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AGENDA_ECO


8 juin 2008

COMMENT ?

 

COMMENT ÉTABLIR LA SÉCURITÉ DANS LA SOCIÉTÉ HAÏTIENNE
COMMENT ÉTABLIR LA STABILITÉ POLITIQUE EN HAÏTI
COMMENT RELANCER LA PRODUCTION NATIONALE HAÏTIENNE
COMMENT ATTIRER LES CAPITAUX HAÏTIENS ET ÉTRANGERS
COMMENT RÉCUPÉRER LA SOUVERAINETÉ NATIONALE HAÏTIENNE
COMMENT HAÏTI REPRENDRA SA VRAIE PLACE PARMI LES NATIONS

 

Une manifestation contre le kidnapping, aux cris de " y en a marre ", s'est déroulée le 4 juin 2008 à Port-au-Prince. Ce crime sévit dans plusieurs pays du continent. Il s'agit d'une entreprise qui s'attaque aux intérêts vitaux d'Haïti. Cette manifestation a été diversement appréciée. Certains ont applaudi l'initiative, d'autres la soupçonne de vouloir relancer le mouvement GNB, au moment où les institutions nationales sont paralysées. Son message est brouillé par des insinuations partisanes, alors qu'il faut travailler à unir la nation agressée dans son ensemble. Oui, " y en marre " du délire divisionniste. Voici en effet trois mois qu'un processus déstabilisateur est enclenché : interpellation du gouvernement sur la cherté de la vie. Les députés votent la confiance au Premier ministre. Des émeutes de la faim éclatent, les sénateurs renvoient le Premier ministre. Préval désigne un autre Premier ministre, Eric Pierre. Les sénateurs, rejettent ce Premier ministre. Motif : inconnu, état civil imprécis, pas Haïtien.
Préval désigne un troisième Premier ministre Robert Manuel, membre de son cabinet. Il est rejeté le 12 juin 2008.

On voit clairement que ces opérations politiciennes ne répondent pas aux questions essentielles. Elles révèlent les vieilles querelles de changement de gouvernement entre clans impatients. D'ailleurs, c'est la pagaille dans le microcosme. Des " partis coalisés"" dans un gouvernement ne représentent que leurs membres et ne contrôlent même pas leurs parlementaires. Gouvernement pluriel, de coalition, ce n'était que vaines formules car on ne se coalise pas avec soi-même. La fugue des députés qui vont se coaliser ailleurs et vivre leur propre vie prouve que cette promiscuité n'est pas féconde. Vivement une vraie coalition à la hauteur des défis lancés à la nation. Les députés devraient être déjà dans leurs circonscriptions rurales à s'occuper de la relance de la production agricole nationale. Ils auraient ainsi des nouvelles intéressantes à communiquer à la nation, au lieu de ces contes d'enfants sur l'orthographe des " actes d'état civil " haïtiens que tous les Haïtiens connaissent.

Il est évident que la réponse à nos questions n'est pas dans le microcosme des clans, groupuscules politiques et cabinets. Seules les forces vives de la nation peuvent relever ces défis. Tous les problèmes posés à ce pays montrent que certains éléments profitent des faiblesses de la nation haïtienne. Celle-ci finira par ramasser ses forces et alors aucun problème, aucune difficulté ne pourront plus lui résister et la maintenir dans sa position humiliante de mendiant international. Cette nation n'a pas d'autre choix.

Aujourd'hui, Haïti n'a que faire d'un Etat anarchique reposant sur une guerre permanente entre les clans. Ni d'un Etat exclusif et arbitraire reposant sur une guerre sourde ou ouverte entre les classes sociales. Ce pays a besoin d'un Etat démocratique, comme ses voisins, dans l'intérêt de tous et de chacun. Des classes riches et des classes pauvres, avec leurs associations et leurs organisations représentatives. Pour accomplir ce miracle, les Haïtiens doivent faire un effort qui les dépasse. Ils l'avaient fait une fois dans leur histoire. Cet effort leur avait donné l'existence nationale. Puisqu'ils l'ont perdue aujourd'hui, ils sont obligés de recommencer. Cet effort c'est de se rassembler tous. Arrêter de se mépriser, de se haïr, de se calomnier, de s'exclure et de se diviser entre individus, clans et classes. Définir ensemble les grandes tâches de l'heure et les moyens de les résoudre ensemble. Il faut se parler ! Ce n'est pas une obligation d'amour universel. C'est un effort patriotique, difficile, de contrôler ses égoïsmes et ses passions, pour l'amour d'Haïti

Les responsables devraient élargir les consultations au-delà des cercles étroits politiques, amicaux ou mondains. C'est auprès des forces sociales réelles, sans discrimination, qu'on trouvera les idées et ressources nécessaires au déblocage. Des notables patriotes, des masses travailleuses, du monde des affaires, des ressourxes humaines précieuses sur le territoire et en diaspora, des chrétiens et des vaudouisants etc. Car enfin, le pays a ses ressources. Il est temps de commencer à réfléchir à cette concertation pour trouver la sortie. (Pierre R. Saint Paul)


8 juin 2008

APRES LES EMEUTES DE LA FAIM D'AVRIL
DECISIONS, REVENDICATIONS, PROPOSITIONS,OBSERVATIONS, INITIATIVES
sur la production agricole nationale

 

L'ETAT, LES PRODUCTEURS, LES HOMMES POLITIQUES HAÎTIENS

Activités du Président René Préval pour La Production Agricole
(Joseph Guyler Delva )

Le président René Préval, déclare avoir décidé de se rendre sur le terrain dans les zones rurales en vue de rencontrer les paysans et autres opérateurs agricoles dans le cadre des efforts de l'exécutif visant à donner un second souffle à la production de denrées alimentaires, quelques semaines après les émeutes de la faim en Haïti. Préval - accompagné du président du Sénat, Kelly Bastien - s'est rendu à Port-Margot, dans le département du Nord, où s'étaient réunis des centaines de paysans venus des 10 départements géographiques du pays, à l'initiative de l'organisation paysanne, KOZEPEP basée dans l'Artibonite et coordonnée par le leader paysan Charles Suffrard. (crédit kiskeya)
A l'ordre du jour, un seul point : la production nationale et plus particulièrement la production agricole.

Le Chef de l'Etat a expliqué qu'au cours de la première partie de son mandat, il a dû prioriser le rétablissement de la sécurité et de la stabilité et qu'il entendait consacrer le reste de son mandat à la relance de la production agricole, à la construction de routes et à l'électrification, notamment dans les zones de production. "J'ai décidé d'investir le terrain au cours de la seconde moitié de mon mandat en vue d'écouter vos revendications et de voir avec vous comment vous encadrer et vous assister afin que vous puissiez produire plus et dans de meilleures conditions", a déclaré Préval.

Le président et le Secrétaire d'Etat à l'Agriculture, Joanas Gué, ont annoncé un arrivage d'une cargaison de 65,000 sacs d'engrais et de 50 tracteurs d'un lot de 400 commandés par l'Etat haïtien pour être distribués aux agriculteurs. Des démarches sont en cours avec des partenaires étrangers pour faire acquisition de quelque 40,000 tonnes d'engrais et d'autres produits dérivés pour alimenter le marché, selon le Secrétaire d'Etat Joanas Gué. Haiti importe près de 400,000 tonnes de riz par an pour près de 300 millions de dollars US et en produit quelque 90,000 tonnes, selon les statistiques rendues publiques par les autorités haïtiennes, tandis qu'il y a quelques décennies le pays avait atteint un certain niveau d'autosuffisance en denrées alimentaires, rapporte-t-on.

Les prix de l'engrais seront subventionnés à plus de 50%, un service de crédit agricole sera mis à la disposition des cultivateurs, des équipements et outils seront distribués et des opportunités de commercialisation seront également offertes aux paysans producteurs, selon le président Préval. "C'est à vous de dire ce que vous voulez et nous sommes là pour vous accompagner", a-t-il indiqué

Le président Préval a sollicité l'aide du Parlement dans le cadre de ses efforts visant la relance de la production agricole. "Sans le Parlement, nous ne pouvons réussir, car c'est lui qui vote le budget", a souligné M. Préval qui s'est félicité de la présence du président du Sénat à ses côtés dans ce coin encore vert du département du Nord.

Un Collectif d'Organisations Paysannes Réclame des Actions Durables

Un collectif d'organisations paysannes presse les autorités haïtiennes de prendre les dispositions visant à permettre la relance durable de la production nationale.,selon l'agence AlterPresse, 7 mai 2008. La mise en place de banques de crédit agricole dans
les sections communales, la subvention de la production nationale ainsi qu'une réforme agraire soutenue, sont entre autres, des mesures proposées par le " Kolektif òganizasyon Ti peyizan ayisyen " (Collectif d'organisations des petits paysans haitiens - KOTPA). Ces organisations paysannes recommandent également aux autorités concernées de " protéger la production nationale en mettant une sourdine à la politique de libre échange commercial qui ne fait que détruire la production locale ".

La création d'un ministère des paysans est aussi proposée par ces organisations regroupées au sein du KOTPA. Les recommandations de ce collectif d'organisations paysannes ont été formulées à l'occasion du 1er mai 2008 considéré en Haïti comme la journée de l'agriculture et du travail. Ces propositions rejoignent celles déjà produites par divers secteurs de la vie nationale pour la relance de la production nationale en vue de faire face à la crise alimentaire qui frappe le pays.

