice soit réparée et que les femmes puissent bénéficier de la double nationalité. Les femmes françaises ayant perdu leur nationalité d'origine avant la loi de 1973 ont la possibilité de demander aujourd'hui leur réintégration dans la nationalité française auprès du consulat général.

Les enfants nés avant la naturalisation de leur mère ou naturalisés eux-mêmes alors qu'ils étaient mineurs, ont conservé leur nationalité française. Les autorités américaines reconnaissent la double nationalité aussi bien des personnnes nées aux Etats-Unis qui sont françaises par filiation, que des personnes américaines qui acquièrent volontairement la nationalié française, à condition que ces dernières ne renoncent pas à leur citoyenneté américaine.

Le consulat général tient à la disposition des personnes intéressées un dossier sur ce point, comprenant des documents du Département d'Etat américain.
franceame@aol.com

2) Le Mexique - De nombreux pays prennent des mesures pour permettre à leurs nationaux expatriés et prenant la nationalité du pays d'accueil, de ne pas perdre pour autant leur nationalité d'origine. C'est ainsi que, depuis 1998, les Mexicains peuvent devenir citoyens des États-Unis et rester Mexicains.
Dix-sept pays d'Amérique latine en 2002 contre quatre en 1990 permettent la double nationalité avec les États-Unis.
3) REPUBLIQUE DOMINICAINE Le président Leonel Fernandez Reyna, entré en fonction au mois d'août, a grandi à New York où sa mère était couturière et où il a fait sa scolarité, 42 ans, juriste de formation, a pressé ses compatriotes vivant aux EU de ne pas hésiter à demander la nationalité américaine afin de conserver leurs prestations sociales. Depuis 1994, les Dominicains peuvent conserver la double nationalité. "Si vous, jeune mère, vous, homme âgé, vous, étudiant ressentez le besoin d'adopter la nationalité américaine afin de faire face aux difficultés liées à la fin du Wellfare, que cela ne vous tourmente pas ! Faites-le l'âme en paix, car vous continuerez à être Dominicains et, en tant que tels, vous serez les bienvenus quand vous foulerez le sol de notre République". (Lettre de la Citoyenneté, N°25 - JANVIER - FEVRIER - 1997 )


14 septembre 2005

Un candidat
venu de la diaspora

Le programme politique de Dumarsais Siméus - Le candidat indépendant à la présidence, Dumarsais Siméus, a présenté ce mardi 12 septembre, son programme politique. M. Siméus a promis d'aider à changer les conditions de vie de la population et de sortir Haïti de l'impasse.

"Pays le plus pauvre du continent américain cavalant en tête de la liste des Etats les plus corrompus du monde, Haïti représente un défi pour tout dirigeant soucieux d'en redorer le blason, d'améliorer les conditions de vie et de restituer la dignité du peuple haïtien", a lancé M. Siméus.

Selon lui, depuis 200 ans, le pays est mal géré, la vision, le leadership, l'organisation, la planification, le contrôle et l'évaluation ainsi que la gestion des ressources humaines, conditions de base du succès de toute gestion publique ou privée font toujours défaut.

Il a fait savoir que la mauvaise gouvernance entretient depuis 200 ans la dilapidation et le détournement des biens de l'Etat, l'enrichissement illicite, l'exclusion, la fuite des cerveaux vers d'autres cieux plus cléments, la paupérisation des haïtiens et la dégradation du pays.

Le redressement de la situation révoltante et catastrophique d'Haïti passe nécessairement, a-t-il dit, par "un gagnant, un leadership visionnaire, crédible, expérimenté, habitué aux situations catastrophiques et au succès, esprit d'équipe et d'ouverture".

Dumarsais Siméus présenté comme un multi-millionnaire, a dit être ici pour redonner l'espoir et restituer la dignité du peuple haïtien. Le candidat indépendant qui affirme par ailleurs n'avoir jamais renoncé à sa nationalité, a annoncé pour cette semaine, son inscription au Conseil Electoral Pr
ovisoire. (Port-au-Prince, 13 septembre 2005 AHP)

Un candidat venu de la diaspora

Le président du Conseil Electoral Provisoire, Max Mathurin, a affirmé mercredi que le CEP n’aura pas la responsabilité de diligenter des enquêtes ciblées, en vue de déterminer la nationalité des candidats sur qui pèseraient des soupçons ou accusations, au regard du caractère absolu de la nationalité unique reconnue par la constitution du pays.

Mr Mathurin a estimé qu’en tant qu’organe administratif, le Conseil Electoral n’a pas à s’occuper d’un problème de cette nature.

Le président de l’institution électorale s’est borné à indiquer qu’une fois disponibles les pièces réclamées pour la recevabilité des dossiers de candidature, les aspirants aux différentes fonctions électives ne verront plus aucun obstacle se dresser sur leur route.

La double nationalité a rebondi dans le débat politique depuis l’arrivée en fanfare de Dumarsais Siméus, candidat indépendant à la présidentielle et chef d’entreprise multimillionnaire, établi depuis une quarantaine d’années aux Etats-Unis.

Lors d’un meeting, le week-end dernier dans l’Artibonite, Siméus a menacé de faire arrêter quiconque tenterait de prouver qu’il avait renoncé à la nationalité haïtienne.

Radio Kiskeya


15 février 2005

Boursiers haïtiens : des étudiants à Cuba poussent un cri d'alarme



Les étudiants haïtiens de l'université agraire de la Havane, au nombre de 148 en 2003, affirment ne rien recevoir de l'Etat haïtien depuis la chute du régime Lavalas, le 29 février 2004.

Les étudiants à Cuba soulignent que le contrat qu'ils ont signé avec l'Etat haïtien avant d'entreprendre des études à Cuba précise clairement qu'ils doivent recevoir une allocation mensuelle de US$ 50 et retourner en Haïti à la fin de leurs études pour participer au développement de leur pays.

Les étudiants haïtiens à la Havane invitent les partis politiques, la société civile et tous les secteurs organisés du pays à prendre leur cas en considération et à stimuler le gouvernement actuel afin qu'il renoue avec son engagement auprès de leurs jeunes compatriotes en voyage d'études à Cuba.

Des centaines d'Haïtiens - 719 en 2003 -, répartis dans 11 provinces et 18 centres universitaires et écoles supérieures, étudient à Cuba dans le cadre de la coopération haïtiano-cubaine. Ils sont en majorité des boursiers de l'Etat haïtien. Sept institutions haïtiennes sont impliquées dans ce programme de coopération
- des ministères, le bureau pour la coopération haïtiano-cubaine et l'Ecole normale supérieure - et assurent la sélection de boursiers, leur voyage à Cuba et, en collaboration avec l'ambassade cubaine, fournissent un cadre et un appui logistique aux étudiants à leur charge.

suite ... DIASPO2

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