Les Propositions de Charles Henry Baker Sur la Question Agricole

Charles Baker, président du parti RESPE, candidat aux dernières élections présidentielles, qui avait alors obtenu 8,24% des voix, critique le fait que le gouvernement, après 20 mois d'administration, pense aujourd'hui seulement à subventionner l'agriculture.
" 60 % des familles vivent toujours à la campagne, explique Charlito Baker. Il faut uniquement leur accorder des crédits et des subventions pour les engrais. On pourrait ainsi faire diminuer les prix des produits alimentaires ".
Il soutient que la plaine de l'Artibonite serait en mesure de fournir une quantité suffisante de riz pour nourrir le pays à condition que les autorités accordent la priorité à ce secteur.
" Si chaque hectare de terre dans la plaine de l'Artibonite arrive à produire 6 tonnes de riz au lieu d'une seule, avec les 80 000 hectares disponibles, on atteindrait presque l'autosuffisance "
a-t-il souligné.
En 2005, la production haïtienne de riz était estimée à quelque 80 000 tonnes métriques de riz paddy en dépit d'un potentiel de 200 000 tonnes. Cette même année, 250 000 tonnes métriques étaient importées, principalement des USA.

Note De Pressede Charles Baker (RESPE)
Faisant suite au message du Président de la République délivré le 9 avril dernier, le parti RESPE prend acte et appuie la décision du président de relancer la production agricole nationale. Nous avions fait de cette stratégie notre cheval de bataille pendant la campagne électorale de 2005 et toutes nos interventions dans la presse pendant ces 2 dernières années abondaient dans ce sens.
Le Parti appuie aussi les propositions du Président visant à diminuer les dépenses de l'Etat et invite ce dernier à formuler un plan d'action concret avec des objectifs et des échéanciers clairs et précis.

Le Parti estime cependant que le Chef de l'Etat a omis, dans son message, de proposer des solutions urgentes et immédiates à la crise actuelle. Tenant compte des appels pressants de la population, le Parti propose les mesures suivantes :

A) A court terme réduire les taxes douanières de sorte que l'Etat fasse le même pourcentage que les importateurs pour les 3 à 6 prochains mois sur le riz, les pois, le mais, le carburant…...
B) Ou encore, l'Etat pourrait baser les taxes douanières, pour les 6 prochains mois, sur les prix d'Août 2007 pour le riz, les pois, le mais, le carburant...
Cette mesure, tout en atténuant la cherté de la vie, permettra malgré tout de respecter les prévisions envisagées dans le budget 2007-2008. Entreprendre de toute urgence un programme vigoureux de travaux à haute intensité de main-d'oeuvre. Le Parti recommande fortement qu'une grande partie de ces travaux soit financée à partir des fonds du trésor public en vue de répondre à l'urgence du moment et éviter les longs délais généralement liés à l'attente des fonds externes. Le Parti est conscient que ceci entraînera inévitablement à une certaine dépréciation de la gourde, mais demande de noter qu'une telle occurrence, en dépit de ses effets négatifs sur les prix des produits importés, serait dans l'ensemble bénéfique à la majorité de la population. Elle conduira en effet, à rendre notre production agricole encore plus compétitive par rapport à l'importation, à stimuler nos exportations et à accroître le pouvoir d'achat des millions de nos compatriotes dépendant actuellement des transferts de la diaspora pour assurer leur subsistance.

Le Parti RESPE reconnaît le droit de la population de manifester pacifiquement, cependant il condamne énergiquement tous les actes de vandalisme perpétrés par les professionnels de la casse et réprimés timidement et tardivement par la police et la Minustha. Le Parti profite de cette occasion pour présenter ses sympathies à tous ceux qui ont été victimes pendant ces derniers jours.
Le Parti, fidèle à sa devise : " LOD, DISIPLIN, TRAVAY ", invite la population au respect de la propriété privée et à l'unité nationale pour la prospérité d'Haïti.

Pour le Parti Politique RESPE CHARLES HENRI BAKER, Président

DU COTÉ ONG

Projet 2000 International Etablir en Haïti un Projet Agricole

Projet 2000 International Etablir en Haïti un Projet Agricole Vise à fournir l'entraînement et les équipements améliorés en vue d'équiper les agriculteurs à acquérir les connaissances nécessaires pour augmenter leur productivité. Il est vital que ces agriculteurs apprennent les méthodes d'agriculture productives en pratique dans les pays industrialisés. Si les pratiques non rentables d'agriculture maintenant en cours en Haïti ne sont pas remplacées par des techniques modernes et viables, les crises de faim et la dépendance du pays persisteront et empireront à coup sur.
Le projet participera à des recherches agronomiques pour améliorer les semences, diversifier les espèces, augmenter les productions, contribuer à la formation des paysans et contribuer ainsi à la mise en place d'une organisation paysanne dynamique. Le programme encourage l'utilisation optimale des terres. Il est d'ailleurs significatif que, dans le cadre de la réforme agricole nationale et du développement rural, les secteurs de l'agriculture constituent les moteurs d'une croissance forte et durable pour le pays.

Ferme pilote
Une ferme pilote est déjà établie à Demizaine, quatrième section communale de Miragoâne, dans le département de Nippes. Il s'agit d'un projet de développement agricole intégré suivant une approche participative. Le projet proposé vise essentiellement, l'amélioration des rendements agricoles par non seulement l'utilisation de matériels agricoles modernes mais aussi un entraînement efficace des participants du programme pilote initial. Le programme qui compte maintenant 200 participants directs doit s'élargir aux autres agriculteurs et au reste de la population locale pour permettre l'amélioration de la production et de la productivité. Le programme de ferme pilote, dans le cadre d'une étude sur la productivité maximale en polyculture a déjà planté un assortiment de semis y compris des haricots de lima, maïs, bananes, pastèques, poivres, et des haricots verts. L'étude des systèmes de production est nécessaire pour augmenter les rendements des cultures alimentaires et encourager la durabilité. L'entraînement inclus une série de techniques mono et polyculture, enseignées à titre de démonstration de première main aux étudiants agriculteurs, ou on leur apprend a déterminer les semailles les plus productives après la moisson.
Le projet favorise le développement d'une agriculture diverse et compétitive, aussi bien dans les produits que dans les systèmes en place. Des semis de tomates ont été aussi plantés pour favoriser l'entraînement et l'expérimentation d'un projet fac simulé dont l'objectif ultime est de mettre sur pied une entreprise de traitement de pâte de tomate. A cette fin, nous avons planté deux types de tomates sur une base de rotation: une variété de grosses tomates pour la cuisson, et une plus petite variété pour la préparation de salade. L'expérimentation a révélé que la grosse tomate est plus élastique que la petite qui exige significativement moins de soin et de fertilisation. La plupart des semis pour les deux variétés prend entre trois à six mois de la semence à la consommation ou à la commercialisation.
Le résultat du projet de semis fac-simulé donne lieu aux agriculteurs de savoir ce que chaque variété exige pour une plantation et une commercialisation réussies.

Observations
Deux régions majeures profiteront de cette aide: Demizaine, dans le sud et Bombardopolis dans le nord-ouest. Ce dernier a fait l'objet de nouvelles internationales peu avant la grande crise alimentaire nationale qui secoue présentement Haïti. Les habitants de Bombardopolis se sont nourris de tablettes de terres cuites pour ne pas mourir de faim. Pour combattre la rareté de nourriture et diminuer les éventualités d'une telle crise alimentaire, il est pour le moment vital de procurer aux fermiers haïtiens un soutien technique et financier et valoriser la multiplication des semences par l'utilisation d'outils agricoles efficaces y compris les semences et les engrais, ainsi qu'un système de canalisation pour l'arrosage des terres.

GRANDES ORGANISATIONS INTERNATIONALES

Les Observations de Jacques Diouf Directeur Gal. de la FAO Cabaret, Haïti

Jacques Diouf, directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a rappelé, le 6 mai 2008, l'importance de la production agricole pour faire face à la crise alimentaire dans le monde, notamment les pays en développement, dont Haïti. " Je pense que, de plus en plus, le monde réalise qu'il n'y a pas de vie sans agriculture ", a déclaré Jacques Diouf, en visite dans la commune de Cabaret (35 kilomètres au nord de Port-au-Prince).
Diouf était notamment accompagné du ministre haïtien de l'agriculture, François Severin, et du secrétaire d'État a l'agriculture, Joanas Gué. Depuis octobre 2007, la FAO exécute un projet d'assistance humanitaire aux agriculteurs de Cabaret affectés par des inondations dévastatrices. Financé par la Commission européenne, ce projet, qui s'étend jusqu'à ce mois de mai 2008, est également soutenu par le ministère haïtien de l'agriculture. Semences de haricot, de maïs, outils agricoles, entre autres, ont été distribués aux petits agriculteurs grâce à une contribution de l'agence d'aide humanitaire de la commission européenne Echo.
Des pondeuses ont également été distribuées, notamment aux femmes paysannes. Ce projet qui consistait à recapitaliser les agriculteurs victimes des inondations d'octobre 2007 est considéré comme une " réussite " par Jacques Diouf. Il salue l'engagement des petits agriculteurs haïtiens qui ont mis leur savoir-faire au service de leur communauté. La FAO continuera à soutenir les agriculteurs de Cabaret " dans la limite de ses moyens et de ses possibilités ", promet Diouf.

Par ailleurs, le directeur général de la FAO admet que la hausse du prix du pétrole sur le marché internationale a des conséquences néfastes sur la production agricole de par le monde. " Le pétrole atteint 120 dollars (le baril). Ceci a un impact sur le coût du transport, sur le coût des engrais et sur le coût des intrants agricoles ", souligne Jacques Diouf. Le directeur général de la FAO projette de mettre ce thème à l'ordre du jour du prochain sommet de cette agence onusienne prévu du 3 au 5 juin 2008. Jacques Diouf prévoit de rencontrer, à Port-au-Prince, le président René Préval ainsi que des représentants de divers secteurs. La visite de Jacques Diouf survient une semaine après celle du directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM). Pedro Medrano était venu soutenir les efforts des autorités haïtiennes dans la lutte contre l'insécurité alimentaire.
La FAO cherche à obtenir 1,7 million de dollars pour une initiative d'urgence qui permettrait de distribuer les semences, les engrais, etc., destinés à relever la productivité agricole dans les pays en développement faisant face à une crise alimentaire. Cette crise a déjà provoqué des tensions sociales dans plusieurs pays du Sud, dont Haïti où de violentes manifestations de rue ont causé, le mois dernier, la mort d'au moins six personnes, et fait tomber le gouvernement de Jacques Edouard Alexis.

DES ASSOCIATIONS INTERNATIONALES S'IMPLIQUENT
EN FAVEUR DE LA PRODUCTION EN HAÎTI

APPEL URGENCE ALIMENTAIRE EN HAITI
Collectif Haïti de France
Tél. (33) 1 43 48 31 78 E-mail : contact@collectif-haiti.fr

La crise alimentaire en Haïti Urgence de la situation Des " émeutes de la faim " ont éclaté dans plusieurs pays en Afrique, Asie, Amériques depuis début avril 2008. En Haïti, ces manifestations populaires ont commencé dans des villes de provinces :

Causes de l'insécurité alimentaire La crise alimentaire et agricole est particulièrement due à la politique commerciale très libéralisée en Haïti, qui a entraîné une incapacité de production nationale et un appauvrissement de la population, notamment des paysans. En effet, pour répondre aux exigences des institutions financières internationales (FMI, BM etc…), Haïti a adopté des tarifs douaniers très peu élevés, ce qui a exposé la production nationale à la concurrence des produits importés. Haïti importe aujourd'hui plus de 70% de son alimentation. Par exemple, la production rizicole nationale correspond à environ 20 % de la consommation nationale. Le reste - 80 % - est satisfait à partir des importations et de l'aide alimentaire. Le riz importé en Haïti provient d'une vingtaine de pays, parmi lesquels les États-Unis, avec 70 à 80 % des approvisionnements. Par conséquent, la production nationale, qui était de 125 000 tonnes en 1985, est passée à environ 90 000 tonnes aujourd'hui3. D'autres facteurs conduisent également à l'insécurité alimentaire: la mauvaise gouvernance économique ; la faible structuration de la société civile ; les inondations et les sécheresses ; la faiblesse des services agricoles fondamentaux et de l'accès au crédit pour les intrants et l'équipement ; la décroissance inadmissible de l'appui au secteur agricole de la part des organisations internationales, etc…
Instabilité politique A cette crise alimentaire qui s'est encore plus dégradée ces dernières semaines, s'ajoute une instabilité politique, qui, prise dans la durée, n'a pas permis la mise en oeuvre d'une réelle politique agricole paysanne. Ces émeutes ont provoqué la destitution du Premier Ministre Jacques Edouard Alexis par le Sénat, qui lui a reproché de ne pas avoir apporté des réponses concrètes à la crise. Le pays est dans l'attente de la constitution d'un nouveau gouvernement.
Enjeu actuel : Soutenir des projets pouvant servir de modèle. Dans ces moments de crise, nous vous proposons de soutenir des projets ayant valeur de modèle, comme par exemple le projet d'agriculture urbaine de l'ONG Haïtienne VETERIMED. Il permettra à 600 familles des zones populaires urbaines de produire en moins de 3 mois, sur des micros surfaces (terrasses des maisons, balcons, petites cours, ...), des aliments pour l'autoconsommation et pour la vente (production de légumes, de viande de lapin et d'oeufs).
Ce projet fournira une première réponse aux populations urbaines à leur problème alimentaire, sans avoir les conséquences perverses de l'aide alimentaire. Il permettra de tester sur une échelle assez importante, des modes innovants de production en milieu urbain.

Le Collectif Haïti de France et ses actions
En 2004, le Collectif Haïti de France, en partenariat avec l'ONG française AVSF ( appelée alors VSFCICDA), a lancé une campagne de financement solidaires des éleveurs haïtiens, sur la proposition de l'ONG haïtienne Veterimed. La campagne reposait essentiellement sur deux constats de départ :
- En Haïti, le milieu rural représente au moins 60 % de la population, pourtant on l'appelle " le pays en dehors ". Aujourd'hui, les revenus des paysans sont insuffisants pour accéder aux besoins de base, et encore moins, scolariser les enfants. o
-
En Haïti, la production de lait souffre de deux handicaps : La concurrence des produits importés (en grande partie de l'Union Européenne) ; Les difficultés de commercialisation (manque d'organisation de la filière Pour améliorer cette situation, l'ONG haïtienne, Veterimed, a initié, dans le cadre du projet " Lèt Agogo ", la création d'un réseau de micro laiteries où les paysans peuvent vendre leur lait. Ils s'assurent ainsi un revenu plus stable. Bien souvent, toutefois, les paysans n'ont pas les moyens d'acquérir une vache. Depuis, Veterimed, le Collectif Haïti de France et AVSF proposent de les soutenir en investissant dans l'achat d'une vache : o Permettant à une famille rurale d'augmenter ses revenus o Plus largement, participant à la recapitalisation du milieu paysan.

Paris, le 25 avril 2008
APPEL - URGENCE ALIMENTAIRE EN HAITI
Suites aux manifestations contre " la vie chère " de début avril 2008 dans plusieurs villes d'Haïti, le Collectif Haïti de France (CHF) fait état de sa préoccupation sur l'accélération de la crise alimentaire dans le pays. Ces dernières semaines, de nombreux médias français et internationaux ont fait écho de la situation dramatique en Haïti. Depuis 20 ans, les politiques de libéralisation et l'instabilité politiques ont fait fortement reculer la production agricole en Haïti. De ce fait Haïti, est aujourd'hui un pays très dépendant des importations pour son alimentation et extrêmement vulnérable à l'augmentation des prix sur les marchés internationaux. En effet, depuis 2007, les marchés internationaux enregistrent une hausse des prix sur certains aliments de base comme le riz, le blé, le maïs et d'autres denrées alimentaires, et ceci comme dans beaucoup d'autres pays dits "du Sud".
Les besoins alimentaires en Haïti ne sont pas nouveaux ; on considère que 25 % de la population est en état de sous nutrition. Mais la situation s'est terriblement dégradée, ainsi le Collectif Haïti de France lance un appel à dons pour appuyer un développement rapide de la production alimentaire en Haïti.

Les grandes puissances ont déjà réagi en attribuant des sommes conséquentes pour faire face aux cas d'urgence et pour alimenter les enfants dans les cantines scolaires. La collecte d'argent que nous vous proposons aura une valeur de démonstration : elle permettra de financer des projets agricoles de court et moyen terme, comme le projet d'agriculture urbaine de l'ONG Haïtienne VETERIMED. Cette collecte permettra à 600 familles des zones populaires urbaines de produire en moins de 3 mois, sur des micros surfaces (terrasses des maisons, balcons, petites cours, ...), des aliments bio pour l'autoconsommation et/ou pour la vente. Ce projet peut fournir une première réponse aux populations urbaines pour leur alimentation ; il permettra aussi de tester sur une échelle assez importante de nouveaux modes de production en milieu urbain.
Le collectif est bien conscient que ces appuis ne résoudront pas la totalité du problème, que nous ne pouvons et ne devons pas nous substituer à l'Etat mais, dans cette situation d'urgence, nous savons que chaque famille soutenue verra diminuer sa souffrance et progresser un peu son autonomie économique et sa dignité.
Aidez-nous à les aider avec des ONG partenaires locales qui nous ont déjà montré leur fiabilité. Veuillez adresser votre chèque, en précisant Urgence Alimentaire en Haïti- Don, à l'adresse suivante: Collectif Haïti de France, 21 ter Rue Voltaire, 75011 Paris.- Tel : 01 43 48 31 78/ Fax : 01 43 67 16 42 contact@collectif-haiti.fr - www.collectif-haiti.fr


ASOCIACION HISPANO-HAITIANA PARA EL DESARROLLO

Asociación hispano-haitiana para el desarrollo est une organisation indépendante sans but lucratif enregistrée à la comunidad de Madrid au numéro 28.3357 selon le décret 1497/2003 du 18 Novembre, code d'immatriculation fiscale G-84976299. Notre organisation a pour but de promouvoir les échanges et le développement de projets dans le domaine agro-alimentaire, la construction, le tourisme, le transport, etc. Elle favorise l'initiative économique, le transfert de compétence et le développement local. Asociación hispano-haitiana para el desarrollo appuie le cercle des entrepreneurs en relayant son appel en Europe, au Canada, et aux États-Unis afin d'améliorer les revenus des agriculteurs et éleveurs haïtiens.

Le cercle des entrepreneurs est une organisation de solidarité
dont la mission est de venir en appui aux familles paysannes pourqu'elles puissent prendre en charge elles mêmes leur développement. Notre organisation travaille sur la gestion des ressources naturelles, l'agriculture et l'élevage. Le cercle des entrepreneurs est présent à Jérémie et collabore avec le secteur privé (banques, institutions financières) et des organisations internationales.
ENSEMBLE PARTICIPONS A UNE APPROCHE CONSTRUCTIVE DU DEVELOPPEMENT
Vous pouvez soutenir le cercle des entrepreneurs pour le développement de l'agriculture et de l'élevage en devenant membre:

Membre Actif Toute personne qui désire poursuivre les buts de l'organisation et dont la candidature a été acceptée par le conseil d'Administration et qui paie une cotisation annuelle de trente (30.00) euros.
Membre Volontaires Les personnes engagées de façon désintéressée à mettre leur compétence au service de l'organisation.
Membre d'Honneurs Ceux qui rendent ou ont rendu des services éminents à l'organisation et sont désignés comme tels par le conseil d'administration. Ils sont dispensés des cotisations annuelles de cent (100.00) euros.
Membres Bienfaiteurs Les personnes morales, sociétés, institutions ou associations exerçant des activités dans les domaines ayant trait aux buts de l'organisation, qui ont été choisis comme tels par le conseil d'administration et qui versent des droits d'adhésion et une cotisation annuelle de cent cinquante (150.00) euros.

Réseau de solidarité et d'entraide pour un mieux-être partagé Solidarité en faveur des agriculteurs et éleveurs haïtiens Une campagne co-organisé par:
Cercle des entrepreneurs pour le développement de l'agriculture et de l'élevage Asociación hispano-haitiana para el desarrollo industrial y comercial C'est quoi le cercle des entrepreneurs?
Le cercle des entrepreneurs est un cadre de solidarité et de mobilisation des compétences volontaires engagés par choix de vie et par partage d'un idéal commun qui est celui de l'amélioration des conditions de vie des paysans.
Quelles sont les missions du cercle des entrepreneurs? Le cercle des entrepreneurs a pour but de:
- Raffermir entre les jeunes des liens de fraternité, de solidarité et d'engagement au développement.
- Promouvoir l'entrepreneuriat, le bien être social et économique des paysans à travers la formation professionnelle, la promotion des techniques d'agriculture et l'élevage, la valorisation des intrants agricoles
. - Lutter contre l'exclusion sociale des jeunes et des femmes à travers l'information, la formation et l'insertion dans des circuits socio-productifs
. - Stimuler l'esprit d'entreprise, l'innovation, la croissance et la créativité
. - Favoriser les échanges d'expériences, le travail en réseau et la mise en commun des compétences partagées.

Quelles sont les méthodes d'action du cercle des entrepreneurs? Afin de concrétiser les objectifs fixés, le cercle des entrepreneurs se propose de: - -Organiser, encadrer et de renforcer les capacités des producteurs agricoles aux fins d'améliorer leur productivité et leurs revenus
. - Entreprendre des activités de reboisement visant entre autres l'amélioration de l'environnement et le ralentissement des obstacles liés au climat. - -Développer des activités génératrices de revenus susceptibles de renforcer l'autonomisation administrative et financière de la structure et de renforcer son intervention
. - Négocier des stages de formation pour différents intervenants auprès des partenaires d'appui pour besoins d'efficacité.

Quels sont les services offerts aux paysans ? Le cercle des entrepreneurs porte essentiellement sur:
- La formation dans le domaine de la cuisine, la pâtisserie, l'auxiliaire vétérinaire, les techniques agricoles, l'artisanat, la gestion, la comptabilité, la vente, le marketing et un centre de placement qui favorise l'accès à l'emploi.
- La mobilisation et l'éducation des paysans sur des thèmes tels que le reboisement, la valorisation des déchets et l'accès à l'eau potable (avec des projets de forage à pompe manuelle).
- Le développement rural, l'accompagnement a une double dimension:
a) l'accompagnement à la production, avec un appui à l'organisation et à l'appropriation des nouvelles techniques de production notamment celles qui ont trait à l'agriculture écologique.
b) Un accompagnement à la commercialisation avec un appui au développement organisationnel, un appui au terme d'information sur les opportunités du marché et un appui à la mise en place d'un fonds de garantie et de solidarité.

Bon d'entraide et de solidarité Informations personnelles
Nom: Prénom: Adresse: Tel: Fax: E-mail: Cochez la case correspondant à votre choix Je contribue à changer la vie d'un agriculteur en lui donnant cinquante (50.00) euros pour l'achat de semences, intrants et des outils agricoles.
Je désire soutenir le cercle des entrepreneurs pour le développement de l'agriculture et de l'élevage et verse sur son fonds solidaire une contribution sans contrepartie de ..........................
Asociación hispano-haitiana para el desarrollo s'engage en échange à verser les fonds reçus au cercle des entrepreneurs, et à informer de l'évolution du projet deux fois dans l'année. A .................................. Le ..................................
A découper et retourner à : Asociación Hispano-Haitiana para el Desarrollo C/ Chavarri nº 2, 1ºB 28560 Madrid Tel: 918723220 Cell: 690278306
e-mail: haitidevelopment@yahoo.es
Cercle des entrepreneurs pour le développement de l'agriculture et de l'élevage P.O. Box 15918 Pétionville Cellulaire: (509) 730-4553 Numéro du compte bancaire: 137213203 Nom de la banque: SOGEBANK Numéro Swift: SOGHHTPP


11 avril 2008


VIE CHÈRE, ÉMEUTES DE LA FAIM, JEUX POLITICIENS

 

De violentes émeutes ont explosé en Haïti contre la cherté excessive des produits alimentaires. Plusieurs morts et blessés. Le même phénomène est observé dans nombre de pays des continents pauvres, en Afrique et en Asie notamment. Cette question du pouvoir d'achat frappe partout en réalité. Les yeux rivés sur des profits rapides et insolents, l'oligarchie financière internationale, indifférente à la souffrance des faibles, se gave de luxe, de technologies civiles et militaires. Elle s'unit pour les tenir en respect. Les peuples malheureux livrés à eux-mêmes doivent trouver leurs propres solutions. En Haïti, les politiciens continuent à chercher à tirer avantage des difficultés. Leur premier calcul est de renverser le gouvernement en place, pour se partager des places entre des frères ennemis. Initiative stérile. Il faut maintenant susciter la participation des forces vives : masses laborieuses, notables conservateurs, monde des d'affaires, ressources humaines. Sortir de la logique des petits clans, entrer dans une logique nationale. Objectifs : rétablir la sécurité, promouvoir un fonctionnement national normal en vue de récupérer l'indépendance nationale. Sur cette base, lancer une consultation permanente pour faire avancer petit à petit cet agenda. Ces différentes forces sont dos à dos depuis trop longtemps. Il est temps qu'elles soient remises face à face. Cette initiative devrait être menée simultanément par les pouvoirs publics et par les communautés civiles. Il ne s'agit pas d'obtenir de bonnes places, il s'agit de donner de bonnes idées et actions pour aider à sauver un pays qui appartient à tout le monde. Les étudiants en agronomie et les jeunes agronomes ont offert récemment leur participation pour la renaissance de l'agriculture dont l'abandon est une cause fondamentale du déficit alimentaire et de ses conséquences. Il faut encourager ce genre d'initiatives. C'est un bel exemple. (Haïti Échanges).)

 

CHRONIQUE DES ÈMEUTES DE LA FAIM EN HAÏTI ( 3 au 9 avril)

La ville des Cayes lance le mouvement
Jeudi 3 avril, des manifestants, dans la ville des Cayes, pillent notamment des containers de ciment et des camions de nourriture, en marge d'une manifestation de centaines de personnes contre la vie chère. Ils ont également envahi la base de la MINUSTAH (Mission militaire de l'ONU) dans le quartier de Breset, emportant des ordinateurs et autres équipements.

Le maire des Cayes, Yvon Chéry a constaté que les prix de la plupart des produits de consommation ont plus que triplé et que la population commence à désespérer. Il s'est toutefois indigné que le mouvement a été infiltré par des pillards et des individus ayant d'autres objectifs. Les écoles, le commerce et les banques ont été contraints de fermer leurs portes. Les manifestants protestaient également contre le mauvais état des routes et s'en sont pris au directeur départemental du Sud des travaux publics. Certains manifestants reprochent au président Préval son silence lors d'une discrète visite qu'il a effectuée dans la région des Cayes, au cours du week-end pascal.

Le président de la chambre de commerce du Sud, Pierre Léger, s'est prononcé contre l'utilisation de la violence pour arriver à des résultats. Il a toutefois souligné que la situation qui s'est développée ce jeudi dans la ville des Cayes résulte du laxisme des autorités qui ne manifestent, selon lui, aucune volonté politique. Pierre Léger a fait savoir que si les autorités continuent de faire preuve d'insensibilité, le juste mouvement de protestation contre la vie chère déclenchée dans la ville des Cayes ne va pas tarder à s'étendre tout le pays.
Un responsable d'organisation populaire a imputé la situation difficile dans laquelle se trouve le pays au départ forcé et précipité de l'ancien président Aristide le 29 février 2004. Selon Biron Odigé, les populations des zones les plus reculées vivent dans une situation de misère atroce, en raison du fait qu'ils ne disposent d'aucun pouvoir d'achat. Il demande au président Préval et au premier ministre Alexis d'assumer leur responsabilité.

Reprise des manifestations aux Cayes Les manifestations contre la cherté de la vie ont repris de plus belle lundi matin 6 avril aux Cayes (Sud) où l'on signalait la mort d'au moins une personne à la mi-journée. Selon les premières informations, il s'agirait d'un des manifestants qui tentaient d'investir l'hôtel en construction " Le Manguier " appartenant au 3ème sénateur du Sud, Gabriel Fortuné, à qui ils reprochent d'avoir inspiré les allégations du premier ministre Jacques Edouard Alexis selon lesquelles le mouvement de protestation serait l'œuvre de trafiquants de drogue. Des agents de sécurité de l'Hôtel auraient ouvert le feu , causant la mort d'un manifestant. De nombreux manifestants, furieux après l'incident, sont partis à la recherche du parlementaire. Loin d'apaiser la population des Cayes, les déclarations faites en fin de semaine dernière par le chef du gouvernement relatives aux manipulations possibles du mouvement de protestation, semblent les avoir davantage mécontentés. Le bilan des manifestations aux Cayes s'élevait, jusqu'au dernier incident de lundi, à 4 morts selon diverses sources et à un seul selon la Mission des Nations Unies.

Un sénateur en difficulté
La résidence de la famille du sénateur du Sud Jean-Gabriel Fortuné a été pillée, le 7 avril 2008, dans la ville des Cayes. Intervenant sur des stations de radio de la capitale haïtienne, le parlementaire estime que ce mouvement serait manipulé par des trafiquants de drogue et des militants du parti Fanmi Lavalas. Fortuné signale la présence de " Ti Pistòl ", qui était un membre influent des organisations populaires Lavalas avant la chute du régime de Jean-Bertrand Aristide. " Il s'agit d'un mouvement purement politique. Ils cherchent à résoudre avec moi des problèmes politiques ", déclare sur Radio Métropole Jean-Gabriel Fortuné. L'élu du Sud interprète ce mouvement comme une " revanche de la Fanmi Lavalas et des trafiquants de drogue ".

Larmes aux yeux, Margareth Fortuné, demande au pouvoir exécutif de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de son frère, en difficulté. Sur les ondes de Signal FM, Margareth Fortuné demande pardon aux manifestants pour les multiples déclarations du sénateur Fortuné relatives à ce mouvement de protestation. Un nouveau décès s'est produit non loin de la résidence du sénateur Jean Gabriel Fortuné, objet d'attaques de la part de certains manifestants.

Le premier ministre annonce des mesures
Le premier ministre Jacques Edouard Alexis a annoncé vendredi 4 avril le lancement imminent d'un programme visant à soulager la souffrance de la population. 400 millions de gourdes sont déjà disponibles pour la réalisation de projets d'emplois, pour la création de cantines scolaires et de restaurants comunautaires ainsi que pour l'octroi de crédits. Une demande de 400 autres millions de gourdes a déjà été produite.
Le premier ministre a fait ces déclarations à l'issue d'une rencontre avec les membres du cabinet ministériel. Dénonçant les mains cachées derrière ces violences, Jacques Edouard Alexis a fait savoir que des instructions ont été passées aux autorités locales pour rétablir l'ordre. Une délégation gouvernementale a été dépêchée aux Cayes où les autorités ont annoncé des mesures d'urgence pour favoriser le retour au calme. "

La vie chère, un phénomène qui va durer
"

" Depuis un certains temps, la côte sud du pays est devenue une zone privilégiée où des petits bateaux accostent pour délivrer de la drogue ", a déclaré le premier ministre Alexis. " Le prix de l'engrais phosphoré a subi une hausse de 250 dollars en deux jours. Ce n'est pas un phénomène qui va finir demain, c'est un phénomène qui va durer " prévient-il, ajoutant que son gouvernement est impuissant dans une telle situation. De plus, il s'est déclaré étonné de voir que les manifestants veulent s'en prendre à la Minustah alors que ces derniers ne sont en rien responsables de la vie précaire de la population haïtienne. Il soutient que ce sont des contrebandiers qui manipulent la population en les portant à croire que la présence des forces onusiennes sur le sol haïtien est responsable de la hausse du coût de la vie.

La ville des Cayes sous haute tension
La ville des Cayes reste sous haute tension suite aux manifestations (jeudi et vendredi) contre la faim. Des individus qui sont intervenus au cours du week-end sur des stations de radio locales ont fait part de leur intention de descendre de nouveau dans la rue ce lundi. Au cours de la soirée de dimanche, alors que des pneus brûlaient dans le quartier populaire de la Savane, des rumeurs circulaient, selon lesquelles, des individus ciblaient des maisons de commerce auxquelles ils envisageaient de s'attaquer.

Le sénateur Gabriel Fortuné a fait savoir que la manifestation contre le coût de la vie n'a duré que quelques heures, ayant été infiltrée, a-t-il dit, par des dealers et des repris de justice. L'un des initiateurs de la manifestation contre la vie chère, Lucien Orgella, a renchéri: "ce à quoi nous assistons aujourd'hui, n'a rien à voir avec notre mouvement".
Parallèlement, le maire de la ville Yvon Chéry, a été attaqué dimanche après-midi par des individus qui ont brisé les pare-brise de son véhicule.
Le sénateur Fortuné a également fait état de menaces dont il affirme être l'objet pour avoir dénoncé, a-t-il dit, les infiltrateurs qui ont pillé des maisons de commerce et incendié au moins deux véhicules de la MINUSTAH. Vendredi, à Petit-Goâve, des manifestants violents qui affirmaient protester contre le coût de la vie, s'en sont plutôt pris au maire de la ville qu'ils ont sévèrement malmené, après avoir saccagé le local de la mairie.

Mobilisation à Port-au-Prince
A Port-au-Prince, en fin d'après-midi du lundi 7 avril, un étudiant a été blessé par balle, dans des circonstances non élucidées, non loin de la Faculté des Sciences humaines et de l'Institut national d'administration, de gestion et des hautes études internationales (Inaghei), deux entités de l'Université d'Etat d'Haïti. Très tôt, dans la capitale, ce 7 avril, plusieurs groupes de manifestants ont fait valoir leurs revendications. Des étudiants de l'Ecole normale supérieure ont entamé un mouvement en érigeant des barricades aux abords de cette entité de l'Université d'Etat d'Haïti. Aux environs de la Faculté d'Ethnologie, des barricades de pneus enflammées ont été dressées. La panique a gagné d'autres endroits de la capitale, notamment à Canapé-Vert et à l'avenue John Brown, Lalue..

Les autres villes rejoignent le mouvement
Après Gonaïves, et Cayes, Aquin, Cavaillon , ainsi que Petit-Goave, d'autres villes d'Haïti tendent à rejoindre le mouvement. A Jérémie, des rumeurs faisaient croire que des protestataires allaient incendier la base régionale de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah). Cinq personnes ont, à l'occasion, été appréhendées par la police. A Jéremie (sud-Ouest), une manifestation de centaines de personnes ont causé d'importants dégats matériels et des blessures par des jets de pierrres. Les manifestants réclamaient la baisse du coût de la vie, le départ de la MINUSTAH , le retour dans son pays de l'ancien président Jean Bertrand Aristide. D'autres individus appelaient à la fin des interventions de la DEA (antidrogue US) contre l'ancien chef rebelle, Guy Philippe
A Petit-Goâve, un mouvement de protestation contre la vie chère a également eu lieu. Ecoles, centres commerciaux ont dû fermer leurs portes, tandis que la route nationale No 2 a été bloquée pendant une bonne partie de la journée.
A Miragoane, les activités ont été paralysées par des jets de pierres et l'annonce d'un probable mouvement contre la vie chère.
A Léogane, les activités ont été paralysées, notamment par des barricades de pneus enflammés.

Desiderata
Outre les biens essentiels à la consommation (farine, pain, sucre, huile de cuisine, lait, riz et autres) qui connaissent une hausse sans précédent ces derniers mois, les prix d'autres biens stratégiques, comme les produits pétroliers, viennent de subir un relèvement à la fin de mars 2008. Une session des députés, sur les événements en cours, n'a pas pu se dérouler devant l'ampleur des manifestations à Port-au-Prince. Des économistes stigmatisent la conduite des autorités qui s'adonnent tête baissée dans l'application des politiques néolibérales dictées par les bailleurs de fonds internationaux comme le Fonds monétaire international.

Au Centre de Port-au-Prince
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté lundi matin 7 avril dans le centre de Port-au-Prince. Venus de différents quartiers: Martissant, Bel-Air, Cité soleil ils ont défilé devant le Palais national, et les bureaux des ministères, certains réclamant la démission du Premier ministre Alexis. Les établissements commerciaux, qui avaient ouvert normalement le matin, ont dû fermer leurs portes dans la matinée. Au Champ-de-Mars, des manifestants ont saccagé la barrière du ministère du Commerce. Le président René Préval a été hué par des manifestants qui réclamaient son départ.
A Damien, quelques centaines d'étudiants ont protesté contre la présence du ministre de l'Agriculture François Séverin, dans les bureaux du ministère. " Nous avons privé le ministre de son véhicule officiel afin qu'il connaisse la douleur de ceux qui ne peuvent trouver de transport pour rentrer chez eux ", ont déclaré les manifestants. Depuis quelques semaines, le sac de riz de 50 lbs est ainsi passé de 750 à plus de 1 150 gourdes. La marmite de pois, elle, est passée de 125 à plus de 225 gourdes. La même hausse est constatée pour tous les produits de première nécessité.

Violences à Port-au-Prince
Des manifestants ont commencé par s'attaquer au palais national dont ils ont forcé le portail principal. Des forces de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation d'Haïti ont alors répliqué en tirant des rafales de balles en caoutchouc, faisant des blessés dont Jean-Jacques Augustin, un journaliste/photographe travaillant pour le quotidien "LE MATIN". Des milliers de manifestants arrivés de tous les quartiers de la capitale se sont lancés à l'assaut de magasins, bureaux publics, restaurants, stations services dans toutes les régions de l'aire métropolitaine: Champ-de-Mars, Delmas, Pétion-Ville, Frères. Au Champ-de-mars, le local de la Air France a été endommagé, des véhicules exposés au local de la banque nationale de crédit ont été incendiés, alors que de nombreux autres vehicules privés ont eu les pare-brise cassées dans la même zone.( 8 avril 2008)

Le discours de Préval
Le chef de l'Etat a insisté sur le fait que la vraie solution à la flambée des prix doit passer nécessairement par l'augmentation de la production nationale. Il a souligné que la cherté de la vie n'est pas un mal exclusif à Haïti. "Pays riches et pays pauvres, tous y passent, a-t-il dit, rappelant que le prix du baril de pétrole est passé de $10 a $100 de 1998 à nos jours. Il n'y a aucun problème à ce que l'Etat subventionne la production et la consommation nationales, a dit le président, ajoutant qu'il serait au contraire irréaliste de supprimer les taxes sur les marchandises importées. ( 9 avril 2008)

ANNETTE AUGUSTE (SOANN) et LES EMEUTES DE LA FAIM !

LE 9 AVRIL 2008, SUR LES ONDES DE LA TNH, LA DIRIGEANTE LAVALAS

A DONNE SON SENTIMENT SUR LES EVENEMENTS VIOLENTS, DU 3 AU 9

AVRIL. ELLE SOUTIENT LES REVENDICATIONS CONTRE LA VIE CHERE,

MAIS REJETTE LE VANDALISME QUI S'ATTAQUE AUX INTERETS DE LA

POPULATION ET DU PAYS. D'APRES SOANN UN LAVALASSIEN EST UN

PATRIOTE ; IL NE PEUT PAS DETRUIRE LES PROPRIETES PRIVEES ET LES ENTREPRISES DU PAYS. EN FAIT MME AUGUSTE A MIS LES POINTS SUR i CONTRE LES CALOMNIES DES ENNEMIS DE SON PARTI QUI ONT TOUJOURS PRESENTÉ LES MILITANTS LAVALAS COMME DES VOYOUS POUR JUSTIFIER LA RÉPRESSION POLITIQUE.


4 septembre 2007

La privatisation des entreprises publiques

Une réforme projetée depuis les années 90
Multinational monitor, november 1995-volume 16


Haïti résiste à la privatisation (écrivait Cam Duncan en 1995, sous le titre " Haiti bucks privatization ")

Le premier ministre Smarck Michel démissionne en octobre 1995, un an après le retour au pouvoir du président Aristide, sous la pression de manifestations contre ses propositions néolibérales d'ajustement structurel. Il est remplacé par Claudette Werleigh. Cette démission intervint après les élections de septembre 95.

En octobre, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International tenaient leur réunion annuelle à Washington D.C. La Banque et le Fonds avaient tenté d'obtenir la signature d'Haïti à une lettre d'intention, conditionnant un financement de $100 millions à l'acceptation d'objectifs d'ajustement structurel, notamment la privatisation des entreprises publiques. La banque espérait pouvoir utiliser cette lettre à sa réunion annuelle pour montrer que les Haïtiens soutenaient ses politiques.

Sous la pression de son nouveau parlement, Haïti refusa de signer. Le 15 octobre 95, en visite à Port-au-Prince, le Vice-Président américain, Al Gore, visiblement en colère, entreprit de sauver le rôle de Michel, au moins son héritage néolibéral, par ce que GORE appela une confrontation d'homme à homme avec Aristide.

Fin octobre, des rumeurs circulaient sur la volonté des donateurs et des prêteurs de répondre au populisme haïtien en coupant les aides internationales. Certains officiels étrangers avouaient clairement que le rejet des propositions de la Banque et du Fonds allait affecter énormément Haïti en retardant les décaissements prévus pour les programmes d'ajustement structurel. Ils prévoient que d'autres donateurs se solidariseront avec la Banque et le Fonds contre Haïti.

C'est en effet ce qui arriva, assez vite, avec les sanctions généralisées contre Haïti, la rétention des fonds qui ouvrirent la voie à la longue crise politique qui allait enfoncer totalement le pays dans le chaos économique, social et politique. Elle se termina par la démolition des institutions constitutionnelles, en février 2004.

Smarck Michel avait beau essayer de rassurer ses interlocuteurs américains. Aristide a mûri, je rencontre le président régulièrement. Il ne m'a jamais dit, " Arrêtez le programme ". Selon Lisa McGowan, une spécialiste d'Haïti, la Teleco rapportait au gouvernement $80 millions de revenus en 1994-1995. Haiti n'a jamais eu un débat ouvert entre les pour et les contre de la privatisation. Bien que Aristide ait été circonspect à l'égard du plan néolibéral, le président restait à l'écoute des organisations démocratiques. Après trois tours de scrutin, le parti Lavalas dominait le parlement haïtien.

Ainsi, ce qui bloquait le plan néolibéral n'est pas tant Aristide que la vaste opposition à la privatisation parmi le peuple haïtien et ses représentants dans le nouveau Parlement.


28 novembre 2006

Encore un bateau étranger suspect
dans les eaux de l'Ile à Vaches

Une délégation composée de deux députés et d'un représentant du ministère de la culture et de la communication s'est rendue lundi à l'Ile-à-Vaches (Sud), pour s'enquérir sur la présence d'un bateau appartenant à une compagnie américaine, dans les eaux de cette commune. Selon des informations, ce bateau se trouve à l'Ile-à-Vaches depuis environ 3 semaines et les membres de l'équipage procèderaient jour et nuit à l'exploitation des ressources subaquatiques. L'un des membres de la délégation, le député de la circonscription Cayes/Iles-à-Vaches, Jean David Génesté, a déclaré n' être au courant de la signature d'un quelconque contrat entre le gouvernement en place et cette compagnie étrangère, qui pourrait l'habiliter à exploiter les richesses du pays. Il a fait savoir que la délégation est déterminé à aller jusqu'au bout dans ce dossier et a promis qu'un rapport d'évaluation sera publié dans le meilleuir délai.

De leur côté, les habitants de l'Ile-à-Vâches ont manifesté pour dénoncer l'exploitation des richesses du pays par cette compagnie étrangère. Ils ont menacé de s'attaquer au bateau et à l'hôtel où sont logés les membres de l'équipage pour les forcer à abandonner la zone " C'est incompréhensible et inadmissible que des étrangers viennent s'enrichir au détriment d'une population qui évolue dans la crasse ", se sont indignés les habitants appelant les autorités compétentes à agir dans ce dossier. Plusieurs canons en bronze et des pièces en or et en émeraude avaient disparu sous le régime de Latortue, à la suite d'un contrat signé entre la compagnie américaine Subsea research et lesdites autorités. On ne sait pas ce qu'il est advenu depuis des canons qui auraient été transportés à Panama. En dépit de sa présence à la table de signature du contrat, le premier ministre d'alors, Gérard Latortue, avait fait savoir qu'il n'était au courant d'aucun contrat (AHP 28 novembre 2006)


22 octobre 2006

HAÏTI SOUTIENT LA CANDIDATURE DU VENEZUELA
AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES

(par Samedi Smith)

Le Guatemala et le Venezuela sont candidats au siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité, pour remplacer l'Argentine comme représentant du sous-continent américain. Finalement, Haïti a choisi de voter en faveur du Venezuela. Certains parlent de lobbies, ce qui est normal dans ce genre de compétition. D'autres font état de pressions dissuasives. Cela serait illégal voire immoral. D'autres encore précisent que les pressions seraient d'ordre hégémonique ou économique.

La position haïtienne sur ce dossier peut échapper à cette logique. Comme membre fondateur des Nations Unies, la République d'Haïti est titulaire des mêmes droits que toute autre nation à exercer librement sa liberté de vote dans cette enceinte internationale. Porteur d'un message spécial de solidarité avec les peuples opprimés, Haïti ne peut pas facilement se dérober à ses obligations léguées par ses pères fondateurs.

Après sa libération du colonialisme esclavagiste en 1804, mise en quarantaine par les propriétaires d'esclaves, Haïti n'hésita pas à voler au secours de l'indépendance de l'Amérique du Sud, en accueillant le général Francisco Miranda en 1806, puis Simon Bolivar en 1815. A leur procurer une base de repli, leur fournir un soutien en argent, en armements, en équipements d'imprimerie, et en volontaires. A cette occasion les dirigeants haïtiens demandèrent aux frères sud-américains de proclamer la l'abolition de l'esclavage et de la traite négrière. A son retour, le Libertador Simon Bolivar, victorieux, donna l'exemple en libérant les esclaves attachés à ses haciendas.

Ces liens spéciaux entre Haïti et le Venezuela dépassent les querelles d'aujourd'hui fondées sur les rapports inégaux qui pourrissent la vie. Haïti a toujours essayé de rester fidèle à son message, à sa mission, à son honneur, même quand tout semble perdu. Le Venezuela d'aujourd'hui, avec ses qualités et son tempérament, s'honore d'impulser la coopération économique dans la Caraïbe, par des initiatives constructives concrètes relatives à l'approvisionnement en pétrole. C'est indiscutable !

Charles Dupuy nous rappelle, dans son livre, le " Coin de L'Histoire ", Canada, 2006, que le 10 octobre 1935, le délégué permanent d'Haïti à la Société des Nations interpella les grandes puissances par cette phrase prophétique : " Craignons d'être, un jour, l'Ethiopie de quelqu'un ! " C'était après l'intervention des troupes de l'Italie fasciste en Abyssinie. A l'époque, nous dit Dupuy, il n'y avait que l'ambassadeur haïtien pour défendre les peuples d'Afrique et d'Asie assujettis au joug colonial. En 1949, l'ambassadeur d'Haïti à l'ONU donna la voix décisive d'Haïti en faveur de l'indépendance de la Libye. Aujourd'hui encore, selon Dupuy, des places et des rues de villes libyennes portent le nom du diplomate haïtien Emile St Lot..


Ratification parlementaire de l'accord Petro Caribe

Les parlementaires haïtiens ont procédé, mardi 29 août 2006, en assemblée nationale, à la ratification de l'accord de coopération Petro Caribe signé le 15 mai, entre le président René Préval et le vice-président vénézuélien Vicente Rangel.

Après l'examen du rapport de la commission bicamérale, 53 parlementaires ont voté pour, zéro contre et 12 se sont abstenus. Toutefois, certains parlementaires ont exprimé des réserves quant à l'utilisation des profits qui seront générés à partir de la vente du pétrole étant donné que le gouvernement n'entend pas le subventionner.

Le député Frantz Robert Mondé a dit croire qu'il serait nécessaire que le premier ministre Jacques Edouard Alexis, soit invité par les présidents des 2 chambres sur l'usage du bénéfice à tirer de l'accord Petro Caribe. Pour sa part, le sénateur Youri Latortue, a suggeré la création d'un terminal pétrolier dans le pays, à partir de la vente du pétrole. Selon lui, cette initiative contribuerait à décentraliser l'économie nationale.

Selon les clauses de l'accord Petro Caribe, le Vénézuéla consent à fournir des produits pétroliers au gouvernement haïtien à des prix préférentiels. Pour chaque livraison, Haïti versera 60% de l'argent dans les 90 jours qui suivent et les 40% restant sur une période de 25 ans et d'un an de grâce.

Ces fonds seront investis au cours de cette période dans des projets de développement. Le Vénézuéla envisage de fournir à Haïti 120 tonnes d'asphalte mensuellement sur une période de 12 mois. (Source : AHP 30 août 2006)


28 juin 2006

Nous ne pouvons parler de tourisme en Haïti
sans des routes pour faire voyager les touristes

Les routes sont la voie de l'avenir d'Haïti, a dit Préval dimanche 25 juin 2006, en Floride. Le président a indiqué que la réhabilitation des routes serait un point important dans ses efforts pour faire revivre l'économie haïtienne par le toutisme.

Les routes sont défoncées et impraticables après les cyclones et autres désastres naturels, a déclaré Préval au second Sommet annuel pour le développement économique et du tourisme en Haïti. Nous ne pouvons parler de tourisme en Haïti si nous n'avons pas les routes pour faire voyager les touristes. Nous devons commencer quelque part.

Considérer que:
- 112,000 personnes seulement ont visité Haïti l'année dernière
- La diaspora haïtienne a dépensé $5 milliards à visiter d'autres îles de la Caraïbe
- La diaspora haïtienne a envoyé $1,3 milliard par an, soit 25% du PIB à Haïti. Selon un rapport annuel de la CIA? LE PIB estimé d'Haïti l'année dernière était de $4,3 billion
Des 8,3 millions d'habitants, 4 sur 5 vivent dans une misère abjecte. Plus de la moitié survivent sur des parcelles de terres.

D'autres obstacles se dressent contre le tourisme en Haïti. Le pays a besoin de ses propres lignes aériennes. Il a besoin d'offrir aux investisseurs un accueil où trouver rapidement l'information et les autorisations nécessaires pour l'établissement de leurs affaires.

Au sujet de la stabilité politique Préval rappelle qu'il a choisi quelqu'un coimme chef de la polica nationale, mais le parlement n'a pas encore ratifié sa nomination.
Sur le contentieux du droit de vote et d'éligibilité des haïtiens de la diaspora, Préval se déclare ouvert à cette idée, mais il avertit cela implique d'amender la constitution, ce qui pourrait prendre huit ans.
Le président lance un appel à l'unité. "Le pays n'est pas à moi. Toutes les forces sociales et économiques doivent s'asseoir et travailler ensemble." (source:Tania Valdemoro, Palm Beach Post,
June 26, 2006)


2 mai 2006

Au Canada Préval appelle à soutenir la
démocratie parce que les gens ont voté
pour l'amélioration de leur vie
et ceci prend aussi des ressources

 

La visite de travail de trois jours du Président Préval au Canada a commencé, lundi 1er mai, par des rencontres avec le premier ministre Stephen Harper, la ministre de la Coopération internationale, Josée Verner, et le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay.

M. Préval a répondu à parlé aux journalistes des objectifs de son séjour. Il voulait rappeler au Canada combien son soutien est primordial pour Haïti.

"Même l'international reconnaît qu'il s'est désengagé trop vite, a fait valoir le président élu Préval. C'est le signal que je viens dire: Attention, les élections ont eu lieu au niveau présidentiel, au niveau des législatives, mais il faut encore continuer à supporter cette démocratie parce que les gens ont voté pour l'amélioration de leur vie et ceci prend aussi des ressources."

La liste des besoins est longue. "Nous sommes dans un pays où nous avons, dans la capitale, deux heures d'électricité par jour, se désole M. Préval. Les élèves ne peuvent pas étudier, les commerces ne peuvent pas travailler, les industries ne peuvent pas travailler. Nous avons besoin d'aide immédiatement.

" Parmi les besoins urgents qui devront être financés, M. Préval cite en exemple les efforts qui devront être déployés pour assurer la rentrée scolaire, verser le salaire de fonctionnaires publics, améliorer la salubrité des rues, prendre en charge les soins de santé et voir à ce que les services d'électricité soient plus fiables. "Je ne veux pas faire ici le décompte de tout ce qu'il faut, mais il faut de l'aide à très court terme"
, a poursuivi le président élu, qui espère que la communauté internationale ne laissera pas tomber Haïti.

Ottawa versera 48 millions $ pour "promouvoir la bonne gouvernance et la démocratie". De cette somme, 30 millions $ proviennent d'argent neuf, qui s'ajoutent à la somme de 190 millions $ versée à Haïti au cours des deux dernières années. "Nous sommes déterminés à accompagner le peuple haïtien dans son cheminement vers ces deux objectifs", a déclaré la ministre Josée Verner, par voie de communiqué de presse. Des 48 millions $ annoncés, 20 millions $ iront au financement du Programme de développement local, une initiative qui vise à appuyer les petites entreprises, à favoriser la production agricole et à protéger l'environnement.

Dix-huit millions $ serviront à soulager une partie de la dette d'Haïti envers la Banque interaméricaine de développement (cette somme fait partie des 190 millions $ déjà annoncés); 5 millions $ aideront à améliorer les institutions parlementaires; et 5 millions $ serviront à appuyer des projets pour promouvoir la démocratie et la paix. Le Canada est l'un des principaux pays donateurs en Haïti. Selon l'Agence canadienne de développement internationale, le Canada aurait versé environ 190 millions $, d'avril 2004 à la fin mars 2006, pour y financer des projets de reconstruction et de développement. Une bonne partie de ces fonds sont allés au financement de projets en appui au processus électoral et au déploiement de policiers canadiens en sein de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

M. Préval, vainqueur des élections présidentielles de février dernier, a commencé son séjour par un entretien d'une heure avec la gouverneure générale, Michaëlle Jean, elle-même d'origine haïtienne. Mme Jean doit d'ailleurs se rendre dans son pays natal pour représenter le Canada lors de l'installation de M. Préval, le 14 mai prochain . "Pour Haïti, c'est une fierté de voir qu'une Haïtienne d'origine peut faire son chemin au Canada. Et pas seulement elle, mais tous les professionnels, les professeurs d'universités, des gens qui trouvent à travailler ici et qui aident aussi Haïti", a indiqué le président élu. Il précise aussi qu'il a l'intention de rétablir la double nationalité pour les quatre millions de ressortissants haïtiens au Canada et ailleurs dans le monde, pour que "ces gens puissent venir, avec leurs compétences, aider Haïti". Mercredi, M. Préval doit rencontrer le premier ministre québécois Jean Charest à Québec.


19 avril 2006

Préval attend des retombées positives
de son séjour à Cuba

Le président René Garcia Préval a fait savoir mardi que sa visite à Cuba, en vue la redynamisation de la coopération haïtiano-cubaine aura des retombées positives. René Préval qui intervenait à l'aéroport International Toussaint Louverture, à son retour de la Havane, a indiqué que beaucoup de dossiers dont celui lié à la santé ont été débattus avec les responsables cubains.

En effet, 55 nouvelles communes du pays seront couvertes par l'assistance médicale cubaine, a-t-il souligné. "Nous avons laissé Haïti avec une délégation de 120 personnes. De ce nombre, 60 jeunes sont restés à Cuba dans le cadre de leurs études et 40 mal voyant pour se faire soigner", a précisé René Préval, soulignant que 700 mal voyant ont déjà été traités à Cuba aux frais du gouvernement cubain.

René Préval a annoncé par ailleurs l'arrivée prochaine en Haïti de techniciens cubains pour aider à résoudre le grave problème d'électricité qui fait rage dans le pays depuis plusieurs années. " Il s'agit d'un problème cuisant auquel il faut coûte que coûte trouver une solution rapide ", a estimé M. Préval qui dit avoir rencontré personnellement le frère du président vénézuélien qui est ambassadeur à Cuba. Des centaines de millions de dollars ont été investis dans l'énergie au cours de ces dernières années mais les problèmes restent entiers.

René Préval a rappelé également l'importance capitale que revêtent les élections législatives du 21 avril 2006, pour le déblocage du pays. Il invite la population à se rendre massivement aux urnes le jour du scrutin. Au cours de son séjour à Cuba, Préval a été accueilli par près de 600 étudiants sur un total de 900 boursiers. (Source : AHP 18 avril 2006)


14 avril 2006

Le président René Préval en visite à Cuba

Le chef de l'Etat a fourni des détails concernant l'aspect technique de la coopération entre Cuba et Haïti. Des médecins vétérinaires cubains administrent, dans les différents département du pays, des soins aux animaux et oeuvrent à la surveillance épidémiologique. Des spécialistes travaillent également au maintien en état de fonctionnement permanent de plusieurs laboratoires du pays, a-t-il encore expliqué. Des efforts sont en cours dans le cadre des mesures préventives à adopter contre la grippe aviaire qui fait rage dans le monde et également en vue d'assurer la sécurité alimentaire dans le pays.

Le Président René Préval, commence sa visite à Cuba, le mercredi 12 avril, dans la province orientale de Santiago pour une visite de travail de quatre jours à Cuba et rencontrera le président Fidel Castro. Préval a été reçu par les autorités de la ville et un groupe d’étudiants haïtiens. Se trouvaient également dans la délégation présidentielle une soixantaine de nouveaux boursiers haïtiens en médecine du gouvernement cubain et quarante aveugles qui doivent suivre un traitement ophtalmologique gratuit dans le cadre d'un programme de santé solidaire mis en œuvre par Cuba et le Vénézuéla au profit des déficients visuels économiquement faibles.

Dans des déclarations faites à son arrivée et relayées par la télévision cubaine, M. Préval a fait l’éloge de l’aide fournie par Cuba à Haïti qui touche différents secteurs comme la pêche, l’agriculture, l’industrie sucrière, l’éducation et la santé.

Avant de se rendre à La Havane pour un entretien au Palais de la Révolution avec le Président Fidel Castro, le chef de l’Etat haïtien effectuait mercredi après-midi une visite à la faculté de médecine de Santiago de Cuba où il devait rencontrer 600 étudiants haïtiens. Dans cette même institution, 128 autres jeunes compatriotes viennent de décrocher leur diplôme de médecin.

Santiago, avec Camaguëy et Guantànamo, compte la plus importante communauté d’haïtiens et de descendants d’haïtiens. Elle reçoit aussi régulièrement des centaines d’étudiants, de patients et de touristes en provenance de Port-au-Prince. Différentes autres activités dont des visites guidées dans des institutions à vocation scientifique et sociale attendent aussi M. Préval et les membres de sa délégation.

Préval en est déjà à son quatrième voyage à l’étranger depuis la proclamation de sa victoire aux élections. La République Dominicaine, puis l’Amérique du Sud (Brésil, Chili, Argentine) et les Etats-Unis avaient tour à tour accueilli René Préval avant Cuba. Un pays qu’il redécouvre après plusieurs visites, officielles ou privées, effectuées antérieurement.


30 mars 2006

La tournée américaine de René Préval

Le Président René Préval, a regagné Port-au-Prince, le 30 mars, à l’issue d’une tournée officielle de trois jours à New York et Washington marquée par d’importantes rencontres et interventions sur la situation du pays. Il a dressé un bilan très positif des temps forts de ses déplacements, ses interventions devant le Conseil de Sécurité de l’ONU et le Conseil Permanent de l’OEA ainsi que ses rencontres avec le Président américain Georges W. Bush et la communauté haïtienne des Etats-Unis.

Selon Préval, qui est revenu sur ses efforts en faveur de la relance de la production nationale, de la réduction de la pauvreté et de l’adoption d’un pacte de gouvernabilité sur 25 ans, des entrepreneurs notamment de la diaspora ont montré leur intention d’investir bientôt en Haïti alors que la communauté internationale se montre prompte à offrir ses services. Cependant, le chef de l’Etat a souligné la précarité des conditions, généralement peu favorables ici à un climat d’investissement. "Il y a souvent une approche moraliste qui reproche à la diaspora de ne pas investir en Haïti. La diaspora va investir lorsqu’il y aura de la sécurité, des facilités d’investissement comme les infrastructures routières et l’électricité, etc", a-t-il fait ressortir. Il a repris l’idée d’un amendement constitutionnel afin de reconnaitre la double nationalité aux Haïtiens d’origine, exclus de la vie publique et des responsabilités civiques par la consitution de 1987.

Parlant d’électricité, le prochain mandataire a annoncé l’arrivée à Port-au-Prince, dans la semaine, d’une mission d’évaluation de l’institution internationale dénommée Trade Development Agency (TDA). Les experts qui viendront se rendre compte de la situation de l’Electricité d’Haïti (ED’H) doivent présenter des propositions et dégager des réponses à court et à long terme face à la grave crise énergétique dans laquelle est plongé le pays. Préval rappelle que la production actuelle de l’ED’H pour Port-au-Prince ne dépasse pas les trente mégawatts.

Le Président a insisté sur l’importance du pacte qu’il souhaite élaborer et conclure avec "la société politique, mais aussi la société civile incluant les investisseurs, les syndicalistes, les étudiants et le secteur populaire". Il a aussi mis en garde contre la mentalité politique de destruction qui a souvent fait le malheur du pays. "En Haïti, en général, chaque fois que quelqu’un pose une pierre, quelqu’un d’autre l’enlève et dit celui qui m’a précédé était mauvais. Je pense qu’on doit construire le pays par accumulation, de gouvernement en gouvernement", a dit Préval.

Il a souhaité que chaque secteur fasse sien le pacte en discussion afin de conduire le projet à bon port. Le Président élu était à la tête d’une délégation qui comprenait certains de ses principaux collaborateurs, des hommes et des femmes d’affaires dont Gladys Coupet de l’association des professionnels de banque (APB) et René Momplaisir des organisations populaires de Cité Soleil. Ce modèle made in Préval s’articule autour du couple secteur privé/secteur populaire. (Source: Alterpresse, 30 mars 2006)


12 mars 2006

Préval discute de la situation économique
d'Haïti avec Condoleezza Rice

 

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, s'est inquiétée samedi des risques qu'un temps trop long entre le 1er tour des présidentielles (7 février) haïtiennes et l'investiture du nouuveau président (désormais reportée à début Mai) ne risque de relancer des troubles en Haïti. Le chef de la diploomatie américaine a exprimé ces inquiétudes en recevant le prrésident élu haïtien, René Préval, après leur participation à la cérémoniie d'investiture de la présidente socialiste Michelle Bachelet.

Depuis la réalisation des élections du 7 février, la tension a largement baissé, y compris dans les quartiers populaires de la capitale haïtienne. Face aux appréhensions de Mme Rice, René Préval a fait savoir qu' il y a des actions à entreprendre pour consolider cette baisse sustantielle de l'insécuritté et de la volence.

" Des initiatives socio-économiques sont à lancer tout de suite, par exemple dans la zone de Cité Soleil", a-t-il dit à Mme Rice, ajoutant que la nouvelle situation demande que soit modifiée la présence de la Minustah", en précisant que les chars de la force internationale doivent être désormais remplacés par des équipements de travaux publics. Le président Préval a soutenu la même démarche dans ses conversations avec la présidente Bachelet et les autres autorités chiliennes. Michelle Bachelet s'est montrée très réceptive, a rapporté René Preval.

Avec Condoleeza Rice, les entretiens ont également porté sur le projet de législation dénommé HOPE suivant lequel les Etats-Unis concéderaient à Haïti des tarifs préférentiels, afin de favoriser les investissements en Haïti dans le domaine de l'assemblage des articles en textile. Ce projet permettrait surtout la création d'environ 80.000 emplois en 1 an.

Selon M. Préval, les équipements étant déjà sur place en Haïti, les entrepreneurs haïtiens (ADIH) n'auront plus qu'à engager une opération de lobbying auprès des grandes firmes américaines du vêtement et aussi auprès du Congrès américain pour le vote du projet. Préval a toutefois fait valoir que les 3 ans attribués au projet, ne sont pas suffisants pour attirer suffisamment d'investisseurs. (Source:AHP 12 mars 2006)


8 mars 2006

Préval en visite à l'usine sucrière
Jean Léopold Dominique de Darbonne

 

Le président René Garcia Préval, a été accueilli, le mercredi 8 mars, par des milliers de paysans, planteurs et d'autres membres de la population de Léogâne lors d'une visite à l'usine sucrière Jean Léopold Dominique de Darbonne dont les activités ont été suspendues depuis plusieurs mois. M. Préval a donné la garantie que toutes les mesures seront prises pour favoriser le redémarrage des activités.

Le chef de l'Etat qui était accompagné notamment de l'actuel ministre de l'agriculture, Philippe Mathieu, et de techniciens cubains, a promis que les revendications des planteurs de canne-à- sucre de la région seront prises en compte. Les paysans réclament notamment des systèmes d'irrigation pour l'arrosage de leur plantations de canne, et l'accès immédiat au produit des ventes de canne pour pouvoir recommencer à travailler.

De 2001 à 2005, l'usine n'avait pu fonctionnner à plein rendement, a fait savoir Luckner Désir de l'association des planteurs et distillateurs de Léogâne, en raison notamment, a-t-il dit, du fait que les techniciens haïtiens formés pour remplacer les cubains n'avaient pas toute la compétence requise pour gérer la centrale, même sur le plan administratif . "Des mesures doivent être prises à présent pour rendre l'usine plus rentable, c'es-à-dire pour rendre les planteurs aptes à produire bien plus de canne à l'hectare", a fait savoir M. Désir.

Le directeur de la section agricole de l'usine, Frantz Calixte, s'est réjoui de la visite du chef d'Etat à Darbonne et a dit croire en la bonne volonté de ce dernier pour relancer les activités dans cette usine. Selon Frantz Calixte, la relance des activités à l'usine sucrière Jean Léopold Dominique constitue un soulagement pour les habitants de la zone.

A l'issue de sa visite, le président Préval a indiqué qu'il allait poursuivre ses déplacements tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. En attendant l'organisation du second tour des législatives et mon investiture, je ne resterai pas figé, a assuré Préval, faisant savoir que sur le plan interne, il se familiarise avec un ensemble de dossiers dont il n'aura qu'à faire le suivi après son entrée en fonction.

Les voyages à l'étranger visent en particulier à obtenir de l'aide et la coopération de pays amis, a déclaré Préval, ajoutant que c'est son ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis (1997/2001) qui coordonne un ensemble de commissions qui travaillent sur des dossiers d'importance. Préval a souligné qu'il remettra le pouvoir le 7 février 2011 même s'il est investi en retard dans ses fonctions.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvopir pour réaliser des projets bénéfiques pour le pays pendant ce mandat, a assuré le président élu. M. Préval a plaidé par ailleurs en faveur du respect des droits des femmes. Selon René Préval, l'égalité des femmes et des hommes est indispensable non seulement en Haiti mais dans le monde entier.

" Il faut que les femmes puissent accéder à l'éducation et cessent d'être confinées aux travaux domestiques pour occuper des postes électifs et être à même de participer aux prises de décision dans leur pays", a déclaré M. Préval.(Source: AHP, 8 mars 2006)
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